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Famille Balthazar

Claire Roberge et Guy Lavoie
Navigateurs aguerris, Claire et Guy ont à leur actif plusieurs traversées d’océan sur plus de 75 000 kilomètres.

Après avoir construit leur voilier, ils ont entrepris un périple autour du monde en famille. En résumé : 5 ans, 34 pays et 3 océans. Leur plus récent rêve a été concrétisé dans le Grand-Nord, en océan Arctique.

Pour partager leur passion et leurs découvertes, ils se sont mis à tourner des films et à donner des conférences. «Balthazar : un tour du monde en voilier, l’aventure en famille », qui a déjà été présenté en tournée avec les Grands Explorateurs sert maintenant d’inspiration durant leurs conférences dans les écoles, lors de congrès, de colloques d’entreprises et durant différents événements destinés au grand public, d’un océan à l’autre, au Canada.

Cet automne, du 1er novembre au 17 décembre, c’est leur plus récent film, «Le passage du Nord-Ouest sur le voilier Balthazar», qu’ils présentent sur les scènes de 16 villes au Québec, dans le cadre des ciné-conférences des Grands Explorateurs.

On y découvre des paysages de beauté et de pureté saisissantes, la vie des pêcheurs de flétans du Groenland, des Inuits de Cambridge Bay, des Rangers de l’île Herschel, des chercheurs d’or de Nome en Alaska et la signification des étonnants chants de gorge.

En attendant de vivre par procuration ces moments de majesté naturelle et humaine, les lecteurs d’Euphoria peuvent heureusement se régaler ici de quelques-uns des moments forts et privilégiés qu’ils ont vécus sur les flots bleus ou verts, opaques ou transparents, ainsi que sur des terres de toutes formes et couleurs.

Euphoria – Résumez-nous brièvement votre première grande euphorie internationale.

Claire Roberge et Guy Lavoie  –  Notre rêve premier était la découverte de soi et des autres. À la fin des années 80, nous nous sommes donc mis à l’œuvre pour nous doter d’un joli voilier de 10,50 mètres.

La naissance de nos deux filles a apporté la touche finale à ce rêve un peu fou de partir faire le tour du monde. Après plusieurs années de préparation, en septembre 1999, nous mettions enfin le cap au Sud.

Nous partions en mer pour la liberté, l’émotion et la richesse d’une vie vécue en famille, poussés par le vent.
La première année était capitale pour la suite du voyage. Il n’était pas question de se lancer en mer à la première occasion. Des conditions de mer inconfortables et un mauvais coup de vent auraient pu tout remettre en question. Nous étions bien préparés, mais notre expérience de la navigation sur l’océan étant nulle, mieux valait y aller graduellement et avec beaucoup de prudence.

C’est ainsi, en évitant les écueils de la météo, mille après mille, d’île en île, d’amitiés en découvertes, que se dessinait le sillage de Balthazar jusqu’aux portes du Canal de Panama, quelque 17 mois plus tard.

Devant l’étrave, le Pacifique Sud s’étirait à perte de vue. Début avril 2001, nous levions l’ancre en direction des îles Galápagos et des îles Marquises, porte de la Polynésie, pour une traversée de plus de 3 000 milles nautiques. En traversée, nous vivions chaque journée, avec intensité, au rythme du vent et de la mer.
Parfois, nous passions des jours sans ajuster une seule voile. Balthazar, poussé par l’alizé du sud-est, poursuivait sa route, d’une vague à l’autre. Nous étions fiers d’être là, sur cet océan. Nous avions le sentiment de devenir marin un peu plus chaque jour.

C’est dans les eaux du Pacifique Sud que nous avons senti une liberté nous envahir, nous submerger comme une vague de fond… Une vague qui nous porta successivement du Pacifique à l’océan Indien, d’îles en continents, d’Australie en Indonésie et dans les derniers mois, de l’Afrique à Sainte-Hélène, d’Ascension aux Antilles et jusqu’à New York avant d’accoster au quai de la marina Gosselin, à Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, au sud du Québec, à la fin juin 2004.

Après plus de quatre ans en mer, nous revenions à la maison. La famille, les amis étaient là, sur le bout du quai, comme cinq ans plus tôt, à faire de grands signes. Une bouffée de joie nous a envahis, les amarres sont lancées, Balthazar ralentit et s’immobilise.

On débarque, poignées de main, accolades, l’émotion est à son comble, on flotte à quelques pouces au-dessus du quai. Nous sommes comblés et émus!

Euphoria   Décrivez-nous un moment très particulier vécu durant ce périple.

Claire Roberge et Guy Lavoie  –  Au premier soir de la traversée qui nous mena de l’Afrique du Sud à l’île Ste-Hélène en Atlantique Sud, réunis en famille sur le pont, nous admirions ce qu’aucun de nous n’avait vu auparavant. La pluie légère qui tombait décomposait le spectre lumineux du clair de lune. Nous avons eu droit à un spectacle unique : un arc-en-ciel de lune!

Euphoria  Faites-nous déguster un mets qui vous a plu divinement.

Claire Roberge et Guy Lavoie –  On avait entendu parler de l’accueil des Réunionnais, mais ils ont dépassé nos espérances. 

Max était sur le quai pour prendre nos amarres à notre arrivée. Quelques jours plus tard nous étions chez lui. Inconditionnel de la culture créole, il nous fit goûter à des spécialités culinaires de La Réunion.

D’abord, il prépara un cari de «bichique» qui sont de très petits poissons, minuscules alevins de différentes espèces, bousserondes, loches, cabots... pêchés de façon saisonnière et qui s’avèrent, à cause de leur rareté, un met de choix. Comme le dit Max: «C’est du caviar réunionnais.» Encore faut-il des mains expertes pour cuisiner ces petits poissons, car leur cuisson demande une grande délicatesse.

Ensuite il nous servit du «rougails de boucanné» (carry de porc fumé), composé d’oignons, d’épices, de légumes et de porc cuit à petit feu. La cuisson lente confère à ce plat toute sa richesse, et rehausse toute la saveur des épices choisies avec soin. Feuilles de quatre-épices, cannelle, noix de muscade et piment... trouvent leur place dans ce plat mémorable. Le tout fut servi sur des feuilles de bananier et bien arrosé de bon vin et de rhum arrangé.

Euphoria – Avez-vous rencontré une personne qui ait laissé une empreinte indélébile chez vous ?

Claire Roberge et Guy Lavoie   –  Le 20 septembre 2001, après deux ans de voyage et cinq jours d’une traversée bien mouvementée, nous embouquons la passe au nord de l’atoll de Suvarov, dans le Pacifique Sud. Il y a là quelques voiliers ancrés derrière l’île d’entrée.

Suvarov est un parc national où deux gardiens nous accueillent chaleureusement. Un de ceux-ci, Tom, nous a beaucoup impressionnés. À plus de 70 ans, c’est avec agilité qu’il grimpe aux cocotiers pour cueillir les fruits et nettoyer les arbres de leurs branches mortes. Il contribue ainsi à la santé de la végétation de l’île. Il en profite aussi pour nous offrir des noix de coco bien fraîches.

Tom est un modèle de calme, de sérénité et de simplicité. Et nos filles aiment bien sa compagnie. Avec lui, la différence d’âge, de langue et de culture disparaît pour faire place à des échanges chargés de sens et de respect.

À côtoyer Tom, son comparse John, ainsi que les équipages des autres voiliers, on réalise que malgré toutes ces différences culturelles, nous avons les mêmes préoccupations, les mêmes besoins d'amour, de créer des liens, de prendre soin de nos enfants, de notre famille. Nous sommes tous en chemin vers le bonheur et l'une des aspirations majeures est d'être heureux et en santé !

Euphoria  Quels sont les livres qui vous ont fait voyager ou vous ont incité à voyager ?

Claire Roberge et Guy Lavoie  –  Le livre de Peter Mayle « Une année en Provence » sent la lavande et le soleil. Rempli d’humour, il nous fait découvrir les moeurs champêtres des figures locales. C’est ce que je veux en voyage : aller à la rencontre des gens et de ce qu’ils sont, par leur culture et leur folklore. Et moi qui aime cuisiner, j’ai adoré passer par la culture culinaire pour apprécier cette belle région ! - Claire

C’est à la lecture des récits de grands navigateurs tels que Marcel Bardiaux, Bernard Moitessier, Adlard Coles, Yves Gélinas, pour ne nommer que ceux-là, que le rêve de voyager a pris de l’ampleur. Le petit embryon nourri de littératures nautiques est vite devenu passion. Une passion pour le voyage, la mer, les bateaux et une vie différente. Vagabond des mers du Sud de Bernard Moitessier fut aussi un catalyseur pour concrétiser mon rêve de liberté. – Guy

Euphoria  Quel est le voyage que vous rêvez encore de faire ?

Claire Roberge et Guy Lavoie  –  Il y a tellement d’endroits à voir et à visiter. Même si nous croyons que les plus beaux voyages dépendent des rencontres qu’on y fait, nous aimerions découvrir le Japon, le Vietnam, et autres pays d’Asie... Et nous rêvons de parcourir l’Europe pour présenter nos conférences !

 Claire et Guy, félicitations pour votre détermination, votre courage, et votre forte propension au bonheur partagé, en compagnie de vos proches ici comme à l’étranger.

Après la froideur de l’Arctique, nous vous souhaitons de vivre très bientôt, la chaleur de l’Asie.

Au plaisir de vous rencontrer lors de vos conférences des Grands Explorateurs, dont on peut trouver les lieux et le calendrier complet sur : www.lesgrandsexplorateurs.com

 

Et les gens qui voudraient vous connaître encore mieux, peuvent vous visiter aux adresses suivantes :
www.voilierbalthazar.ca ou www.facebook.com/voilierbalthazar

 

Jeunes Inuits pratiquant le chant de gorge  

Pêcheur de flétan 

Chercheurs d'or de Nome 

Balthazar, le voilier 

 

 

 

 

 

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