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Patrick Bureau

Heidi Hollinger
Heidi Hollinger est une photographe canadienne, de Montréal, qui s’est d’abord fait connaître pour ses photos d’importantes figures politiques telles que Boris Eltsine, Fidel Castro, Vladimir Poutine et le Dalaï Lama, pour ne nommer que ceux-là.

Plus récemment, elle a réalisé 3 saisons de l’émission de TV5, «Ports d’attache», ce qui l’a amenée ainsi que des millions de téléspectateurs, dans 39 villes.

Elle travaille présentement sur Cuba (mais ne peut en dire plus pour l’instant…) et dans un autre projet de télévision, elle compte mettre l’accent sur la bouffe, dont elle est friande et experte. À suivre…

Elle a tout de même pris quelques minutes de son temps pour se faire plaisir en se remémorant, avec nous, quelques beaux instants de ses voyages autour du monde.

Euphoria – Quelle serait la destination la plus euphorique que vous ayez visitée?

Heidi Hollinger  –  L’Islande, premièrement pour les visions surréalistes qu’elle nous procure. On se croit sur Mars ou sur la Lune, à cause des champs de lave à perte de vue, de la mousse verte parfois presque fluorescente, épaisse et si spongieuse en certains endroits qu’on pourrait y rebondir si on sautait. Et les piscines naturelles sont si belles. Pensons au Lagon Bleu, qui irradie littéralement.

Deuxièmement, une fois ce choc visuel passé, on s’attarde aux gens. Ils sont extrêmement chaleureux et gentils, très démocrates, toujours à l’affût pour faire plaisir autour d’eux. Ils ont de belles traditions.

Il faut préciser que le climat n’est pas si froid en Islande : la température ne descend pas plus qu’à -5 degrés Celsius et on a souvent + 12 degrés.

Troisièmement, la nourriture est excellente. Très créative et fraîche, car on y trouve beaucoup de fermes de poissons. L’Islande est un pays «très comme il faut», en matière de protection et de respect de l’environnement, et en particulier des eaux. Ainsi, incroyable mais vrai : c’est de l’Islande que l’Angleterre achète beaucoup de morue pour ses fameux «fish & chips». Même le Portugal en achète aussi pour ses délicieuses «bacalhau».

Euphoria   Voudriez-vous nous raconter un moment mémorable vécu à l’étranger?

Heidi Hollinger  – Je poursuis ma lancée sur la bouffe. À tout seigneur, tout honneur : un repas de 22 services, concocté par le chef René Redzepi, au Noma de Copenhague, lequel a été déclaré «meilleur restaurant au monde» par le Time Magazine.

On parle ici d’un autre niveau de cuisine. Et les surprises abondent. Par exemple, rendus au 6e plat, on nous annonce que c’est le bouquet-jardin qu’il y a au milieu de la table, lequel est composé de plantes bien sûr, mais aussi d’éléments moléculaires. Un peu plus tard, c’est avec stupéfaction que l’on voit arriver des sardines frites qui sautent dans les trous de beignets.

Il y a aussi Lima, au Pérou, qui est en train de devenir une référence mondiale pour sa gastronomie, pas seulement pour son quinoa, mais notamment grâce au chef Gaston Acurio, que les gens surnomment «Le Sauveur du Pérou».

Dans la cuisine de Lima, on retrouve des influences si diversifiées venant des Incas, des Espagnols, des Italiens, des Arabes, des Chinois et des Africains. Je salive en pensant à la crème glacée au lucuma vendue dans la rue et à toutes les sortes de ceviches,

Les fèves de cacao du Pérou sont également très renommées. Même Christophe Morel, le réputé chocolatier de Montréal s’en sert.

Euphoria  Quelle est la situation qui vous a fascinée le plus lors de vos voyages?

Heidi Hollinger  –  Je suis allée 30 fois en Finlande, d’où ma mère est originaire. Les Finlandais sont absolument obsédés par les saunas. Ils y vont pratiquement tous les jours, partout, qu’ils soient ouvriers, gens d'affaires ou diplomates. Cela a toujours été ainsi en Finlande. Quand je dis partout : il y a même des saunas portatifs que les gens apportent en camping. Je pense qu’il y a presque un sauna par personne en Finlande. C’est un réel phénomène. Même si quelqu’un vit dans un petit studio, il trouvera un coin pour aménager un sauna.

L’université a le sien…. On dit que durant la guerre de 1939, les Finlandais en aménageaient même dans les tranchées, ce qui les as aidés à demeurer en santé et à tenir tête aux Russes…

En face de Helsinki, il y a même Sauna Island, où l’on en trouve 5 différents types : à la fumée, à la vapeur, au bois, etc. J’ai déjà vu un sauna sur un tout petit bateau. Et les gens y sont nus, adultes et enfants. C’est naturel pour eux.

Euphoria – Quel pays inspire le plus la photographe que vous êtes?

Heidi Hollinger  – Cuba, et en particulier, La Havane. C’est une expérience à 360 degrés. On est transportés dans le passé. Je peux passer des jours et des mois à photographier les lieux et les gens. Ils sont les plus débrouillards au monde : avec presque rien, et sans soutien international désormais, ils trouvent toujours des ressources en eux. Malgré qu’ils aient si peu, ils transpirent la joie de vivre. Ils savent apprécier ce qu’ils ont. Ils font toujours mieux avec ce qu’ils ont. 

La Havane, c’est aussi un musée en soi. Les gens dansent dans la rue, sans relâche. Je leur lève mon chapeau.

Euphoria  Quelle expérience de voyage rêvez-vous de vivre dans le futur?

Heidi Hollinger – À 18 ans, je suis partie, comme beaucoup de jeunes, parcourir l’Europe, sac au dos. Mais je ne suis pas allée en Irlande. Je veux absolument voir Dublin. J’ai une vision romantique de cette vieille ville européenne. J’aime les paysages verdoyants et frais. L’accent parlé est charmant. Comme les Irlandais, j’aime la bière, le rugby. Tout quoi.

Euphoria  Qu’aimez-vous faire en vacances?

Heidi Hollinger   – Je ne suis pas une bonne vacancière. Je dois rester active, même pour me reposer. Et comme j’adore manger, il faut bien brûler les calories. Alors, je fais beaucoup de vélo. On peut facilement en louer, par exemple en France, à New York, à Londres, en Finlande, en Suède, au Danemark et même à Istanbul. Quand je peux avoir accès à un studio de yoga, j’en profite aussi.

Euphoria  De quelle ville, aimeriez-vous nous parler surtout?

Heidi Hollinger   – De Montréal, où je suis née et où je vis. Le mont Royal est un vrai trésor, en plein cœur, tant l’hiver pour faire du ski de fond, que l’été pour courir ou marcher.

À Montréal, on n’a pas besoin de voyager à l’étranger, pour changer de ville. J’aime faire la touriste dans ma propre ville : découvrir les restaurants de tous les pays, des endroits artisanaux dans le Mile End, sur le Plateau, dans la Petite Italie, dans Saint-Henri et Griffintown où il y a plein de nouveautés et de créativité.

Merci Madame Hollinger et surtout, toutes nos félicitations pour votre œuvre et vos intérêts éclectiques, qui n’ont pas fini de nous étonner.

Euphoria  invite ses lecteurs à en savoir plus sur Heidi, ses photos, ses expos et ses publications :

www.heidihollinger.com

Twitter: @HeidiHollinger
Instagram: heidihollinger

 

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume

 

Reykjavik

Reykjavik

Au Noma de Copenhague

Encore au Noma

Sauna sur Sauna Island

Station de train - Helsinki

Une équipe de baseball à la Havane

Istanbul

Heidi à vélo

Crédits photos: Heidi Hollinger

 

 

 

 

 

 

 

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