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Daniel Desjardins

 

 

Daniel Desjardins
À l'âge de 24 ans, Daniel Desjardins réalise son premier tour du monde. Dès son retour, il fonde la Librairie Ulysse, première librairie consacrée au tourisme au Québec, d'où est née plus tard l'aventure des Guides de voyage Ulysse.

Pendant des années, il a partagé sa vie entre Montréal et Paris, tout en découvrant de nouveaux coins de la planète, à la moindre occasion. Depuis Paris, il a pu implanter solidement les collections Ulysse sur le marché de l'Europe francophone.

Impliqué dans la vie associative de l'édition québécoise, il a longtemps présidé l'Association pour l'Exportation du Livre Canadien. Il a mis sur pied le comité numérique de l'Association Nationale des Éditeurs de Livres. Enfin, Ulysse a été le premier éditeur dans le monde francophone à proposer des guides de voyage numériques.

Il continue d'explorer le vaste monde, de même que les différentes formes de tourisme. Fier d'avoir pu lire en 2014 ses premiers romans en langue espagnole, il se voue maintenant à l’apprentissage de la langue thaïe, Bangkok étant l’une de ses villes de prédilection.

L’expression «passionné de voyage» est littéralement, intellectuellement, émotionnellement et physiquement faite pour lui…

Euphoria – Êtes-vous d’abord un éditeur, ou d’abord un voyageur?

Daniel Desjardins  –  D'abord un voyageur, voilà pourquoi notre activité d'édition est intimement liée au vécu des voyageurs. C'est ma passion pour les voyages qui m'a amené à créer l’entreprise, et j'ai toujours conservé cette passion, qui, bien sûr, a pris différentes formes avec le temps. Une des formes de voyage que j'adore maintenant, c'est de m'installer à l'étranger comme les gens locaux, pour une semaine ou un mois, voire plus, et poursuivre mon activité professionnelle, mais dans un contexte permettant de faire le plein de découvertes.

Euphoria   Comment en êtes-vous venu à publier les Guides Ulysse?

Daniel Desjardins – En fait, l'aventure d'Ulysse a commencé en 1980 par l'ouverture de la première librairie spécialisée en tourisme au Québec, la librairie Ulysse. Nous étions au départ un groupe de quatre personnes; je suis le seul qui soit resté depuis. Nous étions animés par la passion du voyage et l'amour des livres. Et puis, nous avions 25 ans et nous voulions accomplir quelque chose.

Lorsque nous avons ouvert notre librairie en 1980, il n'existait à peu près pas de guides de voyage publiés au Québec. Du coup, certaines destinations prisées par les Québécois n'étaient pas du tout couvertes.

Vers 1985, nous avons commencé nos activités de diffusion. Et, après des années de réflexion, nous nous sommes lancés dans l'édition pour répondre à certains besoins du marché québécois. À cette époque, le Costa Rica devenait une toute nouvelle destination pour les Québécois et il n'existait aucun guide en français; ce fut notre premier titre.

Avec le temps, tout cela a eu pour effet de démocratiser la clientèle. Alors qu'au début des années 1980, les clients venaient surtout pour des voyages en Europe ou de longs voyages en Asie, maintenant nous voyons arriver tous les types de voyageurs, y compris des vacanciers en famille.

Euphoria  De quelle manière les Guides Ulysse se distinguent-ils des autres au Canada? Ou d’autres dans le monde, à votre connaissance?

Daniel Desjardins –  D'abord dans le choix des destinations. De très nombreuses destinations prisées par les Québécois, qui ne sont pas couvertes par l'édition étrangère, ont été ajoutées, comme Disney World, Cape Cod, les Îles de la Madeleine, le Panama, Carthagène, Vancouver, les provinces Maritimes, etc.

Surtout, nous avons toujours en tête « le plaisir de mieux voyager ». Nos guides ont toujours cet esprit épicurien. Parmi les bonnes adresses, on recherche les bonnes valeurs et, d'une manière générale, on vise à bonifier l'expérience du voyageur.

Contrairement à d'autres collections, on ne cherche pas forcément à voyager pour le moins cher possible car souvent, dans ces cas, là, on profite moins de son voyage.

Une autre caractéristique qui a fait la marque de nos éditions depuis le début, ce sont les suggestions pour les activités de plein air - vélo, marche, randonnée, etc. - nos guides fournissent toujours des suggestions.

Euphoria – Quelle évolution avez-vous noté dans les guides de voyage? Et qu’est-ce qu’Internet a changé?

Daniel Desjardins  – Il y a une évolution graduelle qui fait que les gens ont cherché plus à vivre des expériences qu'à visiter des sites. C'est pourquoi, par exemple, les sections sur les activités de plein air dans nos guides sont appréciées. 

Au fil des ans, on constate que les types et habitudes de voyage se sont très fortement diversifiées.

Avec la grande disponibilité d'informations sur Internet, plus que jamais les guides doivent aider le voyageur à faire les bons choix, à optimiser leur voyage. Les gens n'achètent plus des guides pour choisir les hôtels, comme ça pouvait être le cas auparavant, mais pour profiter d'un meilleur séjour à destination.

Le guide de voyage fait l'objet d'une organisation très méthodique, avec sommaire, index et plan. Lorsqu'on est devant la Place des Vosges, on ne veut pas lire les impressions de l'auteur sur les Champs Élysées. On veut tout de suite l'information sur la Place des Vosges, et le guide va permettre de la trouver aussitôt et de la lire aussitôt, même sous le soleil, même si on n'a pas de WiFi, et même si toutes les piles sont à plat.

Par ailleurs, un guide fait des recommandations, fait le tri dans la très grande quantité d'informations qui existent. C'est ce qui permet de faire le meilleur séjour possible.

Nous tentons de limiter les informations que les gens peuvent trouver ailleurs et nous tentons de renforcer notre rôle de conseiller. Nos guides contiennent beaucoup de listes thématiques qui n'existaient pas auparavant. Parmi tant d’autres : 5 fiches « Le meilleur de Paris », donc 5 endroits pour faire plaisir aux enfants; 5 incontournables de la vie nocturne; 5 classiques de la cuisine; 5 tables créatives; 5 belles terrasses.

Euphoria  Quel est votre rêve pour l’industrie des guides de voyage?

Daniel Desjardins – J'aimerais que les professionnels du monde du voyage prennent conscience que les guides de voyage constituent une occasion en or de mettre en valeur les destinations.

Lorsqu'on voyage avec un guide de voyage, on profite beaucoup plus de ce que la destination peut apporter et je crois que les professionnels, ceux des offices du tourisme jusqu’aux cadres des compagnies aériennes en passant par les hôteliers, sous-estiment cet aspect.

Euphoria  Quels seraient les moments les plus euphoriques ou surprenants que vous ayez vécu en voyage?

Daniel Desjardins  – Une rencontre – En 1977 et en 1979, je me suis fait des amis québécois en voyage, dans le premier cas au Palais Farnese à Rome, dans le deuxième cas sur l'île de Kythnos en Grèce, des amis que je vois toujours. Ce furent des moments magiques.

Un paysage – Dans le parc Jasper, seul avec mes deux compagnons de voyage au bord d'un lac, magnifique, paisible, avec des montagnes majestueuses derrière... puis le cri d'un orignal pour animer cette nature. On se croyait seuls sur Terre.

Un lieu urbain – J'ai vu quatre fois dans ma vie le forum romain depuis la terrasse du Campidoglio et, à chaque fois, je ressens une forte émotion devant le témoignage de cette grande civilisation romaine dont le coeur battait là, il y a plus de 2 000 ans.

Un événement insolite – La visite de l'archipel des San Blas au Panama, chez les indiens Kuna, est un des voyages les plus exceptionnels que j'ai faits. Après un vol dans un petit avion, on rejoint l'île où on doit loger, en pirogue, et on vit là quelques jours sans électricité avec les produits de la mer à tous les repas, avec des gens qui ne parlent que la langue kuna, pour la plupart. Quand quelqu'un s'adresse à vous en espagnol, c'est un soulagement, c'est comme si on vous parlait dans votre langue!

Une anecdote – Alors que je faisais visiter Bangkok à mon neveu, je souhaitais voir le restaurant situé au sommet de l’un des immeubles les plus hauts de la ville, le State Tower. Mais nous étions en milieu d'après-midi, le resto était fermé et on ne voulait pas nous laisser monter. Puis, je vois un Américain arriver avec du matériel de prise de vue et je l'entends dire au personnel qu'il devait se rendre au 62e étage. On lui indique aussitôt une porte de service, puis un ascenseur réservé au personnel. J'ai eu le bon réflexe de le suivre... et mon neveu et moi nous sommes retrouvés sur le plateau de tournage du film américain Hangover 2, avec des vues époustouflantes sur Bangkok et sur le fleuve Chao Praya. Bien entendu, le personnel a cru que nous faisions partie de l'équipe de tournage !

Euphoria  Quel voyage rêvez-vous de faire?

Daniel Desjardins   – J'ai encore une liste de pays que j'aimerais visiter. Je crois que la destination la plus fascinante est le Bhoutan, un pays mystérieux où l'atmosphère semble sereine, on dit d'ailleurs que c'est le pays du bonheur...

 Merci Monsieur Desjardins, on vous le souhaite très bientôt ce voyage au pays du bonheur. C’est plus que mérité dans votre cas, un vrai retour d’ascenseur – ou plutôt d’avion, devrait-on dire, car vos Guides Ulysse en procurent à pleines pages aux voyageurs.

www.guidesulysse.com

 Costa Rica

Cape Cod

Iles de la Madeleine

Place des Vosges, Paris

Kythnos, Grèce

Jasper

Forum romain

San Blas, Panama

Bhoutan 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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