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Parapente 

Entre monts et lacs alpins

Quatre petits pas et on s’envole dans l’air et la lumière, la pureté, la clarté et la beauté quasi surnaturelle. Sourire béat aux lèvres, on rejoint encore plus haut les autres voiles arquées colorées, en admirant les monts Eiger, Monch, Jungfrau, les lacs de Thoune et Brienz. Yeux écarquillés remplis de bleu azur, turquoise crémeux, vert profond, blanc éclatant.

Quatre petits pas, c’est tout ce qu’il faut savoir faire pour réussir en tandem avec un pilote expérimenté, ce défi qui se résume uniquement, pour certains, à vaincre la peur des hauteurs. L’expert fait tout, avec brio : il assure notre sécurité, il manœuvre, il rassure avant et pendant le vol pour que l’on tire le plaisir optimal de l’expérience. De surcroît, avec son «selfie/go-pro stick», il nous filme, nous photographie, nous interviewe pour nous permettre de partager notre euphorie avec nos proches.

Crescendo… d’Interlaken à Beatenberg Amisbühl

La navette de Skywings vient nous cueillir à la porte de notre hôtel. À bord, nous sommes 6 novices de tous âges, de tous les continents. Aussi à bord, nos 6 pilotes, de tous âges aussi, nous sont présentés, avant que nous les choisissions personnellement : par exemple, qui veut le plus panoramique, le plus acrobatique? Si on n’a pas de préférence, le choix se fait au hasard. 

Sur la route de campagne menant vers le sommet à 1 320 mètres d’où nous nous élèverons vers le ciel – un trajet d’environ 20 minutes - le déroulement de l’expérience et les consignes de sécurité sont expliqués. Obligatoires : casque de protection, verres fumés et bons souliers de sport. Interdits : caméras, téléphones, ou tout autre objet pouvant nous faire faire des gestes inadéquats ou pouvant tomber. 

En wagonnette, tout le monde blague. En descendant de celle-ci, le silence se fait automatiquement.

C’est du sérieux. On marche 3 minutes en forêt pour atteindre une éclaircie au bout de laquelle le paysage aérien nous attend.

Très efficacement – on voit que le tout est très bien rodé - les pilotes étendent soigneusement les toiles en rangée, selon l’ordre de décollage, voient à ce que les cordages ne s’entremêlent pas, préparent sangles et boucles. 

Pendant ce temps, les novices, sont tout entiers dans leurs têtes : on voit qu’il se fait de la méditation, de la prière, de l’encouragement, de la visualisation, jusqu’à de l’autohypnose, peut-être?

Les pilotes nous équipent, nous attachent à eux, testent le tout, nous demandent comment on se sent, nous dévoilent à quel point ce sera magnifique, nous rassurent à l’effet que « les harnais sont bien solides, qu’on ne tombera pas…».  Et moi : «Ah, j’avais pensé aux dangers du vent trop intense ou insuffisant, mais je n’avais pas pensé au fait qu’une boucle pourrait se défaire! » Je chasse l’idée bien vite…

Des palpitations à l’exaltation

Tout se fait rapidement, mais sans précipitation. Aussitôt soudés ensemble, la voile commence à s’élever, on commence à marcher et sans qu’on s’en rende compte, on est déjà dans les airs. On se sent comme dans du coton ouate, même sans nuages.

Contrairement au bungee ou au saut en parachute, on ne tombe pas dans le vide, on est en ascension. C’est sans doute pour cela que l’appréhension devient automatiquement un abandon, une sensation intense de bonheur, une élévation au-dessus du commun des mortels, aux sens propre et figuré.
Tout est confortable : les harnais ne serrent pas trop, on est assis sur un gros coussin, calé entre les bras et jambes du pilote rassurant. On n’a qu’à profiter. 

On se dit que si la fin survenait… elle serait bien belle.

Pas un son, ce qui fait que la communication – s’il y a lieu – est facile entre le novice et le pilote. Par exemple : « J’aimerais monter davantage »; « Maintenant que je suis à l’aise, vous pouvez vous en donner à cœur joie et faire des serpentins ou autres petites voltiges si vous voulez »; « Que doit-on faire pour l’atterrissage? »

Aux pieds de la Reine Victoria 

Une trentaine de minutes plus tard – on en prendrait encore plus – il faut bien redescendre. Le plancher des vaches – icônes fromagères de la Suisse – est à Interlaken bien élégant. 

Avec nos brillantes couleurs tendues puis dégonflées, on pose tout gracieusement les pieds sur le beau gazon du parc Höhematte, devant le grand hôtel et spa Victoria, bien nommé en l’honneur de la reine, avec le mont Harder Kulm comme fond de scène.

Nature et technologie en symbiose

En un tournemain, assis par terre, le pilote transfère et vérifie les images photo et vidéo de notre vol, de son iPad sur une clé USB attachée à un joli parachute.

Et la navette Skywings ramène chacun à son hôtel.

Expérience impeccable, du début à la fin.

 Sylvie Berthiaume

Activité faite à l'invitation de l'Office de tourisme d'Interlaken.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

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