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Chili côte Pacifique

Destination Chili - Le Chili est un pays étonnant et d’une grande beauté, fait de contrastes extraordinaires, allant des déserts les plus arides du nord, aux glaciers translucides du sud. Au centre, avec un climat que l’on peut qualifier de méditerranéen, les vallées fertiles se prêtent admirablement au développement des meilleurs vins. Plus au sud, la région des lacs et des montagnes nous offre une variété de paysages qui rivalisent de splendeur. Partout, des montagnes! La Cordillère des Andes offre une variété de tableaux à couper le souffle et la Patagonie dévoile une nature sauvage d’une grande beauté. Un pays très long, mais aussi très étroit, puisque quelques heures suffisent pour le traverser d’est en ouest, des Andes au Pacifique.

L’Amérique du Sud, et particulièrement le Chili, ont toujours exercé une grande fascination sur moi. Peut-être en raison de la personnalité attachante des Chiliens rencontrés jadis à Montréal. Mais, en 2007, c’est mon fils qui part à l’aventure. La vie l’amène au bout des océans pour atterrir à Ushuaïa, en Terre de feu. Au cours de son long périple en Patagonie, en Argentine et finalement au Chili, il rencontre l’amour auprès d’une belle Chilienne et, trois ans plus tard, c’est ce qui m’amène finalement au Chili, pour célébrer leur mariage à la façon chilienne.


Santiago, en toute sécurité

J’ai passé deux mois au Chili. Le premier, celui du mariage, à Santiago, où mon partenaire et moi avons loué un appartement au centre-ville dans le Barrio Bellas Artes où abondent cafés et terrasses. Un appartement très moderne, au 18étage, avec piscine et terrasse avec vue sur la ville et les Andes majestueuses toutes proches. Les longs séjours permettent souvent de négocier d’excellents prix, et c’est ce que nous avions fait!

De décembre à avril, la température est au beau fixe à Santiago et le ciel est toujours bleu. Nous avons donc pu vivre au rythme de cette superbe ville et découvrir, bien souvent à pied, les quartiers (barrios) avoisinants. Santiago possède un excellent réseau de transport en commun - métro autobus - efficace et très peu coûteux. Je n’ai jamais ressenti le besoin d’avoir une automobile à ma disposition. Quel plaisir de déambuler dans les rues piétonnes du centre-ville et les plazzas et, au fil des jours, de découvrir les quartiers avoisinants Bellavista, Bellas Artes, Lastarria, Providencia, Las Condes qui recèlent tous de trésors à découvrir! De plus, ce qui n’est pas à négliger, le guide Lonely Planet, qui a été mon fidèle compagnon au Chili, décrit la ville comme étant l’une des plus sécuritaires au monde. Même quand j’ai voyagé seule dans la deuxième partie de mon voyage, je me suis toujours sentie en sécurité.


À Valparaiso et sur les pas de Neruda

Valparaiso n’étant pas très loin sur la côte du Pacifique, nous nous y sommes  rendus à quelques reprises, en bus toujours, pour visiter cette ville portuaire, la capitale législative et culturelle du Chili. Valparaiso est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et attire énormément de touristes. Il faut être en forme pour parcourir ses rues aux pentes abruptes et aux maisons multicolores construites sur 42 cerros (collines). Du cerro Conception ou Alegre, sur la terrasse d’un charmant restaurant, la vue de la baie et de la ville est fantastique, de jour comme de nuit. C’est aussi un arrêt essentiel pour les bateaux de croisières. Sa voisine, Viña del Mar, est d’un tout autre caractère; c’est la ville balnéaire avec ses plages et son casino. En auto avec des amis, nous avons eu la chance de visiter les petites villes le long de la côte et y avons découvert de vrais joyaux, dont Isla Negra plus au sud où a vécu le grand poète chilien, Pablo Neruda.  Nul doute que ces lieux sont inspirants!


Direction sud en solitaire

Mon partenaire devant retourner au Canada, je me suis retrouvée seule pour continuer mon voyage qui devait durer un deuxième mois.  J’avais très peu planifié ce voyage en solo, sinon que je souhaitais découvrir les régions plus au sud et surtout l’Île de Chiloé. Je voulais que ce soit une sorte de pèlerinage, simple, le cœur ouvert : mon petit Compostelle à moi.

Plus on descend vers le sud, plus la végétation devient luxuriante et plus il y a possibilité de pluie. Il faut prévoir en conséquence. Je remplis donc mon sac à dos avec tout le nécessaire, tout en essayant qu’il soit le plus léger possible et je pars pour ma première destination : Pucón, une splendide ville touristique et la Mecque des sportifs de toutes sortes.

Pucón étant à dix heures de route de Santiago, je choisis de voyager de nuit en autobus. La ville est dotée d’une excellente infrastructure hôtelière, mais comme cette partie du voyage se veut « zen », avec un budget restreint, l’auberge de jeunesse ou le gîte chez des hôtes chiliens seront donc mes choix. J’ai apprécié les deux formules; l’une permet de rencontrer des globe-trotters et de partager des expériences de voyages et l’autre de vivre en espagnol et d’apprécier l’hospitalité chilienne.


Au gré des circuits de bus locaux

Comme les excursions organisées sont intéressantes, mais assez coûteuses, j’ai  opté la plupart du temps pour les bus locaux qui, pour quelques pesos, vous permettent d’aller presque partout. Ainsi, chaque jour apportait son lot de découvertes. Sur le circuit Curarrehue, j’ai visité cette petite ville dont les habitants sont des Mapuches, l’un des peuples indigènes du Chili. Sur le circuit Huife, je découvre une imposante vallée et le bain thermal Los Pozones qui me permet de relaxer pendant quelques heures. Sur le circuit Lago Caburgua, des chutes magnifiques et une superbe plage m’accueillent. Finalement, une journée sous la pluie à visiter le parc national enchanteur Huerquehue restera inoubliable. Et que dire de la vue du volcan Villarrica?  Omniprésente sentinelle au-dessus de la ville et d’une grande beauté, on peut l’apercevoir au détour de chaque rue et, dès qu’il fait beau, les excursions s’organisent pour en faire l’ascension.


En route vers Chiloé

Plus tard, en route vers Chiloé, je ne peux résister à l’attrait de la région des lacs et des montagnes. Je m’arrête à Puerto Varas, amicale petite ville touristique sur les rives du superbe lac Llanquihue. Le style des constructions reflète la personnalité de ses fondateurs allemands.  C’est un endroit idéal pour s’installer quelques jours, quelques semaines ou plus et sillonner la région. Les circuits offerts en bus locaux sont nombreux et la région foisonne de parcs nationaux, de lacs, de montagnes et de rivières, et on retrouve dans les environs plusieurs bains thermaux. Quelques kilomètres plus loin, à Puerto Montt, c’est la rencontre avec le Pacifique. C’est de là que se font les départs pour la Patagonie. La vue de la Cordillère des Andes aux sommets enneigés s’allongeant sans fin vers le sud est un appel à l’aventure.

Mariage à la Chilienne

Bain thermal Los Pozones

Volcan Osorno

Plage de Zapallar

Vallée du lac Tenquilco

Téléthon national

Je suis toute proche de l’Île de Chiloé. En moins d’une heure, le traversier nous y  dépose. Je me réjouis de vivre en insulaire pendant quelques jours. D’Ancud, au nord, je choisis de continuer plus au centre, vers Castro. C’est de là que je vais rayonner. Ici, la vie est simple mais il y règne une intéressante vitalité. Les églises construites en bois prennent une importance particulière et elles sont toutes magnifiques. Je sillonne la ville et les environs. J’adore les palafitos, ces vieilles maisons de bois sur pilotis le long de la baie et les centres d’artisanat qui regorgent de produits et de laines de toutes les couleurs. J’explore, en bus toujours, d’autres petites îles et de charmants villages, passe une journée superbe le long de la mer dans le parc national de Chiloé à l’ouest de l’île, et finalement, je fais un petit séjour à Chepu, un sanctuaire enchanteur et encore méconnu.


Là où la terre tremble

En raison d’un tremblement de terre qui a secoué la région en 1960, le sol s’est affaissé de deux mètres et la mer a envahi cette zone faisant mourir les arbres et faisant place à un paysage irréel. Une expédition en kayak dans le brouillard du matin le long du Rio Puntra s’avère une expérience presque mystique. Je suis demeurée quelques jours dans une petite cabine du camping écologique Chepu Adventures tenu par un couple de Santiago à la retraite.

C'est là où j'étais le 27 février, lors du terrible tremblement de terre de magnitude 8,8 qui a secoué le Chili. L’épicentre étant près de Conception quelques 800 kilomètres au nord, je n'ai ressenti qu'une petite secousse au milieu de la nuit. C'est mon fils qui, une heure plus tard, m'a mis au courant de l'ampleur du désastre. Bien qu'ils aient été très secoués et très effrayés dans leur appartement de Santiago, il n'y a pas eu de dommage pour eux. Les images défilaient à la télévision chilienne nous montrant les dégâts incroyables causés par ce séisme qui a fauché des centaines de vies humaines. Deux villages de pêcheurs, Cobquecura et Buchupereo, au nord de Conception, où j'avais prévu passer quelques jours sur le chemin du retour, ont été totalement décimés par le tsunami qui a suivi. Rapidement, les Chiliens se sont mobilisés, un grand téléthon s'est organisé « Chile ayuda a Chile » et dans chaque ville et village, des spectacles en plein air ont eu lieu pour recueiller argent et nourriture.  J'ai été témoin d'une belle solidarité!


Des voyageuses solitaires… et enchantées

Voyager seule en tant que femme au Chili, est une formule que j’ai beaucoup appréciée et je ne suis pas la seule. J’y ai croisé plusieurs autres voyageuses solitaires. Une Allemande, au Chili pour trois mois, voyageait sac au dos et venait de réserver sa place sur le traversier qui mène à Puerto Chacabuco, au centre de la Patagonie. Elle ne pensait pas aller plus loin, mais elle n’a pu résister à l’attrait de ce décor extraordinaire.  Dans son dernier courriel, elle était à Puerto Natales où elle s’était rendue en bus à partir de l’Argentine. Elle s’apprêtait à passer une semaine de camping dans le magnifique parc national Torres del Paine. J’ai aussi rencontré une Suissesse en sabbatique pour quelques mois. Elle avait choisi un style différent : cours de langue intensif, séjour à la ferme et écotourisme à cheval. Elle quittait après trois mois avec le désir de revenir au Chili. Moi aussi, j’y reviendrai car j’ai le sentiment d’avoir seulement entr' aperçu une partie de ce que ce pays a à offrir. Bref, le Chili ne cesse de m’interpeller et j’espère qu’il saura vous enchanter!

Claudette Carrière

 

 

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