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Patrick Bureau

La Vallée de l'Orcia  
La Vallée de l’Orcia (Val d'Orcia) est située à 25 km au sud-est de Sienne, en Toscane, Italie. Elle fait partie de l’arrière-pays agricole de Sienne, qui a été colonisé aux XIVe et XVe siècles suivant un modèle idéalisé d’occupation des sols. 

Inscrite sur la Liste du patrimoine mondial comme paysage culturel en 2004, la Vallée couvre la quasi-totalité des cinq municipalités créées à l’époque de la colonisation de la zone, soit Castiglion d’Orcia, Montalcino, Pienza, San Quirico d’Orcia et Radicofani.

La Vallée de l’Orcia est constituée de villes et villages (certains fortifiés), de fermes, d’abbayes, d’auberges, de ponts, de forêts, etc. Les cyprès constituent une caractéristique visuelle très forte de ce paysage ; souvent plantés de façon régulière le long des routes, ils ponctuent l’arrondi des collines au sommet desquelles s’élèvent généralement les peuplements. 

Selon les termes utilisés par le Comité du patrimoine mondial lors de sa décision d’inscrire le site sur la Liste : «La vallée de l’Orcia est un reflet exceptionnel de la réécriture du paysage durant la Renaissance qui illustre les idéaux de bonne gouvernance et la recherche esthétique qui a présidé à sa conception (critère iv).» 

De l’influence des marchands

Historiquement, l’intention des marchands de Sienne était en effet de créer un paysage composé d’unités agricoles rentables, mais en même temps agréables à regarder. Le paysage a donc été forgé pour être fonctionnel tout en étant esthétiquement plaisant. 

Il reposait sur des systèmes de tenure novateurs, où les domaines étaient divisés en petites propriétés et cultivés par des familles vivant sur place. La moitié de la production était versée aux marchands (système de métayage). Ces derniers pouvaient alors réinvestir dans de nouvelles améliorations agricoles. 

Bien que reflétant la richesse de ces marchands qui possédaient la terre, la disposition du paysage n’avait pas tant pour but de rendre hommage à leur prestige que de refléter leurs idéaux de bonne gouvernance. 

Ambrogio Lorenzetti a peint ce paysage idéal dans le palais communal de Sienne en 1338-1340. Il devint réalité dans la Vallée de l’Orcia et fut ensuite immortalisé par les artistes tels que Giovanni di Paolo et Sano di Petri, ce qui favorisa en retour le renforcement des idéaux. 

Le paysagisme et l’urbanisme

Les qualités iconiques et esthétiques du Val d’Orcia auraient ainsi eu une influence profonde sur le développement ultérieur du paysagisme. 

L’histoire de la Vallée de l’Orcia est intimement liée à celle de la Via Francigena qui traverse la zone depuis l’époque romaine (elle était alors appelée Via Cassia), reliant Rome au nord de l’Italie et à la France. La Via Francigena a favorisé le développement d’églises et de monastères qu’il est encore possible d’admirer en sillonnant les petites routes sinueuses du Val d’Orcia. La Collegiata de San Quirico et l’abbaye de Saint Antimo sont des exemples de sites reliés à cette ancienne route. 


C’est un peu grâce à l’abandon relatif de la région qui remonte à l’époque où la Vallée de l’Orcia fut marginalisée, soit après la conquête du territoire par Florence à la fin du XVIe siècle, que les caractéristiques uniques de ce paysage rural ont été préservées. 

Le Parco Artistico Naturale e Culturale della Val d’Orciaa été créé en 1999 pour assurer une gestion coordonnée des ressources naturelles et culturelles de la région. Les objectifs du plan de gestion du parc incluent le développement du tourisme environnemental, ainsi que le soutien et la promotion de l’agriculture traditionnelle et de ses produits. 

Un mot sur Pienza

Le Centre historique de la ville de Pienza est lui-même inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1996, en tant que première application du concept humaniste et Renaissance de l’urbanisme. Ce modèle allait jouer un rôle important dans le développement de l’urbanisme en Italie et ailleurs. La place centrale et les bâtiments qui l’entourent sont par ailleurs considérés comme un chef d’œuvre du génie créateur humain. 

Christiane Lefebvre

Source : http://whc.unesco.org/fr/list/1026 et http://whc.unesco.org/fr/list/789/, consulté en avril 2016.

Pour des informations touristiques sur le Val d’Orcia, cliquez ici.


Suggestions de lecture

Guerre dans le Val d’OrciaUn journal de la guerre en Italie, 1943-1944, de Iris Origo, Éditions de la revue Conférence, 2011, 383 p.

Journal tenu par Iris Origo en 1943-1944 qui relate un épisode dramatique de la bataille de Florence. Ce compte-rendu fidèle de l’auteur, qui avait recueilli dans son domaine de La Foce des enfants réfugiés des villes du Nord prises sous les bombardements, nous fait vivre de l’intérieur la réalité quotidienne des habitants du Val d’Orcia au moment de la chute de Mussolini et nous permet de mesurer la confusion générale qui s’empara alors de l’Italie. Il constitue l’un des documents les plus authentiques qui aient été écrits sur la résistance du peuple italien. Même au cœur de la tragédie, il y avait toujours place pour des gestes simples, empreints d’humanité.

 

Villa située près de San Quirico d’Orcia ; ce lieu apparaît dans le film Le Gladiateur

Paysage agraire de la Vallée en automne

 

Lorenzetti Ambrogio, Les effets du bon gouvernement à la campagne - détail.  Œuvre conservée au Palazzo Pubblico, salle des Neuf, Sienne

Centre historique de la Ville de Pienza

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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