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Les traversées transatlantiques ont le vent en poupe

Les paquebots sont comme les oiseaux migrateurs : il leur prend une frénésie de voyages aux changements de saison, qui les amène à passer l’été en Europe et l’hiver dans le Sud. Entre les deux : l’Atlantique.

On devine que les compagnies de croisières ne sont pas chaudes à l’idée de trimbaler ces villes flottantes d’un continent à l’autre complètement vides, en payant une fortune en carburant et un équipage à ne rien faire. Mais en même temps il faut trouver des gens prêts à passer quinze jours en mer, dont huit ou neuf en plein milieu de l’océan, au milieu de nulle part.

Pas de côtes à l’horizon, parfois, rarement, un bateau au loin. Pas de poissons, pas d’oiseaux. Pas d’hôpital non plus, et impossible de descendre si on n’aime pas l’expérience. Y aurait-il quelqu’un d’assez fou pour essayer ça? Plein, en fait.

Ces traversées transatlantiques, ou voyages de repositionnement dans le jargon du milieu, sont en effet très populaires. Et les dizaines de paquebots qui parcourent six ou sept milles kilomètres pour se rendre à leur nouvelle destination saisonnière affichent souvent complet.

Il faut dire que les prix sont imbattables : pour 100 $ par jour, on pourra souvent profiter d’une cabine avec balcon, des repas, de spectacles souvent exceptionnels, du gym et des multiples activités à bord. Une offre assez difficile à refuser. Restent les pourboires (autour de 10 $ US par jour), les boissons alcoolisées et les excursions (facultatives) lors des escales. Un luxe inégalable à si petit prix.

À la poursuite du soleil

La vraie traversée de l’Atlantique ne dure «que» huit ou neuf jours. Les bateaux descendent très bas, au Tropique du Cancer pratiquement, afin que les passagers puissent profiter du soleil et de la chaleur. Puis on arrive en Floride ou, dans l’autre sens, on remonte vers le Portugal, l’Espagne, l’Italie ou la France. Pour avoir fait trois de ces transatlantiques, deux en avril et la dernière tout récemment (novembre 2016), je peux dire qu’il faisait presque toujours soleil, avec une température oscillant, le jour, de 20 à 27 degrés. Impeccable pour profiter des piscines et des spas, dont l’offre est toujours généreuse.

Des escales diverses

Outre la traversée comme telle, ces croisières offrent une semaine ou huit jours d’escales diverses avant de vous laisser au port d’attache. Lors de ma dernière croisière, nous avons par exemple quitté Barcelone pour Palma de Majorque, puis Alicante, Malaga et Cadix. Deux jours en mer et voilà Madère, sept autres jours et nous voici à Fort Lauderdale.

C’était à bord de l’Eurodam, d’Holland America. Un bateau de 2200 passagers. Les deux autres s’étaient faites sur Celebrity (Reflection et Equinox), des navires qui tournent autour de 3000 passagers. C’était en 2014 et 2015, avec des arrêts aux Canaries et aux Açores respectivement, avant d’entamer les visites sur le continent européen (Lisbonne, Barcelone, Malaga, Toulon, Florence, Rome, etc.).

Dans quel sens?

En juxtaposant ainsi la détente et la découverte, les voyagistes proposent ainsi une expérience plus complète, plus attirante. Pour avoir traversé l’Atlantique dans les deux directions, j’ai préféré le faire de la Floride vers l’Europe plus que le contraire. 

Peut-être parce qu’on est un peu stressés, fatigués en arrivant à Miami ou Fort Lauderdale, les ports d’attache des grandes compagnies. On a alors plus d’une semaine à ne rien faire, en pleine mer, parfait pour lire, se reposer, profiter des multiples distractions offertes. Les escales suivent la traversée comme telle, et on se sent alors plus d’attaque pour collectionner les découvertes. 

Un avantage inattendu de ces croisières : le décalage horaire se fait tout doucement, souvent une heure aux deux jours, de sorte qu’on débarque frais et dispos à destination. Un inconvénient inattendu lui aussi : que ce soit sur Holland America ou Celebrity, on se sent obligé de nous mettre de la musique partout, à toute heure. Et la climatisation est parfois un peu forcée, alors qu’on est justement là pour profiter de la chaleur et du soleil.

Le syndrome de la sardine

Une curiosité aussi : ce n’est pas parce qu’il y a 1000 personnes de plus à bord qu’on se sent plus coincés. En fait ce serait plutôt le contraire. Les espaces publics sont plus grands à bord des plus gros paquebots, l’offre de services (nombre de restos, de bars, etc.) plus importante. 

L’Harmony of the Seas, le plus grand paquebot au monde actuellement avec ses presque 9000 personnes à bord (6300 passagers et 2400 membres d’équipage) était à quai lors de notre arrivée récemment à Fort Lauderdale. Si on se fie aux photos de l’armateur, Royal Carribean, ce n’est pas l’espace qui manque effectivement. D’une façon générale, on trouve toujours le petit coin qu’on recherche, quelque soit la taille du bateau. Le syndrome de la sardine n’a pas sa raison d’être ici!

Mario Fontaine 

L'Eurodam quitte Madère

Cadix, vue du Célébrity Reflection

Vue sur Cadix, du pont du Célébrity Reflection

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