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Un peu des Canaries

À Lanzarote

Île de 150 000 habitants avec 89 volcaniques montagnes de feu, Lanzarote, dans l’archipel des Canaries au large de la côte africaine, est reconnu réserve de la biosphère par l’UNESCO depuis 1993.

Sa capitale Arrecife, où nous arrivons, surprend au premier abord par son architecture. La grande majorité des édifices de l’île prennent la forme de cubes dont la blancheur contraste avec le noir des coulées de lave qui recouvrent une partie de l’île. Et cette architecture s’étend à l’ensemble de Lanzarote.

Des cubes blanchis à la chaux de deux étages pour les villages et de six au maximum pour la capitale. Seule exception, le grand hôtel à Arrecife – tourisme oblige –  avec ses 17 étages. Et les seules couleurs que l’on y voit ornent les portes et les cadres des fenêtres de bleu, en bord de mer, de brun, jaune, vert ou violet à l’intérieur des villages.

On se questionne à juste titre sur cette unité architecturale assez unique. On nous dit qu’elle est due à l’influence d’un architecte et artiste célèbre de Lanzarote : Cesar Manrique. Ardent défenseur du paysage originel de Lanzarote, il semble qu’il ait réussi à convaincre les autorités politiques de l’île du bien fondé de ce concept architectural, qui avouons-le est tout à la fois étonnant et sied très bien à cette île de contraste. De plus, aucun panneau publicitaire ne dépare le concept.

Île de contrastes en effet!

Dans certaines parties de l’île, on se croirait presque en plein désert, même si la mer rugit à quelques pas. Le chameau y a d’ailleurs été introduit il y a 500 ans à partir de l’Afrique pour aider aux travaux de la terre. Aujourd’hui, ils se sont recyclés dans le tourisme, qui est le principal moteur économique de l’île.

Ici, pas de nappe phréatique. Ce qui n’empêche pas de nombreuses cultures : pommes de terre, maïs, patate douce, pastèque, citrouille, oignon, aloès, et même des vignes.

Parlant de vignes, elles sont tout à fait remarquables. Il faut voir la région viticole de La Geria avec ses vignes qui s’enroulent au centre de cercles de pierres volcaniques, créant un paysage tout à fait unique. Il faut aussi goûter à ces vins blancs magnifiques crées à partir du cépage Malvoisie.

18 000 chèvres habitent également l’île et contribuent à la production de délicieux fromages.

À voir aussi 

Le parc national de Timanfaya, dans le centre-ouest de l'île, l'une des principales attractions.

Le 1er septembre 1730, entre neuf heures et dix heures du soir, la terre s’est ouverte et une mer de lave a rapidement enterré dix villages. Cette lave a continué à couler pendant six longues années couvrant un quart de l’île de cendres volcaniques. Au milieu du parc, un musée permet de retracer l’histoire de ces éruptions qui ont formé les cônes et calderas qui nous entourent et on nous offre quelques expériences géothermiques : voir s’enflammer en quelques secondes des fagots jetés sur le sol ou se faire arroser par un véritable petit geyser lorsque ce même sol est arrosé d’un seau d’eau.

Lichens et oseille sont les seules plantes que l’on retrouve sur les champs de lave dans ce parc. D’ailleurs l’oseille, plante importée, s’avère très invasive empêchant toute autre plante de s’installer.

Un arrêt aux salines de Janubio est aussi intéressant et il faut voir El Golfo, le magnifique lagon vert où Almodovar a tourné des scènes de son film « Des Amours Perdues ».

Las Hervideros et ses grottes formées par une rivière de lave souterraine où la mer rugit contribuant à continuer à creuser ces grottes escarpées dans le littoral est un autre arrêt impressionnant.

À tout seigneur tout honneur! 

Il faut à tout prix voir la maison de Cesar Manrique. Cette maison, toute en blancheur, bien entendu, Manrique l’a construite sur trois coulées de lave noire voulant exploiter le contraste. Une réussite architecturale hors du commun! La lave noire est omniprésente dans les nombreux jardins envahis de cactus, de plantes fleuries, autour de la piscine et à travers des ouvertures et fenêtres stratégiquement découpées.

C’est aussi un véritable musée, Manrique, artiste lui-même a développé de nombreuses amitiés avec de célèbres artistes, on y trouve même quelques Picasso. Sans compter les magnifiques et colorés moulins à vent géants signé par Manrique.

L'architecte étant maintenant décédé, la maison est occupée et exploitée par la fondation qu’il a crée.

Quoi faire d'autre

Lanzarote, est réputée pour son temps chaud toute l'année. Les températures oscillent entre 22 et 25 °C et ne descendent pas en dessous des 12 °C en hiver.

Le vent est présent pratiquement en permanence sur l'île créant un paradis pour les planchistes et amateurs de sport de vent.

Ses plages, tant celles de sable blond que l’on retrouve sur la côte est, à la station balnéaire de Puerto del Carmen, que celles de sable noir, ailleurs sur l’île, accueillent aussi de nombreux centres de plongée.

Bref, Lanzarote vaut le coup d’œil et est certes une île intéressante pour y passer quelque temps!

Christiane Théberge 

 

Arrecife

Chameaux en attente de touristes

Vignoble dans La Geria 

Parc national de Timanfaya

Vue sur El Golfo

Moulin à vent de Manrique

 

 

 

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