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Nancy Petry

NANCY PETRY
Toute menue, mais toute une force de la nature, physique, intellectuelle et créative. La vie de cette artiste canadienne qui a fait sa marque, en peinture, en films d’art et en installations s’est littéralement organisée en fonction de ses prochains voyages et son œuvre s’est très souvent inspirée de voyages passés.

À partir de ses deux résidences, l’une à Montréal, l’autre à Londres, elle est toujours en déplacement : soit d’une exposition, d’un visionnement ou d’un concert à l’autre, soit d’une ville, d’un pays ou d’un continent à l’autre. Toute conversation avec Nancy Petry fait une grande place aux lieux, aux peuples, aux couleurs de pays vus ou à voir…

Euphoria – Parlez-nous de certains de vos voyages euphoriques, parmi tant d’autres.

Nancy Petry – Souhaitant de tout cœur que la situation politique actuelle se règle le plus rapidement possible, je veux parler de l’Égypte, même si les voyageurs devront manifestement attendre encore un peu avant de s’y rendre. La première fois que je suis allée en Égypte, c’était il y a environ vingt ans. J’y suis retournée deux fois depuis. Chaque fois, j’ai profité des fabuleuses connaissances de spécialistes de l’Égypte ancienne, dont un égyptologue américain et une archéologue anglaise.

Les images les plus mémorables me viennent de la croisière sur le Nil, de Luxor à Aswan, d’où l’on peut admirer des villages et des temples, ainsi que le vol en montgolfière au-dessus de la Vallée des Rois. Puis, sur terre, la visite des tombeaux majestueux.

L’un des moments les plus magiques fut d’être invitée à manger chez le chef retraité d’une équipe de travailleurs qui avaient excavé les Tombeaux des Nobles : le récit de ses souvenirs m’a subjuguée.

Plus récemment, c’est un bref séjour dans le désert de Gobi, en Chine. J’y étais allée surtout pour voir les peintures dans les Grottes de Mogao, mais ce qui m’a le plus impressionnée, c’est le désert lui-même : on ne se lasse pas de regarder ses dunes, les lignes et pentes lisses que le vent dessine.

Euphoria – Quels sont les pays qui ont inspiré plusieurs de vos œuvres?

Nancy Petry – D’abord la Grèce, où je suis allée dix fois. J’ai peint toute une série intitulée « Islands » : mon interprétation abstraite des îles vues à partir du bateau qui en fait le tour. Hormis ces images, ce qui me revient toujours à l’esprit, ce sont les nuits à dormir sur le pont après avoir admiré des étoiles comme je n’en ai jamais vu ailleurs. Le ciel était si clair.

C’est d’ailleurs la clarté et la simplicité dans ce qu’elles ont de plus noble ainsi que son caractère spartiate qui, à mon sens, décrirait le mieux la Grèce : la clarté du ciel, de la lumière, de l’air, et de la mer;  la simplicité de l’architecture et de la vie des gens.

J’ai aussi fait une série de tableaux sur le Cambodge intitulée« Sacred sites of the Khmer ». Ce qui m’a beaucoup frappée ce sont les ruines et les temples découverts dans la jungle, la fascinante mainmise de la nature sur ces constructions humaines.

Enfin, la crémation du dernier membre de la famille royale de Bali m’a de plus inspirée au point d’en faire un film : « Journey  : Impressions of a royal cremation ».

Euphoria –  Quel fut votre tout premier voyage?

Nancy Petry – À 20 ans, nous étions trois filles tout juste diplômées de l’École des Beaux-Arts de l’Université McGill. Nous sommes  parties faire de l’autostop en Europe, durant un an, avec  1$ par jour chacune. Devinez en quelle année…!

Je ne pesais même pas 50 kilos, alors quand j’ai essayé pour la première fois mon sac à dos, je suis tombée par terre, sur le dos... Nous avons pratiquement fait tous les pays, visité tous les musées, carnets de dessin en main pour reproduire ou nous inspirer des grands maîtres dont on voyait les œuvres en vrai. Nos plus grosses dépenses étaient consacrées à l’opéra ou au théâtre.

Tout s’est déroulé à merveille. Sauf, à Nice, où j’ai été piquée par un scorpion dans l’auberge de jeunesse où nous dormions : quelques heures à l’hôpital ont suffi pour me sortir du pétrin.

Euphoria – Avez-vous quelques anecdotes à raconter?

Nancy Petry– Alors que je faisais de l'autostop pour traverser la frontière entre la Grèce et la Macédoine, un homme m'a fait monter sur son âne.

Aux douanes de France, en revenant d’Espagne, on m’a gardée à vue durant plusieurs heures, parce qu’on croyait que j’étais une terroriste Basque échappée de prison.

En Turquie, un fermier conduisant une charrette tirée par un cheval m’a prise en autostop; j’ai grimpé dans la charrette pour m’apercevoir que la seule place où je pouvais m’asseoir était sur un gigantesque sanglier mort…

Euphoria –  Si vous deviez recommander de faire un seul voyage dans  une vie, ce serait lequel?

Nancy Petry – Le tour du monde, avec un seul billet d’avion.

Sans blague : la plupart des compagnies aériennes offrent cette option appelée : « Billet tour du monde ». Cela coûte autour de 1000 $, en classe économique : moins cher qu’un seul voyage Canada-Chine ou Canada-Australie aller-retour!

Euphoria – Que recherchez-vous surtout en voyage?

Nancy Petry – Le paysage et le dépaysement.

La nature surtout, puis la différence chez les gens, dans la nourriture, les costumes et les couleurs.

Euphoria – Quels sont vos futurs projets de voyage?

Nancy Petry – Un safari au Kenya pour voir ces immenses animaux sauvages. Puis, le Japon. J’aimerais bien La Havane aussi, contrairement à beaucoup de Canadiens, je n’y suis jamais allée.

Et pourquoi pas la Lune!

Euphoria – On voudrait la décrocher pour vous, Nancy. Merci.

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume

 

Vallée des Rois - vol en montgolfière

Oeuvre de la série "Islands"

Preah Ko de la série «Sacred sites of the Khmer»

Florence

Kenya - le rêve

 

 

 

 

 

 

 

 

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