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Liza Frulla

LIZA FRULLA
Liza Frulla a toujours été sous les feux de la rampe. Elle l’est encore plus aujourd’hui. Celle qui fut, entre autres, journaliste, animatrice, ministre des Affaires culturelles du Québec et ministre du Patrimoine canadien, continue de dialoguer chaque jour et chaque semaine avec le public radio-canadien : depuis quelques années, à titre de commentatrice, elle contribue en effet au succès de l’émission politique «Le club des ex», sur RDI, et de «C’est juste de la TV», sur ARTV.

Pour décrire Liza Frulla, on pourrait associer énergie et éclectisme; curiosité et beauté; franc-parler et évolution; vivacité et positivisme; rigueur et bonne humeur, élégance et influence. Parions que c’est tout aussi vrai lorsqu’elle partage ses souvenirs et ses souhaits de voyage.

 

 

Euphoria  – Quelle destination a constitué pour vous un voyage vraiment euphorique?

Liza Frulla  – Difficile question à laquelle les réponses pourraient être nombreuses, car je suis allée sur tous les continents, en vacances, en voyages d’affaires et dans le cadre de délégations politiques.

Parlons d’abord d’un voyage personnel qui, contre toute attente et je dirais même contre tout préjugé, m’a pris littéralement par surprise : tous mes sens ont été comblés par une croisière en mer Baltique.

En fait, ma réticence concernait la croisière en tant que telle, que je considérais idéale pour les personnes retraitées, ce qui n’est pas encore mon cas.  D’autre part, je n’étais pas attirée par les pays nordiques, probablement parce que je viens d’un autre pays nordique. J’appréhendais aussi le fait que la croisière soit trop longue : deux semaines complètes. Je dois avouer et apprécier mon erreur, dans les trois cas…

J’ai adoré tous les aspects de ce voyage. Il faut dire que la compagnie Oceania a une flotte de bateaux relativement petits comparativement à d’autres : j’en étais fort heureuse. Elle offre tout de même un étage «concierge» comportant des chambres bien meublées avec balcons, et surtout la flexibilité pour les repas : on peut en effet manger à deux si on le veut, plutôt qu’en groupe. Cette souplesse, on y a droit même lors des visites à terre.

Belles découvertes tout aussi inattendues : la lumière, l’architecture, la qualité et l’accueil dans les pays visités. Stockholm et ses îles m’ont vraiment étonné sur tous les plans. Au Danemark, on en a plein la vue en matière de design. La Norvège s’est révélée très chaleureuse et regorgeant de beautés. À Saint-Pétersbourg, l’expertise des guides était franchement louable, et leur présence pour éviter les longues files, une bénédiction. Quant à Berlin… c’est Berlin! Sa grande renommée culturelle n’est plus à faire, et j’ai pu constater qu’elle est grandement méritée.

Euphoria – Quel voyage, dans le cadre de votre carrière politique, s'est avéré le plus marquant?

Liza Frulla – Assurément la Chine. J’y suis allée en 2003. On pouvait déjà voir l’ampleur et la rapidité du changement au niveau de l’économie et du développement urbain. Aujourd’hui, cela doit être encore plus grandiose.

Je me suis sentie presque chez moi à Shanghai, mais j’ai été estomaquée devant la maquette montrant concrètement et de façon très détaillée son plan de développement futur.

Notre délégation était toujours accompagnée de gens du gouvernement, très fiers de ses réalisations, bien entendu. On voit que le gouvernement et les gens ont beaucoup de rigueur et qu’ils sont prêts à déployer tous les efforts pour réussir. Il y a beaucoup d’argent en Chine. Et elle aura encore besoin de beaucoup d’espaces et de ressources naturelles.

C’est pratiquement un euphémisme aujourd’hui de dire que la Chine est et sera encore davantage une très grande puissance mondiale, voire la plus grande, d’ici peu. Ce que l’on doit se dire surtout, c’est que l’Occident et le Canada doivent s’y préparer.

Euphoria – Quels pays étrangers produisent, selon vous, les meilleures émissions de télévision?

Liza Frulla – J’estime que ce sont les États-Unis, et de plus en plus. Bien sûr, il y a longtemps que ce pays considère la production télévisuelle comme une véritable industrie, qui s’exporte d’ailleurs en montrant et célébrant «l’American Way of Life». Mais au-delà de ce principe, les État-Unis affichent non seulement des moyens financiers et des prouesses en matière d’effets spéciaux, mais aussi une créativité et une qualité dramatique tout à fait remarquables. On n’a qu’à penser aux grandes séries de HBO, aux Madmen, Brothers & Sisters, Sex in the City, Six feet under, etc. C’est succès après succès. En fait, tout part de là. On y voit le meilleur (et aussi le pire toutefois…).

L’Angleterre m’épate toujours, principalement pour le rendu visuel : ses artistes, cameramen et réalisateurs sont des maîtres. La France, on s’en doute, excelle dans les émissions de discussions… animées au point où les pauses ne sont pas respectées, les gens sortent des plateaux… bref, c’est intellectuel et enflammé!

Au Québec, la télé se montre d’une créativité sans bornes. Comme les auditoires sont petits, on doit s’en féliciter encore plus.

Euphoria – Que recherchez-vous la plupart du temps, lorsqu’il s’agit d’un voyage d’évasion et de repos?

Liza Frulla – La beauté. Un bel environnement, aménagé avec rigueur. Par exemple, le Japon, la Suisse, et certaines villes américaines en Californie, me plaisent beaucoup.

Un hôtel pas nécessairement luxueux, autant que possible historique ou typique du pays visité, très confortable, et dont les standards de propreté sont équivalents aux miens. Contrairement à ce que la plupart des voyageurs disent, j’estime que ma chambre d’hôtel est importante, même si je suis souvent à l’extérieur en visite.

Enfin, les activités et visites où le chic décontracté est de mise. Et assurément : très bien manger.

Euphoria – Quel voyage rêvez-vous de faire?

Liza Frulla – Les lieux qui me viennent d’emblée à l’esprit et qui n’ont rien de comparable : l’Europe de l’Est, pour sa culture et son architecture, en voiture, avant qu’elle se développe trop; l’Argentine et Dubaï, pour sa folie pure côté architecture et pour… une autre folie, celle du magasinage!

Je voudrais dire l’Inde, mais je ne suis pas prête, psychologiquement, à voir la pauvreté et la vie tellement difficile pour tant de gens, sans pouvoir agir concrètement. Pas pour le moment, mais qui sait?

Éclectisme et franc-parler… disions-nous, entre autres? En voilà la preuve.

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume


Akbar, Danemark


Maquette de Shanghai


Prague


Tours dansantes, Dubaï 

Crédit Photo de Liza Frulla: Réseau de l'information (RDI), Société Radio Canada.

 

 

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