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Marie Saint-Pierre

MARIE SAINT-PIERRE
Style dans ce qu’il y a de plus absolu. Déterminé bien que tout en féminité. Qui insuffle à la femme qui les porte la fierté lumineuse, dans le regard, le geste et l’allure. On parle ici des vêtements créés par Marie Saint-Pierre.  Tenues de ville, de soirée et de scène, on les voit aussi bien dans les endroits branchés au Canada, que sur Céline Dion à Las Vegas, et sur les tapis rouges des Césars à Paris ou des Academy Awards à Los Angeles.

Visionnaire aventurière qui a récemment joint les rangs des Chevaliers de l’Ordre national du Québec, Marie Saint-Pierre nous dévoile ses sources d’inspiration: la nature et… les voyages.

Euphoria  – Parmi tous vos voyages, lequel mériterait le qualificatif d'euphorique?

Marie Saint-Pierre  – Le Mozambique, au Zongoene Lodge. Déjà, il y a 12 ans, on s’y adonnait aux premières expériences d’écotourisme. Ce sont des médecins Sud-Africains qui ont décidé de construire ce lodge à l’embouchure de la rivière Limpopo  et de l’Océan Indien, en s’assurant de faire participer les résidants des environs au projet afin qu’ils y intègrent leur culture et qu’ils en bénéficient. Ils pouvaient non seulement travailler à la construction des chalets aux magnifiques toits cathédrales sculptés, mais aussi avoir un accès plus facile aux médicaments et se faire soigner dans un nouvel hôpital. C’est pour cette raison que les villageois ont accepté le projet et l’ont laissé construire, sinon ils s’y seraient opposés avec véhémence.

Dire que c’était dans un coin retiré, relève de l’euphémisme : pour trouver  l’endroit, au bout de longs chemins de terre, il nous a fallu faire le trajet au moins quatre fois, puisqu’il n’y avait aucun repère, aucune indication.

Le lodge était entièrement fondu dans le paysage. Toutes ses fonctions y étaient déjà, comme on dit aujourd’hui, «éco» et «bio» : l’eau, la nourriture, le jardin. Les plages environnantes étaient désertes et remarquables pour leurs dunes magistrales. Chacun des chalets avait sa piscine privée.

Quel paysage déroutant! Quel lieu de retraite fabuleux! Une symbiose parfaite entre les villageois et les étrangers, entre  le construit et la nature.

Euphoria – Quelle ville vous a le plus impressionnée, si l'on parle vêtements?

Marie Saint-Pierre – Kyoto. Je m’étais rendue au Gion Matsuri Festival qui, durant deux semaines, met en valeur l’innovation et l’industrie textile japonaise.  J’y ai vu plein de styles, et bien évidemment des kimonos anciens, réédités et tout à fait modernes. C’était une véritable célébration du kimono, lors de parades de modes, mais aussi tous les soirs dans les rues : les femmes se tenaient devant leurs portes pour arborer fièrement leurs kimonos devant les touristes.

Euphoria – Lorsque vient le temps de prendre de vraies vacances, que recherchez-vous surtout?

Marie Saint-Pierre – La nature. Toujours. Cela  me repose beaucoup, mais paradoxalement, cela me nourrit de plein d’idées pour mes collections. J’ai appris à regarder la nature avec un total éblouissement, pour ce qu’elle est globalement, mais aussi dans tous ses détails. Je suis en constante recherche de belles visions. La nature me les procure volontiers, à profusion. Et, en bout de ligne, mes collections sont résolument urbaines.

Euphoria – Une de vos collections a-t-elle été inspirée par une ville, un pays en particulier?

Marie Saint-Pierre – La plupart de mes collections sont inspirées par mes voyages. J’ai mentionné Kyoto tantôt. J’ai aussi été littéralement transportée par l’Utah et ses paysages flamboyants.

Euphoria – Quel voyage aimeriez-vous relater parce qu’il vous a fait faire une admirable découverte?

Marie Saint-Pierre – L’Amérique centrale à vol d’oiseau. Tous ces champs, ces plages et ces petits hôtels pratiquement inaccessibles par la route. Surtout, Taxco au Mexique, la ville du métal argent : une vraie pièce d’argent vue des airs!

Euphoria – Vous est-t-il déjà arrivé de faire un voyage de fille, en solo ou en équipée?

Marie Saint-Pierre – J’adore les voyages de filles, surtout les «road trip». Je me rappelle entre autres une fabuleuse virée aux États-Unis : Los Angeles, le Grand Canyon, les déserts et surtout Santa Fe, aux éclairages et mœurs très particuliers. Une autre fois, c’était New York-Miami.

En auto, donc en circuit fermé : que de plaisirs, de sourires, d’amitié et d’intimité, créés ou renouvelés.

Euphoria – Quel a été pour vous un voyage familial mémorable?

Marie Saint-Pierre – La beauté pure, combinée, décuplée de l’Italie, la France et la Suisse. Les souvenirs relatés. Les saveurs partagées. La conversation retrouvée. Loin d’Internet et des jeux vidéo. 

Euphoria – Un rêve de voyage?

Marie Saint-Pierre – Je n’ai pas encore visité l’Amérique du Sud.  En fait, je devais m’y rendre,  mais alors que nous étions rendus en Amérique centrale, au Costa Rica, le Cessna 6 places qui nous transportait s’est écrasé…  Heureusement, les conséquences n’ont pas été trop graves. Cela a donc annulé notre voyage plus au Sud.

Mais comme j’adore voyager, cela ne m’a pas empêché de reprendre l’avion plusieurs fois depuis.  Je veux certainement me reprendre et aller en Amérique du Sud bientôt. 

Euphoria – Une recommandation pressante?

Marie Saint-Pierre – Près de Los Angeles, la plage El Matador! Les extrêmes  en présence : la dureté virile des rochers, et la dentelle extraordinaire dessinée par les algues sur le sable. Inoubliable, toute cette poésie naturelle…

Euphoria – Humm…. dentelle, vous dites? Il y a de l’inspiration dans l’air pour vous… Et pour nous, donc! Merci Madame Saint-Pierre.

 

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume


Festival Gion, Japon


Inspiration Venise


Inspiration Venise

Plage El Matador 

Crédit Photo de Marie Saint-Pierre: Daniel Desmarais

 

 

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