Bannière
Envoyer Imprimer PDF
invite-du-mois.jpg

MOUFFE
Cette femme qui parle avec modestie de sa vie, est cette femme qui travaille avec les grands artistes du Québec, comme Diane Dufresne, qui met en scène les grands spectacles, comme Elvis Story, qui a écrit la chanson «Ordinaire», considérée comme LA grande chanson de Robert Charlebois. Tout récemment, elle orchestrait «Chapeau Mr. Cohen» et, bientôt, c’est Gilles Vigneault sur les Plaines d’Abraham, qu’elle nous présentera avec amour. Voilà Mouffe, résumée, en bien trop peu de mots, de noms et de réalisations mémorables.

Les superlatifs sont pourtant nombreux quand elle parle des gens qu’elle côtoie et des événements auxquels elle contribue ou assiste. Même chose pour les voyages qu’elle fait.

Boulimique de sensations, de beauté et d’expériences, Mouffe ne peut tout simplement pas arrêter son choix sur une seule euphorie de voyage.

Euphoria - Quelle destination vous a fait vivre une euphorie?

Mouffe - Je dois dire que le mot euphorie est très fort. En même temps, des euphories, on peut heureusement en vivre plusieurs dans notre vie. Et des endroits fabuleux sur la Terre, il y en a tellement!

Si j’aborde la question sous l’angle du «fantasme», celui que j’ai eu comme beaucoup de gens, je dirais Tahiti. Dans mon esprit, c’était le comble de l’exotisme, tant pour son décor naturel que pour ses gens, et les artistes qui y ont vécu ou en ont été inspirés. En réalité, c’était tout cela. Mais j’ajouterais qu’en vrai, il est toujours préférable de ne pas concrétiser ses fantasmes : il vaut mieux les sublimer.

Euphoria - Un moment euphorique?

Mouffe - Au Sénégal, à Dakar, en plein cœur de la journée, quand le muezzin a lancé son chant d’appel à la prière du haut du minaret de la Mosquée, toute la ville sans exception s’est mise à genou. Inoubliable, c’est le seul mot. Cela m’a aussi fait prendre conscience de toute l’amplitude de l’Islam.

Euphoria - Un spectacle euphorique?

Mouffe - Plutôt trois, deux au Maroc et un en Grèce.

D’abord, le spectacle des spectacles : la naissance d’un enfant. Quand j’ai vu sa mère, berbère, parée de beaux vêtements, de bijoux et maquillée, elle venait tout juste d’accoucher sur une couverture, là, dehors. Quelle dignité!

Dire que nous, en Amérique, on accouche dans un milieu clinique sécuritaire et qu’on perd le contrôle de tous nos sens… On est loin de la VIE, telle qu’elle se déroule dans toute sa majesté, depuis des millénaires. J’ai pensé à cette femme quand j’ai mis au monde mon fils.

Ensuite, le spectacle artistique, j’ose affirmer le plus beau, parce que le plus simple, que j’aie vu à ce jour, c’est celui de 50 hommes bleus du désert, dans une oasis, près de Essaouira : à la lumière de la pleine lune et au son des percussions. J’aurais pu mourir là… et considérer que c’était la plus belle mort que je pouvais imaginer et espérer.

Enfin, le spectacle le plus grandiose, parce qu’il représente l’origine, qu’il est le sens premier du spectacle mis en scène, c’est le «Sacre du printemps», de Stravinski, chorégraphié par Maurice Béjart, lors d’une soirée à l’Acropole, à Athènes. Avec ma mère, j’y ai vu la plus belle preuve de la beauté du cœur, du partage et de la sérénité.

Euphoria - Pour quelle ville, voudriez-vous écrire une chanson?

Mouffe - Istanbul. C’est une ville qui me fascine. Peut-être aussi pour devoir trouver des rimes avec bul…

Euphoria - Quel serait le voyage ultime pour vous dans l’avenir, le voyage de vos rêves?

Mouffe - Le Moyen-Orient : le Liban et la Palestine, entre autres. C’est une obsession chez moi. Je veux connaître, voir et toucher ce qui est appelé «le berceau de l’humanité».

Mais aussi, dans un tout autre registre que je n’ai pas encore exploré, l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande.

Et puis, Rome, encore et encore! J’y suis allée souvent dans le passé. Récemment, c’était l’une des escales d’une magnifique croisière que j’ai faite, mais j’ai dû y renoncer, faute de temps dû à mon travail. J’y retournerai, c’est sûr. Pourquoi Rome? Parce que l’Homme italien adore la Femme.

 

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume

 

 

Retour