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Brian Care

BRIAN CARE
Peintre originaire de Toronto, Brian Care s’est établi à San Miguel de Allende, au Mexique, après avoir fait sa marque dans l’enseignement.

Son œuvre lumineuse et éclatante, tant dans ses manifestations réalistes qu’abstraites, est le reflet d’une nouvelle vie dans un climat favorisant l’allégresse.

Sentiment qu’il transmet aux gens qui participent à ses généreux ateliers.

 

 

 

Euphoria – Racontez-nous l'un de vos nombreux voyages euphoriques?

Brian Care  – Le dictionnaire dit que l’on est en état d’euphorie quand on vit quelque part un sentiment de vive excitation et de bonheur. J’ai visité plusieurs endroits dans le monde qui m’ont procuré ce sentiment. La question m’incite donc à me demander ce qui provoque cet état d’être. Je crois que cela vient du sens de l’appartenance.

Mon premier voyage à Santorini, dans l’adorable village de Oia dont l’histoire est mythiquement liée au continent perdu de l’Atlantis, m’a permis de me sentir en paix et confortable, par opposition à l’histoire violente de la formation de l’île qui est le résultat de cataclysmes, comme les éruptions volcaniques. J’aimais le contraste entre les maisons-cavernes descendant en cascades sur les falaises, et le calme des flots bleus de la mer Égée tout en bas. J’ai tellement aimé que j’y suis resté deux mois. Au moment où je vous parle, je suis en train de revivre cet été de 1984. Cet état d’euphorie crée une dépendance.

Euphoria – Y a-t-il quelques moments mémorables que vous aimeriez partager? 

Brian Care– Ce sens de l’appartenance fut également responsable d’un moment très spécial lors d’une visite dans la famille de mon père en Écosse. Aussitôt que le joueur de cornemuse m’est apparu sur le parapet du Château d’Édinbourg, illuminé derrière par un coucher de soleil rose, bleu et violet, un frisson m’a parcouru tout entier. Mon propre héritage écossais venait de me faire signe et me démontrait que j’étais là où j’appartenais. 

Je n’oublierai pas non plus un safari au Kenya. Encore plus que les animaux, c’est vraiment l’Afrique qui m’a séduit. Je n’ai jamais vu un ciel aussi panoramique ou une montagne aussi puissamment magique. Le Kilimanjaro semblait me suivre partout où j’allais et m’empêchais de détourner les yeux.

Euphoria – Que recherchez-vous en particulier en voyage? 

Brian Care– Les montagnes et la mer parce qu’elles me procurent la paix et l’ébahissement. Quand les deux sont combinés au même endroit comme aux fjords de Norvège ou aux lacs de Suisse, c’est là que je retrouve le meilleur des deux mondes.

Je suis aussi très inspiré par les villes qui allient la beauté, l’histoire, la culture et le caractère vibrant de la vie. Ainsi, Londres, Paris et Mexico ne manquent jamais de stimuler tous mes sens et de me donner d’innombrables opportunités d’exploration.

Euphoria – Quelle serait votre prochaine destination?

Brian Care– Sur la liste de «choses à faire avant de mourir», il reste encore des voyages. J’ai toujours voulu aller en Nouvelle-Zélande. Là aussi, il y a des montagnes et la mer. En rêve, je vois les contrastes géographiques, les environnements vierges, des villes à échelle humaine et des gens chaleureux. Alors que je m’y rendais il y a quelques années, j’ai été détourné vers Hawaï. Oh! quelle autre expérience euphorique… - le tour d’hélicoptère dans une crevasse de la forêt tropicale de l’île jardin de Kauaii a pris les traits d’une expérience presque religieuse. 

Je recherche toujours un endroit riche en culture, où le climat est assez hospitalier pour que l’on apprécie y être, où les gens sont fiers de leur foyer, un endroit esthétiquement beau et assez différent pour que je sente que je ne suis pas chez moi.

Euphoria – Comment et quand avez-vous décidé de vous installer à San Miguel de Allende, au Mexique?

Brian Care – Les gens qui ont le sens du patrimoine et qui le célèbrent fièrement et joyeusement m’incitent à m’engager dans leur communauté et m’encouragent à participer à leur culture. C’est ce qui m’est arrivé au Mexique. 

Après avoir étudié l’histoire des Aztèques et la préhistoire meso-américaine à l’université, j’ai développé un intérêt pour l’histoire multiculturelle du Mexique. J’en ai visité plusieurs parties : le Yucatan, les lieux de villégiature le long de la mer, Ajijic et Guadalajara, puis il me restait un endroit à voir absolument… San Miguel de Allende. 

Pendant des années, j’ai envié les amis qui y étaient allés et qui me racontaient leurs fabuleuses expériences. Finalement, l’un deux m’a invité à partager une casita louée sur l’incroyable belle propriété de Toller Cranston, l’artiste canadien qui fut également champion de patinage artistique. J’ai sauté sur l’occasion.

Le premier matin, je me suis réveillé, non seulement dans l’environnement magique et créatif de Toller Cranston, mais aussi en un état d’émerveillement devant le parc de l’autre côté de la rue qui se révélait comme une mer de plantes et de fleurs saluant le printemps par la Candelaria, la première des nombreuses célébrations auxquelles j’ai assisté au cours des ans. 

Le fait qu’il y a plusieurs centaines d’années, l’Église ferma San Miguel parce qu’on y célébrait trop et qu’on entremêlait les festivités religieuses et profanes, en dit long. Les gens de cette fantastique communauté sont de retour en force et comme moi, tous ceux qui y vivent, se sont résignés et ont cessé de tenter de savoir pourquoi il y a des feux d’artifice à 4 heures du matin ou pourquoi telle rue est encore fermée pour laisser passer une autre parade. 

J’ai visité San Miguel deux fois cette année-là, un  mois chaque fois, puis j’ai loué une petite maison à l’année. Je suis revenu au Canada deux fois par année pour satisfaire aux formalités de citoyenneté, quand le climat est à son meilleur, soit au printemps et à l’automne. Le climat à San Miguel est idéal : c’est comme le printemps durant la majorité de l’année, situé à 6 200 pieds au-dessus de la mer et dans la chaîne de montagnes Picacho qui jouit d’un climat du haut désert. Cela satisfait mon besoin de paysages vallonneux. 

La ville de San Miguel, avec ses maisons parfois vieilles de 500 ans, ses rues de pierres pittoresques le long de paysages montagneux m’a séduit immédiatement. 

Là encore, le sentiment d’appartenance que l’on veut encore plus profond prend le dessus sur vous. Après avoir enseigné durant quelques années, avoir dirigé une faculté et avoir agi comme consultant pour l’ancien Conseil d’éducation de North York à Toronto, j’étais prêt à prendre ma retraite et à vivre une nouvelle vie. J’ai commencé à peindre des aquarelles, ensuite avec de l’acrylique, puis j’ai ouvert une galerie dans une ancienne fabrique de textiles qui fut le plus important employeur de San Miguel pendant longtemps. 

Cet endroit magique est devenu la Fabrica la Aurora, Centro de Arte y Diseno, qui abrite plusieurs ateliers d’artistes, des boutiques de design et des restaurants.

J’ai déménagé environ huit fois, chaque fois pour expérimenter un nouveau quartier et pour décorer une nouvelle maison. J’ai réalisé un autre rêve avec des projets de design intérieur pour aider mes amis qui aménageaient leurs nouvelles demeures. 

San Miguel m’a permis de concrétiser mes rêves. Les gens que j’y ai rencontrés, tant Mexicains que venant d’autres pays, ont élargi mon appréciation de la culture mexicaine et m’ont permis d’y vivre très confortablement. Je vis dans un endroit du monde qui est magnifique avec des gens fantastiques et je suis inspiré à créer de belles choses. Que puis-je demander de plus? 

Euphoria – Tout cela est très inspirant en effet. Même après avoir voyagé dans des pays fabuleux, ce sont la beauté et l’âme de San Miguel qui vous ont conquis. Cela se comprend fort bien. Merci Monsieur Care.

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume

Oia, Santorini


Joueur de cornemuse - Écosse


Safari, Kenya

Norvège 

San Miguel de Allende, vue par Brian Care

 

 

 

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