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Helen Fotopoulos

HELEN FOTOPULOS
Helen Fotopulos a, semble-t-il, le don d’ubiquité : elle est partout. À Montréal, où elle est active en politique municipale depuis 30 ans, surtout dans le domaine de la culture, du patrimoine, du design et de la condition féminine dont elle est responsable au Comité exécutif de la ville.

On écoute ou lit ses commentaires régulièrement dans les médias et on la croise dans tous les événements culturels. 

Sur la planète, elle a déjà foulé le sol de 44 pays! Elle en a donc vu, des cultures… Sa boulimie intellectuelle, son énergie contagieuse, son sourire engageant et sa verve affirmée s’offrent ici généreusement aux lecteurs d’Euphoria, avides de découvertes transcendantes.

 

Euphoria  – Si l’on évoque l’euphorie en voyage, à quoi pensez-vous?

Helen Fotopulos   – Je dois d’abord dire que, pour moi, tout est lié. Que je voyage pour le travail ou pour le plaisir, je regarde toujours les gens, leur façon d’être et de vivre, les lieux, leur architecture et leur aménagement, les paysages, l’histoire, l’exercice de la démocratie et les perspectives d’avenir. Mes préoccupations professionnelles déteignent en effet sur mes passions et curiosités personnelles et vice-versa.

La Russie - J’estime que le voyage qui a été le plus déterminant pour moi est celui que j’ai fait en 1992, en Russie. Mes parents venant de l’Union Soviétique, je parle le russe, je connais cette culture et j'ai souvent entendu parler de la politique dans ce pays, mais c’était la première fois que j’y allais. Dès le moment où j’ai posé le pied à terre, à l’aéroport, j’ai ressenti une émotion très vive et j’ai eu envie d’embrasser le sol, comme le faisait le Pape! J’ai tout de suite vu que je ne connaissais pas réellement cette culture, et j’ai eu la piqûre…

Je suis alors partie à la recherche de mon ADN. J’ai voulu tout démystifier, tout savoir sur le passé de mes parents, et conséquemment sur mes origines. Cela m’a aussi ouvert encore davantage les yeux et l’esprit quant à l’impact de la nature sur les gens, quant à ses influences sur le patrimoine personnel et les manifestations culturelles. J’ai alors compris beaucoup de comportements de mes parents, parce que j’ai rencontré plein de gens comme eux, qui pensaient comme eux, qui avaient de petites et grandes préoccupations comme eux. Tout à coup, mes parents n’étaient plus étranges… car je savais maintenant pourquoi ils étaient un peu différents des parents de mes amis canadiens et québécois.

À Moscou, j’ai bien sûr visité les lieux emblématiques.  J'ai aussi observé et expérimenté la nourriture, les odeurs, les remèdes «de grand-mère», comme on dit.  Je me suis surtout imprégnée de «l’âme russe».

Euphoria  – Ce périple originel, vous a-t-il mené ailleurs?

Helen Fotopulos   – Si je poursuis dans cette veine patrimoniale, il va sans dire que le fait que mon grand-père grec ait été exécuté à l’époque de Staline, a déclenché une véritable quête, je dirais même une Odyssée!

Je suis donc partie à la recherche des mes autres origines, grecques celles-là. Cela a débuté par toutes sortes de circonstances et de hasards qui m’ont amenée à faire partie de l’Association culturelle de Constantinople. C’est alors que j’ai découvert qu’une partie de ma famille grecque vivait à Istanbul. J’y suis allée durant la Semaine Sainte, et j’y ai rencontré cette famille dont on avait eu très peu de nouvelles depuis 70 ans. Vision incroyable : autour d’une même table, des gens aux ressemblances physiques surprenantes, parlaient différentes langues!

Quand on rencontre des gens déracinés, on constate que l’on fait vraiment partie de la grande famille de l’Humanité.

J’ai ensuite dévoré les livres de Soljenitsyne sur les goulags, et j’ai découvert que cela faisait partie de mon patrimoine personnel et familial. Paradoxalement, alors que s’amorçait ainsi une nouvelle vie pour moi, je découvrais à quel point j’étais profondément Montréalaise : d’ici, et d’aujourd’hui, fervente défenderesse des droits et de la démocratie. 

Euphoria – Parlant de droits et démocratie, certains voyages vous ont-ils particulièrement inspirée ou marquée?

Helen Fotopulos  – Les droits et la démocratie, entre autres quant à la condition féminine, sont devenus pour moi des objectifs de voyage. Pour connaître d’autres réalités passées ou présentes, pour dégager des conclusions, favoriser l’action, et reconnaître que nous sommes bien chanceux d’être nés et de vivre au Canada.

Je suis entre autres allée au Montenegro, à Dakkar, sur l’Ile de Goré.

Euphoria – Quelques coups de cœur?

Helen Fotopulos  –  Les pyramides, au Mexique. Le Maroc, avec ma fille. La nourriture, en Argentine, avec mon mari qui en est originaire. Bien que végétariens, ce qui est très rare dans ce pays, nous avons adoré les plats de viande…

Et Montréal, toujours, parce qu’elle est tellement multiculturelle. Déjà le fait de côtoyer des gens de nombreuses cultures, nous incite à vouloir voyager pour en savoir plus sur eux et pour mieux les comprendre. 

Euphoria – En vacances, que recherchez-vous?

Helen Fotopulos – Même quand je me rends dans un centre de villégiature «tout-compris», à Cuba par exemple, je suis intéressée à découvrir le patrimoine bâti, à rencontrer les gens dans leurs villages et à voir comment s’exprime la vie au quotidien.

 Euphoria – Quels rêves de voyage, caressez-vous?

Helen Fotopulos – Pour boucler la boucle de mon Odyssée, il me reste à découvrir l’Ukraine, pays d’origine de ma mère. Autrement, c’est l’Inde qui m’intéresse, et ses innombrables facettes. Mais pour l’Inde, il faut beaucoup de temps. C’est là le défi que j’ai à relever.

Merci Madame Fotopulos. Quel périple, en effet : se rendre à l’extérieur, pour découvrir qui l’on est à l’intérieur! Vaste vision et vastes horizons.

Pour en savoir plus sur Madame Fotopulos et son action montréalaise en matière de culture, patrimoine, design et condition féminine :
http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=5798,85041649&_dad=portal&_schema=PORTAL

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume

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