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Marc Poirel

MARC POIREL
Nomade à moto et au cœur tendre. Aimant autant ralentir qu’accélérer pour s’imprégner de l’ambiance ou du paysage. Aussi à l’aise pour dormir à la belle étoile que dans un palace. Le voyage dans le sang, toujours heureux sur le bitume, sous l’eau, à la montagne et au ciel. Voici Marc Poirel, un vrai de vrai explorateur ! Qui partage sa passion avec des dizaines de milliers de personnes à travers la francophonie en leur présentant les images, bien sûr en mouvement, de ses périples.

Cela a commencé par sa propre conception en pleine nature, puis vint le premier grand voyage dans le Grand Nord, où il a découvert les Inuit. Le Canada «d’un océan à l’autre» n’a plus de secrets pour lui. Le Québec également, du Saint-Laurent à l’Arctique. Les deux Californie, des États-Unis au Mexique, il connaît à fond aussi. Son plus récent film est justement sur la légendaire Route 66, qu’il a parcourue évidemment en moto.

Marc Poirel nous amène aujourd’hui sur un autre chemin, celui du destin...

Euphoria – Quelle destination a constitué pour vous un voyage personnel vraiment euphorique?;

Marc Poirel  – On dit que le dernier voyage que l’on fait est le plus beau. En tous cas, c’est celui dont on a le souvenir le plus vivant. C’est souvent vrai mais parfois, le contexte et le but du voyage transcendent l’espace temps et redistribuent les cartes.

L’histoire commence en 2009 où, pour la première fois depuis 15 ans, nous retournons au Vietnam, pays natal de notre fils adopté à l’âge de 6 mois. Se sentant parfaitement Québécois, Charlie va découvrir le pays de ses racines. Après avoir atterri à Ho Chi Minh Ville, au Sud, nous remontons vers le Nord en prenant notre temps, pour d'abord rejoindre Hanoï, puis la Baie de Halong, lieu de son orphelinat.

D’abord, des retrouvailles émouvantes avec sa nounou, la femme qui s’occupa de lui pendant les six premiers mois de sa vie, puis départ pour Ba Che, village dans les montagnes à 80 kilomètres de là, près de la Chine. C’est ici que Charlie fut trouvé naissant, au bord d’un chemin.

Commence alors un jeu de piste. Les rapports de police mentionnent la vallée numéro dix et un nom: celui de la personne qui l’a trouvé, un matin de décembre 1995. De porte en porte, de rencontre en rencontre, nous finirons par retrouver l’homme qui lui sauva la vie et fut à l’origine de son destin hors du commun.

Euphoria   Quel voyage, dans le cadre de votre travail actuel ou passé, s'est avéré le plus marquant?       

Marc Poirel  – Tous les voyages apportent leurs lots de découvertes et nous marquent, peu ou prou. Mon métier de cinéaste conférencier pour les grands réseaux de ciné conférences comme Les Grands Explorateurs m’a permis de voyager à travers le monde, non seulement pour la réalisation de longs métrages, mais aussi lors des présentations aux quatre coins de la planète.

Sans aucun doute, ma tournée la plus marquante a été celle réalisée en 1991 en Afrique francophone. A l ‘époque, nous présentions nos films dans 14 pays, en commençant par le Rwanda et le Burundi, en traversant le Zaïre pour atteindre le Congo Brazzaville, puis rejoindre les pays de la côte du golfe de Guinée et traverser le Sahel jusqu’au Niger.

Entre les conditions de transport aléatoire et une instabilité politique chronique, la tournée fut loin d’être ennuyeuse ! Ces tournées aux confins de la francophonie m’ont permis de découvrir le monde, entre les plages de Miquelon, les fonds sous-marins de la Nouvelle-Calédonie et le cratère fumant du Piton de la Fournaise, sur l’île de la Réunion. Sans oublier les après-spectacles arrosés de bière dans les cafés bruxellois, les dégustations d’huîtres à La Rochelle et les filets de perche du lac de Neuchâtel.

Euphoria  Parlez-nous d’expériences extraordinaires qui se sont déroulées à l’étranger.

Marc Poirel  – Nous sommes un 10 août. Nous quittons notre petit hôtel à Hanoï, traversons les ruelles et quartiers populaires de la cité millénaire. Partout, les Vietnamiens s’activent : on mange, assis sur des tabourets, des saucisses cuites sur des grills portatifs, des femmes vendent des ballons multicolores, d’autres proposent soupes, fruits ou pâtisseries dans la circulation intense de ce début de soirée. Nous quittons cette ruche pour longer le lac Hoan Kiem et prendre la rue Trang Tien.

Nous arrivons dans le quartier des affaires, ultra moderne de la capitale vietnamienne. Ici, les voitures de luxe remplacent les pousse-pousse et les commerces de trottoir ont disparu. Un homme en livrée ouvre la porte et nous invite à franchir le seuil du restaurant « Club Opéra ». La date du 10 août n’a rien d’un hasard, c’est l’anniversaire de naissance de mon épouse, Catherine, et nous avons décidé de marquer l’événement en nous laissant aller aux délices de la haute cuisine vietnamienne, dans l’un des restaurants les plus cotés de la cité. Ici, le raffinement est poussé à son paroxysme, de la qualité et l’originalité des mets qui nous sont présentés, de la beauté et du style des serveuses jusqu’aux pétales de roses égayant les toilettes ! Un moment inoubliable !

Euphoria  Que recherchez-vous la plupart du temps lorsqu'il s'agit d'un voyage d'évasion et de repos: la tranquillité, la culture, la pratique d'un sport, l'aventure, la découverte de la nature?

Marc Poirel  – Il existe de nombreuses façons de voyager mais, en ce qui me concerne, cela peut se résumer à deux options : avec ou sans caméra! Les voyages à des fins de reportages sont, et de loin, les plus passionnants et enrichissants. Ce sont souvent de longs séjours, comprenant des recherches approfondies sur la géographie, l’histoire et la culture locale. Les tournages imposent quelquefois des efforts physiques importants: froids intenses ou au contraire, chaleurs torrides, ascensions de montagnes, plongées sous marines et longues marches avec de lourds sacs à dos.

Si ces longs séjours apportent un épanouissement physique et intellectuel intense, les voyages à caractère récréatif, peut-être moins stimulants, ont au moins l’avantage d’être reposants! Je n’ai jamais rien eu contre une ou deux semaines dans un tout-inclus sur une île des Caraïbes, lorsque le printemps se fait attendre dans nos rues.

Seul bémol : impossible pour moi de rester plus de deux ou trois heures inactif sur une plage, mais un club de plongée sous-marine à proximité comble facilement mes besoins de découvertes.

Euphoria  Quel voyage rêvez-vous de faire?

Marc Poirel  – L’Asie du Sud-Est m’attire de plus en plus. Si mon histoire personnelle m’a permis de découvrir en profondeur le Vietnam, je ne connais pratiquement rien du reste de ce sous-continent, à part une petite incartade au Cambodge.  

J’aimerais pouvoir sillonner le Laos, la Thaïlande, la Birmanie à mon rythme, c’est à dire lentement, en m’imprégnant de la culture locale. Je ne suis pas un grand fan d’archéologie, mais suis capable de passer plusieurs heures dans les marchés locaux, dans les ruelles encombrées, bref, dans la vie animée des quartiers populaires.

Un rêve à réaliser … bientôt, j’espère !


Monsieur Poirel, quelle extraordinaire profession vous exercez… Plein gaz, en plus ! Merci d’avoir partagé avec Euphoria des moments si intimes et touchants. 


À SURVEILLER : Marc Poirel présentera bientôt un documentaire sur la découverte des racines de son fils au Vietnam. 


À NOTER : Marc Poirel présentera sa ciné conférence «La légendaire route 66», de janvier à avril 2013, dans 50 villes du Québec, dans le cadre de la programmation des Grands Explorateurs. Pour connaître les salles et dates :


www.lesgrandsexplorateurs.com
http://marcpoirel.com/Bienvenue.html

 Baie de Halong

Ho Chi Minh Ville

Burundi

Nouvelle-Calédonie


Piton de la Fournaise

Café à Bruxelles

Bouffe de rue à Hanoi

Birmanie


 


 

 

 

 

 

 

 

 

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