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Lac Moraine Alberta

Une courte incursion au pays des volcans et des lacs: le Nicaragua - Dans ce pays d’Amérique Centrale qui en est en fait le plus grand, on a presque toujours l’impression d’être sur une île tropicale. 

Pas si bizarre que ça quand on sait que ce pays de volcans et de lacs, bordé à la fois par l’Atlantique et le Pacifique, offre des aires protégées encore plus grandes que celles de son voisin plus connu, le Costa Rica, et que ses paysages naturels laissent deviner une végétation aux centaines de plantes exotiques où s’activent des espèces animales tout aussi variées.

C’est assurément une destination à découvrir et à redécouvrir et qui plaira particulièrement aux amoureux de la nature, cela va de soi! D’autant plus que ce pays, jadis associé à la guérilla, est maintenant une des destinations les plus sûres d’Amérique Centrale.

C’est aussi un pays que le tourisme de masse n’a pas encore découvert. Avec des infrastructures touristiques encore minimalistes qui gagnent en chaleur ce qu’elles perdent en modernité. Tout comme ses habitants qui semblent toujours heureux de vous faire découvrir leur coin de pays, en vous donnant envie d’y revenir.

La côte du Pacifique 

Cette côte du Nicaragua est connue pour ses interminables plages de sable fin, certaines plus fréquentées comme La Pinita, près de Léon, d’autres offrant une mer calme ou plus agitée pour le grand bonheur des surfeurs.

La ville la plus importante de cette côte est San Juan Del Sur nichée dans une magnifique baie.

Pour notre part, nous avons choisi comme point de chute, Montélimar, à 65 km de Managua, la Capitale, et nous y avons apprécié un bord de mer exceptionnel et presque désert... même si la température avoisinait les 38 degrés!

Croyez-moi, j’en ai vu des plages, mais celle-ci remporte la palme haut la main avec ses eaux pures et son sable fin á perte de vue sur 11 km. Et les quelques petits et rares coquillages qui la parsèment ne suffisent pas à faire le bonheur des collectionneurs !

On nous prévient que quelques raies pourraient se pointer le nez et gâcher notre plaisir. Nous n'en avons point vu, malgré les heures passées à défier les vagues ou à se laisser bercer par les rouleaux dans lesquels quelques surfeurs testent leurs habiletés en fin de journée, alors que la marée montante offre de plus sérieux défis.

Masachapa

À quelques kilomètres de Montélimar, le typique village de Masachapa mérite un arrêt. De notre hôtel de Montélimar, on s’y rend en taxi ou en pousse-pousse, ce qui peut s’avérer fort sympathique.

Toutefois, si vous vous y rendez en soirée, nous vous recommandons le taxi car la route sinueuse est très sombre, empruntée à l’occasion par une vache du village et bordée d’arbres gigantesques, que l’on appelle ici « Chili Marte », arbres dont les racines ont l’air de pousser sur les troncs, et qui ne pardonnent sûrement pas en cas de dérapage.

Au village, quelques petits hôtels et restaurants typiques se partagent le bord de mer avec au menu une grande variété de poissons fraîchement pêchés par les habitants.

Essayez le restaurant Summer, qui offre, sur une jolie terrasse sur pilotis, une grande variété de poissons et fruits de mer. Leur ceviche de poisson et leur poulpe sont absolument remarquables. Y aller tôt pour y prendre l’apéro en admirant le coucher de soleil !

Granada, la Grande Sultane

Ville coloniale fort intéressante, située à une cinquantaine de kilomètres des plages du Pacifique, c’est l’une des plus anciennes villes d’Amérique Centrale bâtie en 1524. Granada est la deuxième ville du pays, mais elle occupe le premier rang pour son intérêt historique avec des sites qui datent de l'époque coloniale et qui ont conservé leur caractère d'origine.  

Ses rues s’articulent autour du Parc Central, véritable cœur de la ville, où fontaines et petites terrasses offrant des plats typiques s’y bousculent - nous y avons savouré un « vigorón » (manioc bouilli garni de chicharon (couenne de porc) de salade de choux et tomates) revigorant !

Tout autour, on retrouve les bâtiments les plus importants de la ville arborant des couleurs qui vont du rouge sang au jaune vif, en passant par le bleu ciel et le blanc éclatant : hôtel de ville, banque, hôtel et cathédrale. En fin de journée, artisans et musiciens animent cette place déjà passablement vibrante !

La Cathédrale, avec son jaune éclatant et ses imposantes colonnes, restaurée au début des années 1900, domine la place. Très dépouillée avec son intérieur bleu poudre et jaune clair, elle abrite quelques petits autels, dont l‘un est consacré à une reproduction (amusante) de Lourdes avec Bernadette.

À voir aussi : la plus vieille église de Granada : l’Église de la Guadalupe et l’église San Francisco et son monastère.

À l’intérieur de ce dernier, une salle est consacrée à une série de toiles d’art naïf réalisées par les meilleurs artistes du Nicaragua, appartenant à l’école de « Solentiname », du nom du petit archipel où est né le mouvement de peinture primitiviste au Nicaragua et dont la tradition se perpétue encore aujourd’hui.

Une autre salle expose une impressionnante collection de statues précolombiennes retrouvées au début du vingtième siècle sur l’île de Zapatera, sur le lac Nicaragua.

À quelques rues de la Place centrale, le marché s’anime très tôt le matin et il est possible d’y dénicher fruits tropicaux et légumes frais – nous y avons vu les plus grosses carottes de notre vie – viande, et bien entendu, des poissons presqu’encore frétillants… sans compter tout autre article nécessaire à la vie quotidienne.

De nombreuses écoles de langue espagnole offrent toutes les formules: cours privés, cours de groupe avec logement chez l’habitant ou dans un hôtel boutique, cours en matinée et activités touristiques et culturelles en après-midi, et ce pour tous les niveaux, de débutant à avancé.

Las isletas

365 petites îles d’origine volcaniques – une pour chaque jour de l’année - forment un véritable chapelet au pied du volcan Mombacho dans le grand lac Cocibolca, aussi appelé lac Nicaragua. Le Cocibolca s'étend sur 8 264 km², ce qui en fait l’un des plus grands lacs d’eau douce au monde.

On nous dit que ces îles privées, autrefois habitées par des familles de pêcheurs, sont de plus en plus occupées par de riches propriétaires américains et européens. D’ailleurs, les habitations qui y sont construites en témoignent ! Avis aux intéressés : une île était offerte à la vente pour 300 000$ au moment de notre visite, sans aucune construction.

Pour quelques dollars, vous pourrez toutefois faire le tour de ces îles, en privé ou en petit groupe, dans de modestes embarcations qui stationnent à l’extrémité sud du Malecón de Granada. Elles permettent de se glisser dans les étroits canaux entre les îles pour observer la riche faune qui les habitent : hérons blancs et bleus, tisserins géants s’affairant à leurs remarquables nids, ainsi que quelques petits singes « congos » aux hurlements stridents qui sautent de palmiers en manguiers à travers une exubérante variété de fleurs exotiques.

Si on a le temps, on peut s’y baigner et même tenter sa chance d’attraper un guapote, poisson blanc très apprécié de ce lac qu’on dit très poissonneux!

Le Parc national du volcan Masaya

C’est l’un des phénomènes naturels intéressants du Nicaragua. Le parc a une superficie de 54 km carrés. Plus de 20 km de sentiers pittoresques permettent d’y découvrir quelques montagnes (cerro), l’immense lagune d’Apoyo et deux volcans : le Nindiri et le Masaya, ou « Popogatepe », ce qui signifie "Montagne qui bruit " selon la langue indigène de la tribu Chorotega. On en parle aussi comme du volcan ou cratère Santiago.

Le modeste musée du parc vaut la peine d’y consacrer quelques minutes. Il nous aide à comprendre la raison de tous ces volcans qui font partie de la ceinture de feu du Pacifique qui borde l’océan sur presque l’ensemble de son pourtour. C’est aussi le seul endroit où vous verrez probablement ces perroquets bleus, les Chocouyos, qui nichent à l'intérieur des parois du volcan pour se protéger de leurs ennemis, manifestement immunisés contre les émanations de gaz toxiques!

Le cratère Santiago, dont la dernière éruption remonte au printemps 2012, est le plus intéressant avec son activité incandescente qui dégage une forte odeur de souffre et des fumerolles près du cratère actif que l’on peut observer de très près. On vous impose un casque de construction et l’on devrait également vous offrir un masque, car l’odeur et la fumée peuvent en indisposer certains (prévoyez un foulard léger). D’ailleurs, on nous demande de limiter notre présence près du cratère à 20 minutes.

Vénéré par les nations indigènes, qui y jetaient en sacrifice enfants et vierges pour apaiser la démone Masaya, le volcan fut plus tard baptisé « La Bouche de l’Enfer » par les Espagnols au 16e siècle et le Père Francisco de Bomdadilla choisit de remplacer vierges et enfants par… une croix, dans le même but d’exorcisme.

Une reproduction de cette croix en bois culmine toujours sur un promontoire du volcan qui offre, nous dit-on, un point de vue intéressant, malheureusement inaccessible lors de notre visite, pour cause de gaz et fumées trop abondants.

Ce qui ne nous a pas empêché de constater que dans les champs de lave tout autour la nature n’a guère tardé à revendiquer son territoire. Un tapis de verdure et de fleurs sauvages recouvre peu à peu le sol autour des amas de pierres volcaniques, créant un paysage surréel.

Lagune d’Apoyo

C’est l’une des plus grandes du pays, avec un diamètre de 6 km. Elle est ainsi appelée à cause du goût particulier de son eau : « Alt-poyec »: eau saumâtre.

On suppose que c’est un ancien cratère volcanique qui s’est peu à peu rempli d’eau et qui nourrit aujourd’hui plusieurs espèces de poissons et d’animaux aquatiques au sein d’une végétation tropicale exubérante.

Masaya, la ville des fleurs

Petite ville coloniale située à 20 km au sud est de la Capitale, elle est surtout reconnue pour son grand marché artisanal (Mercado de Artesanias).

Situé à l’intérieur de vieux murs noircis par le temps contrastant avec le vert presque fluo de la végétation qu’il côtoie, le marché abrite des centaines de petits étals où l’on vous présente, fort gentiment et sans trop insister, toutes les spécialités des différentes régions du pays : les hamacs de Masaya, les poteries d’argile de San Juan, les poteries noires de Léon, de l’art naïf de Solentiname, du cuir, des articles en bois, des cigares, du café et des tissages à profusion aux couleurs éclatantes et bien plus.

Le rapport qualité/prix est excellent si l’on en juge par le prix d’un hamac négocié au marché pour 32$ et offert à 65$ à l’aéroport, pour une qualité qui nous a semblé moindre.

Si vous y êtes à l’heure du lunch, nous vous recommandons le restaurant Che Gris. Petit établissement en plein air sympathique et sans prétention où l’on vous sert en portions très généreuses pour moins de 10$ par personne, bière comprise, poisson frais, poulet et autres viandes « a la plancha » ou encore « a la Gris » spécialité du chef.

Managua, la capitale

Managua fut frappée deux fois par des tremblements de terre majeurs en 1931 et en 1972. La ville fut détruite et son centre ville ne fut jamais vraiment reconstruit. Elle s’est développée en périphérie avec de nombreuses banlieues et a conséquemment perdu tout caractère historique.

Seule la cathédrale fut restaurée et constitue avec la Place de la Constitution et le théâtre Rubén Dario les quelques points d’intérêts de la ville qui, à l’ombre du volcan Momotombo, jouit toutefois d’une situation très intéressante au bord du lac Managua, avec de nombreux lacs et lagunes à l’intérieur même de la cité.

Au rayon bouffe

Vous vous douterez qu’on y savoure à satiété autant de fruits de mer que de poissons d’eau douce d’une grande fraicheur, apprêtés de multiples façons, allant du ceviche en passant par la friture.

En accompagnement, du plantain frit et tout ce qu’on peut imaginer en légumes. Les haricots sont aussi omniprésents, tant en sauce qu’en plat d’accompagnement ou dans les « galapinto » - mélange de riz, de haricots et d’œufs cuit dans une feuille de bananier.

Bananes, ananas, mangues, oranges, limes, cantaloups, melons sont au menu côté fruits.

Où rester ?

Peu de grandes chaînes d’hôtels s’affichent au Nicaragua, à l’extérieur de la Capitale. Dans les autres villes et sur la côte du Pacifique, plusieurs petits hôtels locaux ou hôtels boutiques offrent logis et restauration.

Une exception : Le Barcelo Montélimar sur la côte du Pacifique.

C'est là que nous avions choisi de poser nos pénates.

Si nous vous disons que l’ancien dictateur Somoza y avait fait construire une magnifique résidence victorienne, qui est depuis devenue le Casino et les salles à manger de spécialités de l’hôtel, avons-nous besoin d’ajouter que le site choisi est paradisiaque avec des couchers de soleils exceptionnels.

En plus de l’hôtel principal, le Barcelo offre de sympathiques petits bungalows en bord de mer, tous munis de hamacs sur le porche (si vous y allez demander les bungalows ente 200 et 300, ce sont ceux dont l’emplacement est le plus intéressant).

Les luxuriants jardins de cette propriété de 210 acres sont traversés de petits sentiers où l’on retrouve tour à tour de sympathiques bars, piscines, chutes d’eau, étangs… et partout des hamacs qui vous invitent à savourer quelques minutes de farniente à l’ombre des palmiers, dattiers et manguiers.

Pour l’instant, le Barcelo est le seul hôtel à occuper ce bord de mer et cette plage qui semble sans fin. On nous dit qu’un autre « resort », est en développement un peu plus loin avec un concept de maisons et villas à vendre ou à louer avec golf et autres activités : le Grand Pacifica Beach & Golf Resort.  À surveiller, pour ceux qui recherchent cette formule.

Pour vraiment en profiter

Il faut y passer au moins 2 semaines si on veut allier découverte et moments de détente à la plage.

Les moyens de transports à l’intérieur du pays sont plutôt rudimentaires et même en taxi, les plages du Pacifique sont à 1 heure et demie de route de Granada, Masaya et Managua.

Quand y aller

Il est préférable de se rendre au Nicaragua entre novembre et avril, pendant la saison sèche : les températures sont alors comprises entre 30 et 35°C. La saison des pluies ou d’hiver entre mai et octobre voit les températures “chuter” entre 27 à 32.

Le climat est cependant assez différent d’une région à l’autre, et l’ouest est légèrement plus propice à une découverte quelle que soit la période.

Monnaie

La monnaie locale est le Córdoba mais le dollar américain est accepté presque partout.

Une dernière chose…

Le rhum du Nicaragua! Son « Flor de Cana » est offert sous différentes qualités : jusqu’à 18 ans d’âge. Véritable nectar au goût de noix, de caramel, de vanille et d’épices qui se savoure comme tel. Ce serait une hérésie, à notre avis, de le diluer dans du jus ou des boissons gazeuses et même d’y ajouter des glaçons!

Et saviez-vous que le rhum contient moins de calories que le whisky et la vodka!

Alors pourquoi s’en priver? C’est bien ce que nous nous sommes dit tout au long de notre séjour!

Salud!

Christiane Théberge

Du Canada : les grossistes Nolitours et Tours Mont-Royal se partagent le Barcelo Montélimar.

Plage, Montélimar

Cathédrale, Granada

Petit resto au Parc Central, Granada

Église San Francisco

Au marché, Granada

Barques sur le lac Nicaragua

Volcan Mombacho

Las Isletas

Immenses nids de tisserins

Volcan Masaya

Au pied du volcan Masaya

Lagune d'Apoyo

Vieux murs du marché de Masaya

Au marché

Chez Gris, Masaya

Bungalow au Barcelo Montélimar

Piscine au Barcelo Montélimar

Bord de mer au Barcelo Montélimar

Pêcheurs 

Petits taxis locaux

Un dernier regard!

 

 

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