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Chan Cham Perou

Niagara Falls et Niagara-on-the-Lake - L'admirable et formidable réalité d'aujourd'hui, c'est qu'il s'agit d'une destination gastronomique, vinicole, éco-touristique et culturelle de grande qualité. Même si la légende est encore vivante : oui, il y a encore des milliers de mariages et de lunes de miel chaque année aux Chutes Niagara, comme au temps de John et Yoko, et de touristes venant de partout dans le monde… Parce qu’il s’agit bel et bien d’une splendeur de la nature et d’un cadre enchanteur inégalé.

L’ensemble est composé de 3 chutes appelées «Fer à cheval» du côté canadien, «Chutes américaines» et «Voile de la mariée», du côté américain. Le meilleur point de vue est assurément du côté canadien puisqu’on voit alors les chutes de face et presque côte à côte. Le «Fer à cheval» est la plus spectaculaire avec ses 945 mètres de largeur, 53 mètres de hauteur et un débit astronomique de 567 000 litres à la seconde.

Autre fait qui en illustre l’importance et la beauté, les chutes sont situées sur la rivière Niagara, qui relie les Grands Lacs Érié et Ontario. C’est tout dire. Pas étonnant que le Parc des chutes fasse partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Alors, à tout seigneur, tout honneur, commençons le voyage par les chutes. Une fois l’émerveillement et l’excitation passés, on pourra aller goûter langoureusement, toutes les autres délicieuses saveurs et personnalités de la région environnante.

Vieillir en rajeunissant, tout en affichant sa sagesse

D’emblée, il faut le dire : en y mettant le pied, nos préjugés tombent. Il y a plusieurs années déjà que le Gouvernement du Canada a exproprié les marchands de babioles et les hôtels de pauvre tenue qui avaient poussé comme des champignons autour des chutes. Le gouvernement en a fait un Parc national magnifique, en commençant par la grande promenade Table Rock, d’où l’on peut très bien voir d’un seul coup d’oeil les trois chutes, dans toute leur majesté. Au bout de la promenade, on peut pratiquement toucher du doigt l’eau qui s’apprête à tomber vertigineusement.

Tout autour, de grandes aires verdoyantes de gazon, d’arbres et d’arbustes de toutes sortes, et colorées de fleurs : un immense et remarquable aménagement paysager, bordé de beaux grands hôtels et d’une immense tour d’observation, la Skylon Tower, et d’une belle grande roue rappelant celle de Londres, composée de capsules spatiales transparentes. Ici, elle s’appelle Sky Wheel.

Comme si ce n’était pas assez, on en veut toujours plus. Et on nous en donne plus, via diverses attractions très bien rodées qui valent vraiment le coup, et dont le coût est par ailleurs abordable : à vol d’oiseau avec Niagara Helicopters, au pied de la chute dans sa colonne hallucinante de bruine sur le bateau Maid of the Mist, et jusqu’en dessous, sur le côté et derrière la chute vrombissante qui dévale le roc à quelques pouces de nos yeux grâce au tunnel et à la passerelle de Journey behind the Falls. La chute sous tous ses angles, en somme.

Certes, le Parc des chutes est toujours une destination très touristique, mais la qualité des aménagements et des services font en sorte qu’on s’y sent et qu’on y circule très à l’aise, lentement ou rapidement, selon notre désir.

En fin d’après-midi : un peu de répit

Une fois la caméra déjà bien remplie, petits et grands relaxent leurs jambes en passent voir les images filmées spectaculaires prises par des professionnels.

D’abord, en revêtant pour une 4e fois… des imperméables recyclables, on entre dans Fury, une salle de cinéma circulaire de 360 degrés, où on assiste à la création et au développement des chutes : en se tenant bien, car le sol bouge et tremble, quand on passe de l’ère glaciaire où il nous neige dessus, à l’ère actuelle où la chute nous éclabousse.

Et on achève la journée en allant faire un tour au cinéma IMAX qui a eu une excellente idée : sur écran géant et avec de véritables artéfacts dans le hall, on nous raconte les histoires des Daredevils, ces personnes qui au cours des cent dernières années, ont littéralement tenté le diable, en se lançant dans les chutes, enfermés dans des barils de fortune, faits de bois ou de métal, ou en marchant sur un fil de fer. Pour la plupart au péril de leur vie, mais pour certains avec succès. Parmi ceux-ci, la première à sauter, en 1901, est une institutrice de 63 ans, Annie Taylor. Le plus récent funambule est Nik Wallenda qui, en 2012, a attiré près de 800 000 curieux. L’exposition est instructive, amusante et fascinante, surtout quand on lit leurs réponses aux médias de leur temps, à la question : «Pourquoi?».

Une 2e journée bien remplie de variantes sur l’eau

Il faut bien passer au moins une deuxième journée dans l’environnement des chutes pour en apprécier un autre attrait naturel adjacent, le Niagara Glen & Whirlpool. Calmement, en marchant sur les galeries de bois bien intégrées dans la nature de la White Water Walk, ou du haut des airs dans la cabine téléférique du Whirlpool Aerocar, on observe ces rapides de classe 5, ou on s’injecte une bonne dose d’adrénaline en affrontant carrément des vagues pouvant aller jusqu’à 5 mètres, à bord du Whirpool Jet.

Le soir venu, eh bien non, on n’est pas encore lassé de la beauté des chutes. On les observe au coucher de soleil, et on fait durer l’extase jusqu’à leur illumination nocturne, en sirotant un cocktail ou une liqueur de fruits de Niagara de la South Brook Winery, et en dégustant un excellent repas au restaurant Elements on the Falls, dont les fenêtres panoramiques donnent la meilleure vue imaginable. Son menu est en effet très varié et fait une belle place aux produits de la région.

Soulignons que de juin à septembre, des feux d’artifice musicaux au-dessus des chutes, viennent enjoliver encore plus les vendredis et samedis soirs.

Il est à noter qu’en 2014, une autre expérience des chutes s’ajoutera à cette liste déjà impressionnante : la croisière en catamaran!

Si le séjour se poursuit une 3e journée, les jeunes s’attarderont dans les centres d’amusement de la Clifton Hill, alors que les adultes voudront sans doute tenter leur chance au casino.

Bien d’autres richesses naturelles en partage

Munis d’une passe prépayée qui donne en plus accès au système de navette WeGo et à ses 60 stations, on a donc fait le tour des attractions directement liées aux chutes, et on en profite pour partir à la découverte des autres richesses du Parc National de Niagara.

En fait, le Parc s’étend sur des kilomètres de route scénique appelée la Niagara Parkway, enchâssés dans une nature généreuse et savamment orchestrée. On se pâme devant de gigantesques saules pleureurs et arrangements floraux, notamment l’Horloge qui comporte 16 000 fleurs et plantes, dont le design change chaque année depuis 50 ans.

On envie la poignée de privilégiés qui viennent de plusieurs pays suivre les cours de l’École des métiers de l’horticulture, au cœur du fabuleux Jardin botanique.

On poursuit l’enchantement au Butterlfy Conservatory , où 2 000 papillons de 40 espèces différentes virevoltent autour de nous, puis au Bird Kingdom, où ce sont les oiseaux exotiques multicolores, parfois très gros, qui nous sifflent ou chantent dans les oreilles et ébouriffent nos cheveux au passage.

On peut même jouer au golf dans le Parc National, qui comporte plusieurs terrains dans un cadre historique!

L’écotourisme en développement

Le vélo-camping, la randonnée pédestre, l’équitation, sont autant d’initiatives qui gagnent toujours en popularité au sein du Parc national de Niagara, du côté de ses sentiers aménagés autant que de son côté plus sauvage.

Dans la région, les cyclistes ont accès à 140 km de pistes et à 11 terrains de camping. Les adeptes du pédalier seront aussi heureux d’apprendre que l’événement Granfondo, fort couru en Europe, s’en vient à Niagara en septembre 2013, pour un tour inoubliable des jardins, des vignobles, du grand escarpement de Niagara et des chutes.

Le Parc National de Niagara offre d’autres conditions exceptionnelles aux randonneurs. Dans le Niagara Glen dont la nature est intacte depuis des milliers d’années, le stationnement et l’accès au site sont gratuits. Cet endroit a acquis une excellente réputation entre autres grâce au fait que c’est là que la grande trekkeuse de renommée mondiale Wittoria Wikston a révélé s’y entraîner.

Les grands randonneurs sont pour leur part attendus sur les 53 km circulaires de la Niagara River Trail qui, comme son nom l’indique, les mène le long de la rivière, du lac Érié au lac Ontario.

Enfin, si on se soucie de notre empreinte écologique, on vient de procéder, avec des groupes de touristes, à une première plantation de nouveaux arbres. Le but du programme est que 2 000 nouveaux arbres soient plantés d’ici trois ans, par les touristes éco-conscients.

Charmante et cultivée Niagara-on-the-Lake : l’éloge de la finesse

Sur les rives du Lac Ontario, s’est installée la plus jolie municipalité qui soit : Niagara-on-the-Lake. On y réside dans l’un des innombrables établissements de type «couette et café», si coquets avec leur style victorien et leurs immenses vérandas, d’où l’on peut admirer les luxueuses résidences de particuliers.

On y profite des rives du lac, et surtout de la rue Queen, où pullulent les boutiques offrant les créations traditionnelles et nouvelles tendances de la région, fussent-elles de vêtements, de bijoux, de chapeaux, de chocolat, de pâtisserie, de glaces maison, et de produits du terroir.

À tous les deux pas, un hôtel historique où l’on peut prendre le thé de fin d'après-midi, un hôtel où le design moderne s’est niché confortablement, un café, un bistro, un bar à vin, un restaurant gastronomique qui s’enorgueillit de ses recettes mettant en vedette les charcuteries, poissons, fromages fins, confitures, chutneys et moutardes, fruits et légumes bio de la région.

Il ne faudrait pas manquer le Niagara Food Festival, du 6 au 8 septembre 2013.

Toujours sur la rue Queen, quatre salles de théâtre. C’est là que se déroule chaque année depuis 1962, d’avril à octobre, le prestigieux Shaw Theatre Festival, où la 2e plus grande compagnie de théâtre en Amérique du Nord présente pas moins d’une douzaine de pièces, du répertoire de George Bernard Shaw et de ses contemporains.

Les vignobles, nous y voici enfin arrivés!

On accède aux vignobles de plus en plus nombreux et reconnus mondialement, par automobile bien sûr, mais de plus en plus par des tours guidés ou autoguidés à vélo, et même en y faisant atterrir un appareil Bell 407 de la Niagara Helicopters Tour, le plus silencieux et sécuritaire qui soit.

Le décor naturel sublime, adossé à l’escarpement de Niagara, est inscrit à la Réserve mondiale de la biosphère de l’Unesco. C’est justement ce positionnement, entre les lacs Érié et Ontario, qui fait en sorte que son sol soit si généreux pour la vigne.

Fait très important à noter : depuis quelques années déjà, les vins de Niagara ont gagné en qualité, en reconnaissance et en popularité, notamment par l’ajout de cépages européens. Ainsi, la région produit aussi bien des blancs, des rouges, des rosés, et des vins pétillants que des vins de glace. On peut donc visiter et goûter à la production des vignobles de Niagara, hiver comme été et automne.

Euphoria en a visité trois, durant son passage à Niagara : Inniskillin, Jackson-Triggs et Château des Charmes. Et nous avons eu la chance de goûter des cabernet, merlot, pinot noir, gamay, chardonnay, riesling et plusieurs types de vins de glace.

Couleurs, odeurs, saveurs et humeurs … dont on ne se lasse pas

Inniskillin est le vignoble qui a créé le premier vin de glace. C’est aussi lui qui peut se targuer d’avoir participé à la création du verre Riedel, expressément conçu pour savourer le vin de glace dans toute sa splendeur. Très conscient que les gens se rendant dans un vignoble veulent goûter, apprendre et prendre leur temps, on leur installe de jolies tables avec parasol, directement entre les vignes. Son centre d’interprétation est le lieu tout indiqué pour des événements corporatifs. Pour les petits groupes, la belle salle intime de dégustation est un «must».

Le Château des Charmes porte admirablement bien son nom. C’est effectivement un château « à la française». Son élégance au-dedans comme au dehors, et son immense chapiteau avec vue sur les rosiers et les vignes est le théâtre de nombreuses cérémonies de mariage. À la dégustation de vins, on joint la dégustation de fines bouchées pour permettre de discuter des accords idéaux entre mets et vins.

Jackson-Triggs agrémente la visite guidée de ses installations et sa dégustation, par des spectacles de musique dans son amphithéâtre extérieur, dont les gradins de gazon et de pierre sont en tous points semblables aux théâtres grecs et romains. La musique, elle, est des plus modernes, tout comme le système de son et l’acoustique bien songée. Le 30 août, c’est Bruce Cockburn qui prend l’affiche.

Dans les trois, l’accueil est chaleureux et délicieux, en français comme en anglais. Instructif aussi, tout en laissant vraiment le temps de savourer tant le nectar des dieux, que le paysage et le climat tempéré du Niagara, tout à fait semblable à celui des régions vinicoles d’Europe. Voilà donc le secret dévoilé!

Leurs sites web respectifs présentent leurs crus et les détails sur leurs visites, événements et produits vendus en boutique, comme en ligne.

À surveiller par les amateurs de vin

Le Festival du vin nouveau de Niagara: du 14 au 29 septembre 2013.

Le Festival du vin de glace : du 10 au 26 janvier 2014, durant lequel vous pourrez également profiter d’une foule d’activités aux chutes.

Et  l’an prochain, durant les weekends de juillet : Shakespeare in the Vineyard.

La Niagara Fruit Belt : un aide-mémoire juteux

Est-il besoin de rappeler que Niagara est la plus grande des trois régions fruitières du Canada, et que nos épiceries regorgent chaque année de ses fruits. Alors, il faut profiter de votre passage dans la région pour y goûter dès qu’ils sont mûrs et chauds! À même quelques-uns des 65 vergers ou aux petits étals que vous trouverez fréquemment sur votre chemin tout le long de la Niagara Culinary Trail.

Où loger? Selon vos intérêts…

Il y a de quoi à faire amplement durant 1 semaine à Niagara Falls, et 1 autre semaine à Niagara-on-the Lake. Côté hébergement, on peut trouver des hôtels de toutes catégories, dont plusieurs luxueux. Mais un long weekend, bien chargé il faut dire, est aussi possible.

Que vous soyez célibataire, en couple ou en famille, si vous aimez l’action, il est préférable pour vous d’avoir un pied-à-terre à Niagara Falls, et d’aller passer une journée à Niagara-on-the-Lake.

Si vous êtes célibataire ou un couple de plus de 35 ans, et si c’est la culture, la gastronomie et les vignobles qui vous intéressent, vous voudrez sans doute faire l’inverse, c’est-à-dire vous baser à Niagara-on-the-Lake et aller passer une journée bien remplie à Niagara Falls.

Pour tout prendre des deux côtés… installez-vous au milieu!

Si les deux facettes de ce voyage mémorable vous intéressent tout autant, et si vous avez une voiture, basez-vous à mi-chemin entre les deux villes. Vous n’aurez qu’à faire une quinzaine de minutes en voiture de part et d’autre. Notre recommandation, où nous avons logé avec grande satisfaction : le White Oaks Resort.

Quand on dit que c’est l’intérieur et non l’extérieur qui compte, cet hôtel en est le parfait exemple. L’extérieur ne paie pas de mine. On dirait un hôtel de banlieue, plutôt standard. Mais attention, vous serez fort agréablement surpris, voire stupéfait, une fois à l’intérieur. D’abord, les chambres sont très confortables.

Plusieurs services et aménagements le font toutefois ressortir grandement du lot. Une immense cour-jardin très feuillue et fleurie. Puis, un centre sportif, nous disons bien centre sportif, pas seulement un gym d’hôtel… Des dizaines d’appareils d’exercice, quatre courts de tennis intérieurs surmontés d’un lounge panoramique, et plusieurs courts de squash. Très fréquenté autant par les voyageurs que par la population sportive locale.

Encore plus renversant, les nouvelles aires de restauration. Premier menu : avant-garde et raffinement, tant au bar Play avec sa grande carte de cocktails, qu’à la salle à manger LIV avec sa grande carte des vins du Niagara et d’ailleurs, dont le célèbre Clos Jordanne qui s’est mérité des prix internationaux et que nous avons savouré avec fierté.

Le décor blanc vaporeux, les orchidées violettes sur toutes les tables, le personnel qui incarne la grâce dans chacun de ses gestes et de ses propos. Surtout, l’originalité du goût et la présentation harmonieuse des plats concoctés par le chef Michael Price. Des moments de pur bonheur.

Détail qui en dit long sur le souci de perfection : chaque table est revêtue de 3 nappes de lin blanc et lorsqu’on la dresse pour les convives suivants, le garçon de table repasse la nouvelle nappe avec un fer sans fil pour faire disparaître le moindre pli. La langue anglaise a un mot pour ce qu’on ressent dans ce restaurant : Bliss.

Niagara Falls et Niagara-on-the-Lake, un voyage à faire absolument pour tout Canadien, qui en revient avec une fierté vivement stimulée, et pour tout épicurien venant du monde entier.

Sylvie Berthiaume

Nos remerciements à l’Office du tourisme de Niagara Falls, à la Commission du Parc National du Niagara et à leurs partenaires mentionnés dans ce reportage, ainsi qu’au White Oaks Resort qui nous ont accueilli avec générosité et professionnalisme.

www.niagarafallstourism.com
www.niagaraparks.com
www.niagaraculinarytrail.com
www.niagarahelicopters.com
www.inniskillin.com
www.chateaudescharmes.com
www.jacksontriggswinery.com
www.whiteoaksresort.com
http://niagarafalls.granfondocanada.com/about-event/welcome-granfondo

Sur la promenade

Sky Wheel

Niagara Helicopters

Maid of the Mist

Whirlpool Aerocar

Whirlpool Jet

Jardin botanique - Allée des mariés

Au Bird Kingdom

À Niagara-on-the-Lake

Terrasse du Shaw Hotel

Café George Bernard Shaw

Lac Ontario

Au vignoble Inniskillin

Vignoble Château-des-Charmes

Amphithéâtre du Jackson-Triggs

Folie du chocolat

Produits du terroir

Salle à manger Liv au White Oaks Resort

Tennis au White Oaks Resort

Funambule

Un des nombreux couette et café  

 

 

 

 

 


 

 

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