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Patrick Bureau

Mylène Paquette
Elle a peur de l’eau. Elle a traversé l’Atlantique à la rame, seule. Cela vous dépasse ? C’est justement le dépassement de soi qui a poussé Mylène Paquette à accomplir cet exploit : 5 ans de préparation, 129 jours en mer, 2 700 milles nautiques, de Halifax au Canada à Lorient en France. Une première pour une Nord-Américaine. 

Il y a bien eu une dizaine de chavirages, des vagues de 10 mètres et des baleines qui sont venues la narguer, mais rien de fâcheux n’est survenu. Comme quoi «la foi déplace les montagnes». Mylène Paquette affirme plutôt : «l’attitude et l’humour apprivoisent les océans».

Déjà avant de partir, mais encore plus depuis son retour, il y a 5 mois, c’est le Canada qu’elle traverse, pour continuer de faire rayonner son large sourire et ses yeux convaincants, partager ses valeurs et ses motivations altruistes, et surtout, inciter les gens à devenir des aventuriers au profit de l’environnement ou d’une cause sociale. Et, en bout de ligne, en faveur de leur propre vie.

Elle poursuit également son œuvre au sein de la Fondation David Suzuki, à titre d’Ambassadrice du projet «Le Saint-Laurent, notre fleuve vivant», dont elle a admiré la diversité des écosystèmes et la chaleur des riverains, jusqu’aux Iles-de-la-Madeleine.

Mylène Paquette a pris quelques moments de répit pour livrer aux lecteurs d’Euphoria quelques pensées et moments euphoriques vécus lors de son périple. Et nous avons réussi à lui soutirer quelques autres rêves de voyage.

Euphoria – D’où origine cette «folie» remarquable et hautement risquée ?

Mylène Paquette  –  Dans un premier temps, c’est le fait d’avoir côtoyé dans mon travail des enfants très malades qui faisaient preuve de courage et d’espoir exemplaires. Un jour, à la fin de la vingtaine, j’ai été encore plus frappée et je me suis vraiment demandé ce que j’allais faire de ma vie. J’ai été littéralement piquée d’une urgence de vivre à fond, d’accomplir quelque chose. Puis, me sont venues les motivations d’ordre environnemental et social. Ce n’est donc pas tant l’exploit physique qui m’intéressait, mais plutôt la responsabilité de l’aventurier.

Euphoria   Dans ce même ordre d’idées, quels sont vos prochains projets ?

Mylène Paquette   – Je suis à l’écriture d’un livre. Et je continue de me perfectionner dans la navigation à voile, en vue d’une autre très grande aventure, mais différente, dans 6 ou 7 ans. Mais je ne peux pas la dévoiler maintenant.

Euphoria  En mer, vous n’avez pas visité de lieux, car vous n’avez pas fait de plongée. Mais avez-vous visité des lieux profonds en vous-même ?

Mylène Paquette  –  Ah, bien sûr. Ce n’était pas le but, mais c’est venu tout seul. J’ai eu une véritable révélation : j’ai appris qu’on est vraiment le seul maître de notre vie, par l’attitude qu’on choisit. Par exemple, devant l’eau glacée, les tempêtes et autres dangers, mon sens de l’humour est souvent venu à la rescousse.

Euphoria – Quels sont les dangers auxquels vous avez dû faire face ?

Mylène Paquette  – Les immenses vagues telles des murs. Les baleines en groupe qui me visitaient et me suivaient parfois pendant des jours, non dangereuses en soi, mais ce sont tout de même d’immenses bêtes qui peuvent facilement faire chavirer une embarcation sans faire exprès… Et puis, j’ai été dégoûtée par les si nombreux déchets flottants.

Je me suis aussi rendue compte que le plus grand danger est sans doute soi-même, c’est-à-dire les erreurs que l’on peut commettre. Il y a eu celles dont j’ai été consciente et je me suis mise à penser que j’en ai peut-être commis d’autres sans le savoir.

Il ne faut jamais baisser la garde, ni prendre quoi que ce soit pour acquis. Par exemple, je me suis aperçue le dernier matin de la traversée que j’avais passé la nuit sans avoir fermé la porte qui me protégeait. Ce n’est certes pas parce que j’étais à la dernière journée de traversée que rien ne pouvait m’arriver …

Euphoria  Quels sont les moments les plus euphoriques que vous ayez vécus ?

Mylène Paquette – Numéro 1 : quand le paquebot Queen Mary a dévié de sa trajectoire pour venir à ma rencontre ! Imaginez : près de 3 000 personnes sur le pont m’envoyaient la main, me criaient des encouragements. C’est absolument inoubliable. Et puis, ils m’ont donné des ballots de nourriture, dont des fruits et légumes dont j’avais follement envie, et un nouveau téléphone satellite. 

Numéro 2 : l’arrivée en France. Parce c’était la fin et la réussite. Mais aussi parce que toute ma famille était là pour m’accueillir.

Numéro 3 : mon arrivée au Québec, j’étais radieuse, et l’accueil était lumineux !

Euphoria  Avez-vous vécu un moment cocasse ?

Mylène Paquette   – Revenons aux baleines. Il y en avait une que je reconnaissais, qui a vraiment voulu jouer avec moi – enfin, c’est ainsi que je l’ai interprété heureusement – et qui m’a copieusement arrosée, très volontairement, 3 ou 4 fois.

Euphoria  Côté «gastronomique», comment cela s’est-il passé ?

Mylène Paquette   – Je n’ai pas eu à me plaindre de la nourriture séchée dont j’étais approvisionnée. Cela dit, après un certain temps, je n’en pouvais plus du lait en poudre. Et puis il y a certaines barres de céréales que j’aurais dû goûter avant de partir : j’aurais changé non pas de marque, mais de certaines saveurs moins savoureuses à mon palais.

Euphoria  Avez-vous déjà eu d’autres expériences de voyage euphoriques, en vacances?

Mylène Paquette   – Je dois dire que je n’ai pas beaucoup voyagé avant, et que je n’ai jamais vraiment pris de vacances, trop occupée par mes débuts de carrière en milieu hospitalier.

Toutefois, je me rappelle avec bonheur d’une croisière avec mes parents, en 2008, dans le Golfe du Mexique : en partance de la Floride, on est allés en Jamaïque, à Haïti, au Mexique et on y a fait escale pour visiter. J’ai beaucoup aimé.

Euphoria  Y a-t-il un livre ou un film qui vous ait donné le goût de l’aventure ?

Mylène Paquette   – Je ne me rappelle pas du titre d’un film que j’ai vu quand j’étais petite, mais je me rappelle encore très précisément des aventures d’une fille de 12 ans environ qui partait seule en train vers différents pays. Je m’étais dit : «Cela doit être difficile, cela demande beaucoup de courage.» «Pourquoi fait-elle cela ?» Et enfin :« Moi aussi, je veux faire cà !»

Euphoria  Quels sont les endroits sur Terre qui vous font rêver ?

Mylène Paquette   – Tout d’abord, j’ai vraiment hâte de découvrir Banff, où je dois donner ma conférence bientôt. Un rêve chéri depuis longtemps serait de faire du ski dans l’est de la Russie, plus précisément dans la vallée de Kamtchat, où les montagnes de neige pure sont des volcans endormis.

Mes autres rêves sont tous liés aux ports de mer : Barcelone, l’Irlande, par exemple.

Et la Nouvelle-Zélande, sans faute.

Merci Mylène Paquette de nous encourager à vivre notre vie au superlatif.

Si vous souhaitez assister à l’une de ses conférences «Un coup de rame à la fois» ou vous faire encore plus plaisir en l’invitant à donner sa conférence devant votre groupe corporatif ou association :
www.mylenepaquette.com

 

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume


Îles de la Madeleine

Le Queen Mary

Croisière Golfe du Mexique

Vallée de Kamtchat 

Barcelone

Nouvelle-Zélande 

 

 

 

 

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