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Chan Cham Perou

Le Costa Rica  —    Les défis et plaisirs photographiques nous attendent au Costa Rica. D’abord, s’extasier devant le quetzal, c’est comme trouver le Saint-Graal. 

Ensuite, débusquer les paresseux à deux et à trois doigts, la rainette aux yeux rouges et la grenouille «blue-jean», la dangereuse vipère à cils dorée ou rose, le singe hurleur, les fleurs de café surnommées «lèvres chaudes», l’abeille mangeuse de tarentules, la chauve-souris blanche, l’étrange tapir, les macro-fougères dont certaines sont bleues, et les micro-orchidées.

Enfin, se hisser au niveau des nuages et les écarter pour admirer la majesté des cratères volcaniques, avant d’aller dans l’un de leurs saunas naturels s’enduire de boue chaude et régénératrice. 

 Luxuriance et abondance

Au Costa Rica, les mots luxuriance, abondance, force et intelligence de la nature sont des euphémismes. Sur la «côte riche», on trouve en effet 14 types de forêts, et non pas des dizaines mais des centaines d’espèces de mammifères, d’amphibiens, de reptiles, d’arbres et d’orchidées.

C’est définitivement le paradis des randonneurs et cyclistes de montagne, des cavaliers débutants ou aguerris, des «Tarzan» et «Superman» volant entre les arbres bien accrochés à leurs tyroliennes, des funambules amateurs sur ponts suspendus, des fins et patients observateurs de la nature, voire même du rafting. Tous bien équipés de jumelles, pointeurs laser, lampes de poche, appareils photos avec puissantes lentilles zoom et grand angle.

Un climat exceptionnel, à l’année longue, un développement économique remarquable et soutenu depuis 30 ans, des projets publics et privés de protection et de sauvegarde des ressources naturelles depuis 10 ans, en font aussi un refuge exemplaire pour les «Snowbirds» canadiens (60 000) et américains (170 000) qui ne se contentent pas de vacances tout-inclus, et qui s’y établissent en permanence pour leur retraite en achetant des propriétés à prix très abordable (de 60 000 à 150 000$) ou à tout le moins pour y passer les longs mois d’hiver.

 Plus de 100 volcans dans la brume ensoleillée ou les nuages

Le nombre de volcans semi-actifs dans le pays dépasse la centaine. Les cinq plus grands, toujours actifs et alignés sur 90 kilomètres, sont Arenal, Irazu, Poas, Rincon de la Vieja et Turrialba. En éruption, ils jettent pierres et cendres, non de la lave. Deux autres sont endormis : Barva et Orosi.

Ceux où nous sommes allés font partie de parcs nationaux. Ainsi, on y a aménagé des sentiers ainsi que des aires de repos et de services. On peut y faire de la randonnée, mais l’escalade et la montée plus sportive n’y sont plus possibles pour des raisons évidentes de sécurité. Toutefois, cela est encore possible à Monteverde et à Rincon de la Vieja.

Leurs hauteurs respectives étant très élevées, il ne faut pas oublier de prendre ses précautions contre le mal de l’altitude. La vue vaut le coup : à chaque 700 mètres, le paysage et la végétation changent de façon remarquable.

Au sommet du volcan Irazu, par temps très clair, on peut voir le Pacifique d’un côté, et la mer des Caraïbes de l’autre. Au grand vent, les cendres noires que l’on foule et que l’on touche procurent une expérience donnant froid au dos, dans tous les sens du terme.

C’est au volcan Poas que l’on est confronté au plus beau, au plus gros cratère du Costa Rica et du Cercle de feu. En chemin vers le sommet, on peut s’immerger durant une ou deux heures en pleine forêt pluviale pour observer le phénomène de la pluie horizontale, le roc rouge, les fougères, mousses et champignons, les feuillus chasse-moustiques, un arbre de 400 ans, ainsi que de nombreuses fleurs spectaculaires, telles que l’épineuse «rose du volcan», une autre qui passe du blanc au fuschia au fur et à mesure de l’ascension, et la plante-réservoir, qui fleurit une seule fois dans sa vie, jamais à la même période, etc.

Un lodge-centre d’interprétation au sommet

Au volcan Turrialba, les plus aventureux et en excellente forme physique, accèdent à un mirador. Ceux-ci et les autres visiteurs plus contemplatifs peuvent s’arrêter le temps d’une ou quelques nuits au Rancho Naturalista, vaste maison du proprio d’une ancienne plantation de café, devenu un lodge accueillant.

Situé à 900 mètres d’altitude, on y accède par un chemin en serpentin, très escarpé, tout naturel, face à la côte Caraïbe, entre deux montagnes volcaniques, ce qui l’entoure d’air chaud et lui confère un climat très doux.

Ses grandes chambres tout confort et sa cuisine délicieuse y sont appréciées, mais son incontournable différence est qu’il est un véritable centre d’interprétation grâce à Harry, son guide naturaliste. En promenade diurne et nocturne ainsi qu’à table, ses informations et explications intarissables rivalisent avec sa passion, contagieuse, pour le concert permanent d’oiseaux, de toucans dont le cri s’apparente au bruit de la grenouille, de singes, d’insectes et, parfois, de la pluie sur la forêt.

Avant même le lever du jour, il prépare pour vous la «traque visuelle» des différents types de colibris dont le fameux «snowcap», des geais et pique-bois, du champignon étoilé, de la fleur mauve «hier-aujourd’hui-demain» qui devient blanche quand elle est pollinisée, des papillons dont certains sont venimeux, des araignées mystérieuses, etc.

Une chance de voir tout de plus près

Le Costa Rica n’aime pas la faune et la flore dans les zoos. Mais comme il est parfois difficile de voir de près certains oiseaux, mammifères et reptiles en pleine forêt, le Waterfalls Gardens de La Paz remédie à cette situation.

C’est un immense espace entièrement naturel, recouvert tout simplement de filets qui permettent de contenir les animaux sans les brimer ni dans l’espace, ni dans l’accès à leur nourriture.

De plus, les sentiers et escaliers de bois réservant des points de vue stratégiques à différents niveaux sur les chutes naturelles y sont très bien pensés et réalisés.

Le Sanatorio de Lapas : l’amour maternel en action

Un détour à El Manantial, dans la province de Puntarenas, pour aller voir les perroquets aras verts et écarlates qui sont fidèles à leur compagne ou compagnon durant toute leur vie. Dans un sanatorium privé initié et géré par des fans de la nature depuis 20 ans, on trouve aussi des toucans, des singes tamarins, et des tapirs abandonnés par leurs propriétaires les trouvant trop encombrants ou bruyants, ou confisqués des contrebandiers tentant de les vendre à l’étranger.

Dans ce sanatorium, ces animaux en voie d’extinction sont pris en charge, nourris, soignés et on facilite leur reproduction, jusqu’à leur relâchement dans la nature qui est la leur.

L’écotourisme à son meilleur

Monteverde est la région la plus développée pour accueillir les touristes avides de nature. Cela a débuté dans les années 30 et 40, quand des Quakers américains ne voulant pas s’enrôler dans l’armée ont acheté des terres dans les montagnes costaricaines et ont exploité des vaches laitières; ce qui s’est ensuite développé en industrie du fromage et de la crème glacée.

Or, depuis le début des années 90, les montagnes et forêts sont exploitées de façon durable par les propriétaires, avec subventions gouvernementales, pour en assurer la pérennité.

C’est ainsi que les visiteurs les arpentent, notamment par tyroliennes et ponts suspendus sans nuire à l’environnement. Et, comme de petits hôtels ont ouvert et emploient des gens locaux, c’est toute la communauté qui en bénéficie, à court et à long termes.

En communion avec la terre

Dans les environs du volcan Rincon de la Vieja, on peut participer à une panoplie d’activités toutes plus amusantes les unes que les autres.

Par exemple, on peut passer un bel avant-midi à faire de l’équitation avec chevaux bien entraînés pour la montée et la descente de montagnes. Bien sûr, on s’arrête en chemin pour profiter du panorama vert et bleu des montagnes à perte de vue.

En après-midi, on fait bien de bénéficier des vertus du centre de la terre, donc de la chaleur volcanique. D’abord, au sauna humide entièrement alimenté par les vapeurs des eaux bouillonnantes s’insérant entre les planches de bois au sol, tout en étant caressés par les rayons du soleil s’immisçant entre les planches du toit pour danser dans la vapeur montante: on dirait des signes célestes d’ apparitions divines.

Puis, on se rend aux bacs de boue volcanique pour s’enduire de cette chaude onctuosité, de la tête aux pieds, et que l’on laisse sécher pour alimenter notre peau. Enfin, rincés du mieux que l’on peut, on va se prélasser dans les trois piscines aux degrés Celsius variés.

À Sarchi : pour un souvenir vraiment typique

Il est désormais non-éthique et impossible de rapporter un gros perroquet ou un petit singe… Mais on peut certes rapporter une fort jolie carretta, miniature ou grandeur nature. La carretta est une charrette à bœufs entièrement décorée de fleurs de couleurs vives, selon des motifs et une technique reproduits à la main depuis des décennies.

Avant de devenir une tradition de peinture artisanale, ce fut une pratique quasi religieuse alors que les fermiers recouvraient leurs charrettes d’orchidées pour aller à l’église. Un jour, certains songèrent que cela constituait un gaspillage de fleurs pour une sortie occasionnelle et décidèrent de peindre les fleurs plutôt que de les arracher à leur environnement.

C’est à Sarchi, que se trouve encore la fabrique originale de ces carrettas, où l’on peut s’en procurer, ainsi que diverses tables et autres objets décoratifs de bois savamment ciselé pour la maison.

En passant par la grande ville : incontournables et curiosités

San Jose, Avenue Centrale. Voilà une large rue entièrement piétonne, traversant 10 intersections, bordée de boutiques en tous genres, dont la magnifique et historique Poste centrale.

À voir absolument : le marché intérieur authentique et suave. De la bouffe à l’électronique, en passant par les herbes médicinales dont certaines procurent de la chance, des statuettes représentant des enfants s’enlevant une épine du pied pour aider à chasser les problèmes, un «soda» hyper-occupé et une crèmerie qui, depuis des lustres, prépare un sorbet vanille/cannelle nature ou avec gelée de cerise : une seule saveur depuis des décennies, gaiement servie par des passionnés qui y travaillent depuis des lustres.

San Jose, c’est aussi une grande ville moderne de services privés et publics, comme en voit partout en Amérique centrale et en Amérique du sud. Soulignons que beaucoup d’efforts sont consacrés par l’administration municipale très dynamique afin que les gens s’approprient leur centre-ville à pied ou à vélo, qu’ils n’y viennent pas juste pour travailler et retourner dormir dans leurs banlieues, mais bien pour y vivre, faire leurs emplettes, assister à des spectacles, etc.

À San Jose toujours, le Musée d’art costaricain est aménagé dans l’ancien aéroport de style colonial espagnol. On y admire des œuvres de toutes les époques et contemporaines. À l’étage, une magnifique grande salle, dont les murs sont entièrement recouverts de bas-reliefs. On termine la visite en arpentant le grand jardin de sculptures monumentales.

Le Théâtre National affiche la plus belle architecture du Costa Rica. Construit en 1897, il a survécu aux tremblements de terre et aux éruptions volcaniques.

Trois quartiers près du centre-ville - Amon, Otoya et Aranjuez – valent bien quelques heures de marche pour découvrir de très jolies anciennes maisons de bois, transformées en cafés, restos, couettes et cafés ou hôtels boutiques, dont le Hemingway Inn.

Surprises : Une école en métal rose, créée au départ pour former des secrétaires, devenue par la suite une école régulière. Plus loin, un édifice ayant la forme d’un gros château jaune, est en fait une ancienne prison transformée en …. musée des enfants.

De San Jose vers les volcans

Cartago se veut la première colonie espagnole, l’une des principales villes du Costa Rica et sa capitale religieuse, où des millions de gens vont chaque année, en pèlerinage à pied jusqu’à la Basilique de la Vierge des Anges.

Cartago, qui compte de très nombreuses autres jolies églises érigées dans des jardins et sur des places publiques, est aussi une banlieue de San Jose, très bien équipée.

En circulant, on remarque des maisons unifamiliales tantôt modestes tantôt luxueuses, toutes colorées et à un étage, pour se protéger des tremblements de terre fréquents, mais de peu d’amplitude. Elles sont toutes grillagées, car le fer à une certaine époque constituait un signe de richesse, en plus de jouer un rôle protecteur.

Des banlieues huppées

Avec leurs luxueuses maisons, des banlieues font l’envie des populations locales et des visiteurs : Santa Eduviges et Escazu, qui a de plus une vue panoramique époustouflante sur San Jose; et le très chic quartier des ambassades, dont celle du Vatican.

Climat très changeant

Selon l’heure du jour et l’altitude, la température varie beaucoup. C’est donc dire que la valise doit tout prévoir. C’est généralement très ensoleillé, mais la pluie est souvent très soudaine et drue : on a à peine le temps de se couvrir de l’imper caché au fond du sac à dos. Même en juillet, il faut prévoir chandail et pantalon chaud, si l’on compte se rendre en montagne.

On se régale

La cuisine costaricaine est très copieuse, matin, midi et soir : beaucoup de viandes et de haricots, 130 sortes d’avocats… des fraises, des ananas, des bananes et des melons d’eau à profusion, et un fruit hybride de la tangerine et du citron, donc «sweet & sour», comme on dit.

Beaucoup de «sodas», sorte de bistros offrant petits-déjeuners et menus du jour faits maison, ouverts du matin jusqu’à 17h00.
On ajoute à presque toute salade, riz et nachos, la très délicieuse sauce Lizano, composée de moutarde, origan, coriandre, chili et cumin.

Au restaurant Dona Lela, on a goûté : jus de fraise et de guanabana avec ou sans lait, la guacamole, et le chifrijo : un mijoté de porc, fèves, tomates fraîches, oignons, avocat, coriandre.
Chez Mi Tiera, on a savouré le ceviche de poisson, «regardé» la langue de vache cuite avec champignons et tomates.

Au restaurant Mirador Tiquicia (surnom du Costa Rica), on a apprécié les boules de yucca au fromage, la chayote aux épices, et la soupe à la crème de noix de palme.

Chez Sofia, l’Enyucados est une grosse croquette de manioc à la viande, chipotle et oignons caramélisés. De vrais délices que ces crevettes à la mangue verte arrosée de lait de coco au curry. Et décadent, ce gros poivron rouge farci aux cœurs de palmier, avec crème, brocoli, sauce aux fèves noires et fromage fondu.

Chez Tramonti, le bresaola, plat de fines tranches de bœuf séché, avec parmesan et roquette était sublime.

Enfin, le dessert de prédilection, un peu partout : le «tres leches», ce qui inclut les trois types de laits : condensé, évaporé et régulier aromatisés au rhum et à la noix de muscade, versés sur un gâteau blanc moelleux surmonté de crème fouettée.

Ce qu’on boit? Rhum, café et cacao…!

Au Costa Rica, et partout dans le monde, on célèbre le rhum brun de marque Centenario, mais surtout, évidemment, le café et le cacao. On visite les plantations de café comme d’autres visitent des vignobles. Avec Trapiche Tours, on y apprend les secrets de leur culture, de leur cueillette à la main, de la préparation avec différents équipements traditionnels comme des moulins, des tris mécaniques et des roues à eau, et on y déguste les différents types.

Pour terminer, on s’émerveille devant la cafetière traditionnelle faite de bois et de tissu. Et on fabrique même notre propre tire chaude avec le jus de canne à sucre.

Les hôtels où l’espace n’est jamais un problème

Hôtel Balmoral, à San Jose : tout confort contemporain, toutes facilités modernes dans la chambre, wifi gratuit, appels interurbains gratuits vers les États-Unis, resto fréquenté par les hôtes et les gens d’affaires locaux.

Fonda Vela, à Monteverde : c’est un Quaker du Canada, qui a construit cet hôtel-restaurant bien coté. Les chambres sont de grandeur tout à fait démesurée, plafonds à 12 pieds, planchers et mobilier de bois précieux, avec larges fenêtres sur le jardin de sculptures à plusieurs niveaux. La piscine et le jacuzzi offrent l’intimité requise, même en extérieur. Le restaurant gastronomique procure une ambiance feutrée, devant un large foyer. Les murs sont ornés des peintures du proprio, Paul Smith. Enfin, la fabuleuse terrasse extérieure est aménagée pour profiter de la vue panoramique à toute heure du jour et de la nuit : l’endroit idéal pour l’apéro et le digestif.

Hotel Borinquen, à Rincon de la Vieja : des villas gigantesques avec vue panoramique du salon, et du bain tourbillon de la salle de bain, où l’on peut pratiquement faire du jogging tellement c’est grand. Mobilier luxueux, dont des divans de suède couleur lilas. Cuisinette toute équipée. C’est là que nous avons joui du fameux sauna naturel et des boues volcaniques décrits plus haut.

Hotel boutique Cala Luna, à Tamarindo : sur la Playa Langosta du Pacifique où les vagues sont propices au surf. Tout de beige et turquoise vêtu, tout y est bio, écolo, recyclé, et orienté sur le bien-être de la communauté, sans sacrifier le luxe du lieu dont le design est le reflet du bon goût des proprios italiens. Une belle aire extérieure recouverte accueille les adeptes de yoga et de cours de cuisine. Quant au spa, on peut s’y faire masser à l’extérieur et à la chandelle dès 5h30 du matin, en plein lever du soleil, tout en voyant s’éveiller les singes et les iguanes orange géantes.

Tout cela et tellement plus.

Sylvie Berthiaume

Nos remerciements à Dame Nature et aux humains qui savent si bien nous en faire profiter tout en la respectant. Merci aussi à notre guide spécialisé en sciences de la nature, Diego Vasquez, qui accompagne des groupes généraux ou spécialisés, ainsi qu’à l’Office du tourisme du Costa Rica.

Le quetzal

Quels paresseux!

Orchidée rare

Volcan Irazu

Beaucoup de vert

Au Rancho Naturalista, à l'aube

Cascade au Waterfals Garden La Paz

 

Carretta peinte à la main

Fiers porteurs de carretta

Maison de la Poste

Le Théâtre national

Dans un quartier huppé

Restaurant Chez Sofia

Au "soda" du coin

Belle allée 

Cafetière traditionnelle

Lobby de l'hôtel Balmoral

Hôtel boutique Cala Luna

Plage déserte du Cala Luna

Jardin du Fonda Vela

Villa dans les arbres au Borinquen

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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