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Chan Cham Perou

L'Italie du Nord   —    L’Italie évoque souvent Rome, Venise, la Sicile, pour ceux qui ont vu « Le Parrain », et pour les amateurs d’art, un peu Florence. 

Mais l’Italie du Nord, si l’on excepte Venise, est trop souvent ignorée des touristes nord-américains. Pourtant, c’est l’une des régions parmi les plus riches, non seulement de l’Italie, mais aussi de l’Union européenne, et des plus belles. Alors, parcourons le Piémont, la Ligurie, la Lombardie, la Vénétie jusqu’à la Toscane, où nous allons de surprise en surprise.

Arrivée en Lombardie

Nous abordons la région par Milan, sa capitale, ville de l’élégance et de la mode. Une promenade au cœur de la ville, nous faufilant entre trams anciens et modernes, autos et vespas, nous permet de découvrir le Dôme, chef-d’œuvre gothique avec ses sols aux incrustations de marbre noir, rouge et blanc et ses immenses et magnifiques vitraux illustrant l’Ancien et le Nouveau Testament. Aussi remarquable pour sa centaine de statues installées telles des sentinelles tout en haut de l’édifice, tout comme la Vierge à qui est dédiée cette cathédrale, et qui nous paraît bien minuscule vue d’en bas.

Après avoir traversé les jardins qui entourent le fameux Château Sforzesco, édifice massif près duquel trône un arc de triomphe construit pour Napoléon 1er - qui ne l’a d’ailleurs jamais emprunté - transformé depuis en arc de la paix, nous découvrons le fameux théâtre de La Scala, dont l’extérieur est plutôt modeste, contrairement à sa réputation. Remarquable pour son intérieur, dont son rideau de scène et son arrière-scène qui permet des changements de décors innombrables très rapidement, son acoustique exceptionnelle permet à 2 000 spectateurs à la fois d’apprécier le spectacle.

Un clin d’œil intéressant : face à La Scala, une banque de Milan déploie sur sa façade historique une large banderole sur laquelle on lit « Bring Back Our Girls », en réponse à l’enlèvement de jeunes femmes par le groupe Boko Haram.

Un peu plus loin, la galerie marchande Vittorio Emanuele, témoin extraordinaire de cette capitale de la mode, nous éblouit avec son architecture aux galeries vitrées et aux remarquables fresques murales où se côtoient les luxueuses boutiques Armani, Mercedez Benz, Alfa Roméo, Gucci, etc.

Région des lacs

La Lombardie est une région de contrastes occupée par les Alpes délimitant la frontière suisse et creusée par les superbes Lac de Côme, Lac de Garde et Lac Majeur.

Notre premier contact avec le Lac Majeur, qui s’étend sur 65 km, est Stresa, petite ville de villégiature aux ravissantes villas et luxuriants jardins qui bordent de petites rues tortueuses face aux Îles Borromées.

Départ en bateau pour une visite sur l’une de ces îles : l’isola Bella, la plus connue des trois. L’île est entièrement occupée par une gigantesque résidence baroque, celle de la famille Borromée, riches industriels de Milan, qui occupent encore l’étage de la résidence, et dont le rez-de-chaussée et le sous-sol, où se trouvent de nombreuses grottes sont transformés en musée.

De somptueux jardins en terrasse, où fleurit une végétation luxuriante grâce à l’humidité qui règne sur l’île et aux pluies fréquentes de la région, entourent ce palais où de nombreuses sculptures de marbre et des paons blancs ajoutent quelques notes claires dans toute cette verdure.

Un autre lac

On traverse la plaine lombarde, « La Serenissima », en direction du Lac de Garde, plus grand lac du pays avec ses 370 km carrés et lieu de villégiature avec ses villas luxueuses, ses thermes aux sources d'eau chaude et sulfureuse dont l’odeur ne trompe pas.

Sirmione

Arrêt dans la petite ville de Sirmione, ville fleurie où bougainvilliers et lauriers géants ornent les maisons, cafés, terrasses et nombreuses gelaterias. Nous goûterons ici l’une des meilleures gelato de notre voyage – attention: toujours rechercher les gelateria artisanales où on utilise de vrais fruits et non des poudres.

Elle est connue pour ses thermes, ce qui explique les nombreuses voitures de luxe qui doivent se partager les rues particulièrement étroites avec les piétons. Ces derniers sont là pour visiter La Rocca Staligieri, un beau château médiéval dont le pont levis original enjambe les douves, pour voir les ruines romaines d’une forteresse incendiée à la pointe de la péninsule, et pour tenter de photographier la maison jaune où a résidé La Callas.

Maderno

Autre petite bourgade où nous arrivons en bateau en admirant le grand nombre de cyprès pointus qui forment de véritables murs et font la renommée de la région. Une petite promenade le long du lac nous amène au cœur du village, sur la place centrale, où nous découvrons une belle église romane du 12e siècle.

Consacrée à Saint Andrew avec ses blocs de pierre polychrome, elle est remarquable pour les motifs iconographiques qui ornent le haut de ses colonnes : bêtes à queues et longues langues, sirène à deux queues entre des lions… Plusieurs petites chapelles à l’intérieur, dédiées à différents saints et saintes, dont Sainte Lucie, sont ornées de fresques datent des 15e, 16e et 17e siècles.

De Maderno, nous longeons la côte jusqu’à Limon sul Garda, traversant tour à tour de pittoresques petits villages.

Toscolano

Nous sommes ici dans la vallée du papier, connue pour ses papiers de qualité. Quelques-unes des anciennes usines sont toujours en opération, mais de nombreuses ont depuis été transformées en musées du papier. De jolies petites églises et de nombreux vestiges romains ponctuent une route sinueuse au paysage changeant où magnolias, cyprès, oliviers, lauriers et bougainvilliers poussent entre des vignobles où l’on concocte le célèbre Bardolino.

Gargnano

C’est ici que le gouvernement fasciste s’est installé entre 1943 et 1945 : témoin de cette époque, une magnifique résidence de la famille Mussolini, transformée depuis en hôtel de luxe. De nombreuses terrasses aux piliers de pierre, appelées « limonaies » car on y attache les citronniers en hiver, bordent la route. On tire de ces citrons le Limoncino, une liqueur servie en digestif, moins connue que le Limoncello.

Tignale

Nous sommes maintenant en hauteur, sur une colline qui nous offre un panorama extraordinaire sur le lac où glissent voiliers et adeptes du vol à voile. La route, qui suit une série de tunnels creusés à la main, est bordée d’oliviers : on y produit une huile d’olive de qualité remarquable.

Limon sul Garda

Ici, les « limonaies » ont été utilisées comme base de construction pour les magnifiques maisons de cette petite ville de bord de lac aux rues pentues et étroites. Histoire de ne pas faire mentir son nom, le citron est à l’honneur – crème de citron, savons, bonbons et bien entendu le Limoncino, que l’on savoure avec un café, relax, sur une pittoresque petite place au bord de l’eau. Ici les habitants, nous dit-on, ne souffrent pas d’un taux de cholestérol élevé : une protéine spéciale les en protégerait. Le citron y serait-il pour quelque chose? À explorer…

Torri del Benaco

Nous sommes maintenant sur la rive Est du Lac de Garde surnommée la Riviera de l’huile d’olive. Un arrêt nous permet de déguster les huiles d’olive de Paolo Bonomelli. Sur une ferme qui appartient à sa famille depuis les années 50, il produit avec ses 4 000 oliviers une huile d’olive biologique d’une qualité exceptionnelle commercialisée sous le nom de Ca’Rainene. Nous y avons dégusté quelques huiles qui vont de la Classico à La Garda, qui avec ses arômes d’amande, de basilic et de romarin et son goût légèrement épicé et un peu piquant nous a séduit.

En Vénétie

Après toute cette verdure et ce calme, nous revenons en zone urbaine, dans une magnifique ville médiévale entourée par 15 km de remparts qui ouvrent sur de nombreuses portes : Vérone.

Après Venise, c’est la ville la plus connue de la Vénétie grâce aux amours tragiques de Roméo et Juliette. Fondée par les militaires romains, elle recèle de nombreux monuments, dont un remarquable théâtre romain en demi-cercle aux portes de la vielle ville qui date de 25 ans av J.-C. On y admire aussi la forteresse Castelvecchi avec ses arcs romains sur les rives du fleuve Adige, l’église San Zeno, patron de la ville, construite au 12e siècle où brique et mortier alternent en couches successives, sa cathédrale et sa tour d’eau du 11e siècle, le marché de la Piazza Delle Erbe et, tout près, le célèbre balcon de Juliette où s’agglutinent des centaines de jeunes femmes qui affichent des messages d’amour aux murs.

Sur l’autre rive du fleuve, c’est la nouvelle ville, reconstruite après la Seconde Guerre Mondiale, avec ses nombreux édifices à l’architecture art déco des années 50.

Deux produits font la renommée de Vérone : le vin - on est ici dans la région du Valpolicella - et la pierre rose, blanche et jaune qui colorent les édifices de la ville.

Sur la Route du Prosecco

Trévise

Sur une route aux nombreuses collines plantées de vignobles où est principalement cultivé un cépage italien de raisin blanc, le Prosecco, nous découvrons la petite ville de Trévise. C’est presqu'un avant-goût de Venise, avec ses canaux étroits et les nombreux ponts qui les enjambent. Manifestement une ville amie des arts, nous tombons pile en pleine célébration d’une Fête annuelle des Arts. De remarquables sculptures trônent sur leurs socles un peu partout et les galeries d’art et performances s’annoncent abondamment à travers bouquets de ballons et rubans colorés tant sur la Piazza dei Signori, que sous les arcades de la rue Calmaggiore, artère principale de la ville où on ne peut manquer le très moderne siège social de Benetton.

Un peu plus loin, nous ferons un arrêt dans un vignoble familial qui produit un Prosecco, que n’aurait renié aucun pape ou empereur, ainsi que quelques autres vins bio remarquables avant de repartir pour la Sérénissime qui n’est qu’à une trentaine de minutes.

Venise

C’est en train que nous arrivons à Venise en débouchant sur son Grand Canal. Une longue promenade à travers un dédale de rues étroites nous mène sur la célèbre Place Saint-Marc, dominée par le Campanile et la Tour de l’Horloge. Incontournable : la visite de la Basilique avec ses fresques à la feuille d’or et aux murs de marbre, et du Palais des Doges, avec son Pont des Soupirs.

La place est encerclée par de longues galeries marchandes et bordée de quelques cafés aux serveurs stylés portant veston blanc et nœud papillon qui vous offrent un café pour 6 ou12 euros, selon que vous voulez de la musique ou non. L’un de ses plus célèbres cafés, le Café Florian, vous offre de savourer son incomparable chocolat chaud au rythme d’un quatuor au centre duquel une pianiste en toxedo s’exécute sur un piano à queue. Très classe!

Venise, c’est aussi un ballet de gondoles et de bateaux-taxis qui se croisent dans les canaux étroits sous ses 400 ponts, dont le célèbre Pont du Rialto, que nous aurons amplement le temps de parcourir dans les deux demi-journées de temps libre dont nous disposons.

Il faut monter à bord de l’un de ces vaporetti ou bateau-taxi pour parcourir le Grand Canal, de jour comme de nuit. De beaux palais privés qui portent presque tous le nom d’une famille jadis puissante témoignent de cinq siècles d’histoire. Plusieurs sont devenus musées et hôtels, mais quelques-uns semblent encore habités par quelques Vénitiens qui peuvent en assumer les coûts d’entretien qui, on s’en doute, doivent être plutôt salés!

De Venise, il faut rapporter au moins un masque pour se rappeler son célèbre Carnaval avec ses masques si typiques – même si on n’y a pas assisté, c’est presque une signature de la ville. On en trouve de tous prix et tous formats.

La visite d’un atelier de verre soufflé, autre spécialité locale, nous donne aussi un choix intéressant de produits de qualité tout aussi colorés les uns que les autres : bijoux, bibelots, vaisselle, verres, etc.

Murano

Un trajet de 10 minutes en vaporetto du quai Fondamenti nous amène dans cette petite île où artisans et grandes fabriques de verre offrent leurs créations et où d’impressionnantes sculptures en verre ornent les petites places. Presque un oasis de calme après Venise!

Le retour, toujours en vaporetto, en passant par le Lido, nous ramène Place Saint-Marc sous un inoubliable soleil couchant sur la lagune et la ville.

Ravenne

Sise sur la côte Adriatique, avec ses édifices paléochrétiens et ses monuments de style byzantin du Haut Moyen-Âge, Ravenne est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y retrouve le tombeau de Dante, auteur de la Divine Comédie, né à Florence.

Autour de sa Piazza del Popolo, ses maisons se déclinent aux couleurs du drapeau de la ville, une harmonie allant du rose au rouge, alors que piétons et vélos se partagent la place. On comprend rapidement qu’ici le vélo est roi avec ses pistes réservées partout et bien signalisées.
Il faut voir la Basilique San Vitale avec ses mosaïques extraordinaires. Composées de morceaux de verre brillant aux influences orientales, elles couvrent littéralement murs et plafonds dans un miroitement unique. Tout à côté, un remarquable mausolée construit vers 520 abrite le tombeau du Grand roi des Ostrogoths.

Vers la Toscane

Après une traversée de la chaîne des Apennins d'Émilie Romagne et de la Toscane, le décor se modifie et la couleur brun de Sienne, typique en Toscane, domine le paysage. Nous arrivons à Florence où nous passerons la nuit dans un vieux monastère converti en hôtel, tout en haut d’une colline, que nous quitterons tôt le lendemain matin pour nous rendre à Cinque Terre. Florence attendra un jour de plus!

Cinque Terre

À flanc de montagne, entre ciel et mer, s’égrène un chapelet de cinq villages aux maisons colorées où vivent 5 000 personnes: Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola, Riomaggiore.

Dans des paysages créés par l’Homme où poussent les vignes sur des murs à secs construits littéralement sur des falaises abruptes, Cinque Terre offre un véritable moment magique.

Les villages peuvent être parcourus à pied à travers un sentier balisé. On peut les découvrir de la côte en bateau, à partir du port de La Spezia si la température le permet, ou en empruntant un train qui fait la navette, ce que nous avons fait, un fort vent nous ayant empêché de nous rendre en bateau vers la petite île de Palmaria pour atteindre Portovenere. Cette dernière est une station balnéaire, située à l’extrémité d’une péninsule dans le Golfo dei Poeti.

Nous avons plutôt visité le plus populaire des villages, Monterosso, niché au cœur de collines plantées d’oliviers et de vignobles. Au 15e siècle, le village était défendu par 13 tours, il n’en reste plus que cinq aujourd’hui. Sa plage est aussi la plus grande des Cinque Terre.

Le train nous a ensuite ramené à La Spézia, où nous attendait notre autocar pour un retour vers Florence.

Et la fameuse cuisine…

En effet, nous avons quelque peu parlé des vins que nous avons dégustés avec grand plaisir tout au long du voyage, mais que dire de la cuisine? Sinon que nous avons beaucoup et bien mangé pendant tout le séjour.

Veau, poulet, poisson, ragoût, potages, rizotto, polenta, pizza et pâtes servies de mille façons, selon les régions, accompagnés d’huile d’olive de la Toscane et d’olives fraiches, sans oublier les fromages et les Dolce (dessert) qui se sont succédés en autant de menus succulents, auxquels personne ne pouvait résister. Inutile de dire que les nombreuses promenades prévues au programme étaient fort bienvenues!

Notre séjour s’est poursuivi avec Florence, Pise, Corciano, Pérouse, Assise, Pompéi, Sorrento, la Côte amalfitaine, Capri, Naples pour se terminer en point d’orgue à Rome. Mais cette partie du voyage fera l’objet d’un autre article. À suivre…

Christiane Théberge

Nous avons effectué ce fabuleux circuit avec un groupe de Voyages Traditours.

 


 

Château Sforzesco

Galerie Vittorio Emanuele

Isola Bella

Jardins du Palais Borromée

Sirmione

La Rocca Staligieri, Sirmione

Maison de La Callas

Mur de cyprès pointus

Eglise Saint Andrew, Maderno

À Tignale, le Lac de Garde

Limon sul Garda

Olivier à Torri del Benaco

Forteresse Castelvecchi, Verone

Théâtre romain, Vérone

Jeunes femmes à la Maison de Juliette

Trévise 

Sur le Grand Canal, Venise

Place Saint-Marc

Masques à Venise

Coucher de soleil à Venise

Sculpture de verre à Murano

 Photo de la bannière: Ponte Pietra, Vérone

 


 

 

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