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Chan Cham Perou

L'Indonésie

Micro coup d’œil sur l’archipel aux 17 000 îles. On entend souvent parler de Bali, de Lombok, de Flores, des îles Gili, de Komodo, des festivités sur les plages jusqu’aux petites heures du matin, etc. Notre objectif étant toujours d’éviter les trajets populaires, nous avons tenté de forger un itinéraire original, sans toutefois délaisser les incontournables et les passages obligés.

Ce voyage nous a permis de vivre une Indonésie différente de ce qu’on avait pu voir jusque-là dans les médias et dans les albums-photos, de découvrir une culture complexe, entre autres par sa diversité spirituelle, des paysages à couper le souffle, des gens particulièrement accueillants et intelligemment curieux, etc.

Villages javanais à vélo 

Nous avons d’abord fait une petite incursion dans la province de Java, à Borobudur, le temps de se poser après le long transport aérien (quelque 30 heures) et de s’acclimater à notre nouvel environnement. Et quel environnement! Un endroit tout indiqué pour entamer un périple dans l’archipel indonésien.

C’est d’abord à vélo que nous avons visité les villages, saluant écoliers et agriculteurs locaux, tout souriants, sur notre passage. C’est également à ce moment que nous avons entendu nos premiers «Hey Mister!» – salutation adressée autant aux hommes qu’aux femmes, une formule d’usage pour les Indonésiens voulant aborder un étranger – une délicatesse qui deviendra une musique à nos oreilles pour les semaines à venir. Puis défilaient les rizières d’un vert lime quasi inimaginable dans une chaleur équatoriale, bref, un instant zen sur deux roues qu’on ne peut oublier.

Le coquet hôtel Rumah Dharma fut notre havre de paix les premières nuits, un réel coup de cœur. De petits bungalows en retrait de la ville, construits à même une rizière, permettent de marcher sur les terres, sans jamais se lasser, côtoyant les habitants, dégustant des repas exquis, essayant maladroitement de planter du riz, etc. Bref, le calme, la douceur et un accueil chaleureux permettant de recharger nos batteries et de récupérer quelques fuseaux horaires à notre propre rythme.

Un passage à Borobudur conduit inévitablement à son temple, un des plus importants sites bouddhistes du monde. On dit de ce sanctuaire qu’il est l’un des plus beaux d’Asie du Sud-Est. Il procure une vue imprenable sur la nature environnante composée de rizières, de palmiers, de volcans, etc. Un monument impressionnant, usé par le temps, les désastres naturels, mais surtout par un nombre impressionnant de visiteurs.

Ceinture de feu, lampe au front

L’Indonésie est située sur la ceinture de feu du Pacifique. Plus vaste zone volcanique du monde, elle est donc la destination par excellence pour y découvrir ce type de géographie, et Java abrite plusieurs de ces cônes volcaniques. Nous avons donc gravi le Gunung Merapi, situé à Celo, non loin de Borobudur. Cette randonnée de nuit, éclairée à la lampe frontale, permet de mieux apprécier le lever du soleil une fois au sommet.

Malheureusement pour la population environnante, ce volcan est actif et se réveillera tôt ou tard. L’état du volcan nous a toutefois permis de vivre une expérience intéressante marquée, entre autres, par l’odeur du souffre, la vue par la cheminée, etc.

Après la descente du Gunung Merapi, nous avons pris la direction de Surubaya afin de nous envoler vers le paradis des Moluques. La route menant à cette ville est splendide et vaut le détour. Parsemée de villages qui s’adonnent à la culture par palliers dans les montagnes, on sent une agréable fraicheur, l’atmosphère y est détendue.

Java réserve une foule d’autres opportunités à saisir et de lieux à découvrir, mais voyager, c’est devoir faire des choix. Cap sur Les Moluques.

Les « îles aux épices » à moto

Reconnues anciennement pour leur marché de noix de muscade et de clous de girofle, les Moluques semblent oubliées du monde. Plus difficilement accessibles que les autres îles de l’Indonésie, elles sont une destination moins populaire. Raison de plus pour s’y installer, profiter de l’hospitalité sans égal de ses habitants, explorer ses récifs et découvrir ses plages paradisiaques avant que le tourisme ne s’empare de ce milieu encore préservé et naturel. On dit que les plus magnifiques plages de l’archipel indonésien s’y trouvent.

Voulant d’abord aller en direction des îles Banda afin de nous perdre dans les jardins de corail, mais contraints par les transports en cette période des Fêtes, nous voilà dans les Îles de Key. Une petite incursion en ville vaut le détour pour déguster une des nombreuses variétés de poisson, prendre le pouls du milieu urbain et faire quelques courses avant de s’évader dans un bungalow au bord de la plage pour quelques jours.

Partager le bateau d’un pêcheur, respirer l’air marin, prendre le large à la baignade ou en plongée, faire un pique-nique sur une des nombreuses îles désertes, simplement se détendre… c’est le loisir de choisir les Moluques.

Une « bonne » journée à motocyclette permet également de faire le tour de l’Île et de découvrir un univers fascinant : des changements de paysages – tantôt le bord de l’eau, tantôt la nature luxuriante – des gens sincèrement ravis de faire notre connaissance, des couleurs, des odeurs, des plages de sable d’un blanc pur. Mais attention : faites le plein dès que vous voyez un habitant vendre de l’essence, autrement cette journée de rêve pourrait s’avérer quelque peu différente…

Ce milieu idyllique a tous les attraits pour nous retenir, mais le voyage continue… Cap sur Sulawesi.

Sulawesi après le chaos, le dépaysement

Après un moment passé sur les îles de Key, la métropole Macassar (Sulawesi Sud) est un peu chaotique, quoique très charmante. La métropole s’est avérée un passage agréable nous permettant de profiter de bonnes tables et de séjourner dans un hébergement « urbain » (eau courante, air climatisé, etc.) afin de faire le plein d’énergie avant de continuer notre périple vers Tana Toraja.

Quelque 12 heures d’autobus plus tard, nous nous retrouvons dans une région plus dépaysante et traditionnelle, Tana Toraja. Basés plus précisément à Rantepao, nous voilà entourés de montagnes à déambuler dans le marché public découvrant les frais produits locaux, leurs couleurs et leurs odeurs, une nouvelle architecture avec les tongkonan, maison traditionnelle peinte et coiffée d’un toit en forme de buffle retroussé à chaque extrémité.

Autres mœurs de la région, les populaires cérémonies funéraires. Les familles Toraja accordent beaucoup d’importance à la mort et investissent temps et argent aux cérémonies des défunts. Sacrifices de buffles et de cochons, danses ancestrales, etc. ne sont que quelques-unes des pratiques de cette célébration. Plusieurs de ces cérémonies sont ouvertes au public, mais parfois, leur présence est réellement gênante…

Randonnée à partir de Rantepao

Rantepao est une excellente position pour découvrir la région. C’est d’ailleurs de cet endroit que nous avons entrepris une randonnée de quelques jours dans les montagnes des alentours. Accompagnés d’un guide, nous avons traversé des rizières disposées en terrasses, les plus belles que nous ayons eu l’occasion de voir durant ce voyage, et de loin. Une œuvre d’art, un travail d’une minutie et d’une rigueur époustouflante.

Nous avons fait la rencontre de paysans travaillant vigoureusement la terre en montagne avec leurs buffles, qui ne manquaient jamais de s’arrêter pour nous saluer et nous offrir leur plus beau sourire. Sans oublier les parfums, ceux de la citronnelle, de la muscade, etc. qui rendaient le moment encore plus intense. Notre nuit chez l’habitant fut également des plus exceptionnelles. Les mots nous manquent pour décrire l’expérience humaine vécue.

Puis nous avons marché à travers la forêt équatoriale qui présente ses majestueux bambous, parfois d’une dimension impressionnante, avant de retrouver Rantepao à nouveau afin de se diriger vers les îles Togian.

Sur et dans les flots de Togian

Après avoir fait un arrêt à Tentana, à une douzaine d’heures de Rantepao, nous voilà au port d’Ampana, attendant notre bateau afin de retrouver une île quasi déserte qui sera notre nid pour les prochains jours. Les récifs de corail, la nature vierge, les festins de poissons et de crustacés, le retour à la mer... le calme plat.

L’excursion des environs en bateau permet de découvrir les villages dressés sur les rives de petites îles, de pêcher avec des techniques inusitées, de plonger, de nous baigner dans un lac de méduses (énormément de méduses) non nocives pour l’Homme, de saluer les dauphins… la vie est bonne et paisible sur les îles Togian.

Quelques jours passèrent et un bateau nous amena à un port de l’autre côté de la baie. S’ensuivit un trajet qui mérite d’être fait éveillé afin d’en saisir les images, avant d’arriver à Gorontalo (Sulawesi Nord). Sans y faire un séjour élaboré, Gorontalo permet de revenir sur terre… et offre une foule de connexions pour continuer son périple.

Sulawesi offre des paysages à couper le souffle et il est plutôt difficile de tourner le dos à l’hospitalité de ses habitants, mais Bali nous attend…

Bali comme escale

Seminyak, Legia et Kuta, leurs hôtels, leurs clubs et leurs boutiques, n’ont été qu’un passage obligé puisque nous nous dirigions plus dans le sud de l’île, à Jimbaran. Nous y avons trouvé logis afin de nous éloigner de la grande porte d’entrée de Bali, plus peuplée et agitée par le tourisme de masse. Un peu fatigués par les transports et notre rythme des dernières semaines, Bali s’est avérée l’escale par excellence pour les derniers jours du voyage. Nous y avons déniché un hôtel confortable qui offrait une splendide cour intérieure avec piscine, pour faire changement de l’eau salée lors des grandes chaleurs, et offrant des soins corporels fort abordables, comme on en retrouve un peu partout à Bali.

Après un après-midi de détente, nous sommes allés prendre un verre dans un bar construit à même la côte balinaise, le Rock Bar, au AYANA Resort and Spa Bali (Jimbaran). Quoiqu’un peu dispendieux, le site est exceptionnel, surtout au coucher du soleil.

Surf à Bingin 

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons loué une motocyclette afin de découvrir les plages autour de Bingin et les fameux « spots » de surf le long de la côte. Inutile de vous dire que la péninsule de Bukit vit au rythme du vent, des vagues et du soleil. Cette belle journée s’est terminée par un excellent repas au Balique (Jimbaran), un coup de cœur culinaire. L’ambiance y est décontractée, la décoration soignée et la carte abordable pour la qualité du service et des plats. Inutile de vous dire que nous y avons soupé, puis dîné et, si la gêne ne nous avait pas retenus, nous y serions retournés.

Le voyage à motocyclette s’est poursuivi pendant quelques jours à la découverte de montagnes, de rizières et de la végétation tropicale dans l’Est de Bali. Ne s’aventure pas qui veut en motocyclette toutefois, mieux vaut avoir une certaine aisance de conduite dans ce coin de pays.

Yoga sur sable noir 

Il est bon de s’arrêter ici et là dans les magnifiques petits villages de Aas et Amed par exemple, et même d’y séjourner. Je recommande la charmante maison de retraite zen Meditasi (Aas), lieu de yoga et de méditation qui donne sur une plage de sable noir. On y mange bien et on y sert des thés et tisanes concoctés avec des herbes cultivées sur place. Ses bungalows sont magnifiques et construits de manière à profiter au maximum du paysage et des courants d’air provenant du large marin.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers les montagnes du centre et y avons admiré le Gunung Batur et son lac, puis nous avons mis le cap sur Ubud. On dit d’Ubud qu’elle est l’une des plus belles villes d’Indonésie, ce qui explique, en partie, son achalandage touristique. Zen et axée sur l’art et la culture, on peut assister à différentes prestations, découvrir des produits artisanaux ou profiter de moments de détente dans l’un des nombreux spas de la ville.

Pause avant le grand retour

Puis bref retour au bercail (Jimbaran) afin de déposer notre bécane, nous rafraîchir et récupérer nos sacs avant de prendre notre vol de retour à la maison. Malgré le fait que les îles de l’archipel soient accessibles en avion et en bateau, et qu’on puisse sillonner ces îles en autobus ou en véhicule, n’en demeure pas moins que le temps de transport est un facteur à ne pas négliger sur le temps total de son séjour en Indonésie, surtout lorsqu’on sort des sentiers battus. Pensez-y bien pour en profiter pleinement…

En marge des expériences relatées, nous avons évidemment accordé une attention particulière aux différents centres d’intérêt des régions et villes visitées, mais nous préférons nous garder de tout dévoiler afin de laisser planer un certain mystère pour les gens qui se verraient inspirés par cet itinéraire afin qu’ils puissent s’en forger un original, à leur tour.

L’Indonésie a tellement à offrir!

Véronique Lavoie


 


Temple à Borobudur


Borobudur

Borobudur

Moluques

Moluques, Île de Key

Moluques, Île de Key

Sulawesi, Îles Togian

Sulawesi, Îles Togian

Sulawesi, Îles Togian

Sulawesi, région de Tana Toraja

Sulawesi, région de Tana Toraja

Bali, restaurant Balique

Ubud

Crédits photos: Véronique Lavoie

 

 

 

 


 

 

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