Bannière
Envoyer Imprimer PDF

Tunisie

L'Europe centrale au gré du Danube

C’est le fleuve européen par excellence et l’un des plus longs. Majestueux, il s’étale avec langueur et façonne le paysage, tant urbain que rural, qui épouse ses courbes et ses fluctuations.

C’est en Allemagne qu’il prend sa source. Il traverse ensuite l’Autriche, effleure la République Tchèque, fait un détour par la Slovaquie, divise la Hongrie et la Croatie, arrose Belgrade en Serbie et une fois franchies les célèbres Portes de Fer, sert de frontière entre la Roumanie et la Bulgarie.

Il arrose quatre capitales : Vienne, Bratislava, Budapest et Belgrade.

Nous avons remonté son cours, de la Mer Noire jusqu’en Allemagne, où il rencontre les rivières Inn et Ilz, suivant ses méandres et avons été éblouis tour à tour par de bucoliques petits villages parsemant des paysages à couper le souffle et de fabuleuses capitales.

Bucarest en Roumanie 

Surnommée « le petit Paris » à cause de ses grandes artères jalonnées d'arbres, Bucarest a un beau centre ville où s’étalent, entre parcs et espaces verts, d’imposants édifices publics de style architecturaux variés et de somptueux palais, dont plusieurs sont classés au patrimoine mondial. Un arc de triomphe, qui copie celui de la Ville Lumière, vient appuyer la comparaison.

Une architecture plus contemporaine se développe après la chute du Communisme et la forte croissance économique ajoute des édifices de verre et d’acier, dont certains viennent même s’ajouter comme façades ou ailes à des bâtiments historiques avec des résultats intéressants.

À visiter : l’Église Stavropoleos, sur la colline, joyau de l'architecture roumaine avec ses colonnes élégantes et les divers médaillons qui ornent sa façade. Lieu de culte orthodoxe construit en 1724, l’église a été affectée par des séismes, mais on a réussi à conserver son style « Brâncoveanu » qui réunit quelques éléments byzantins intéressants.

À voir aussi : l'Athénée roumain, impressionnant bâtiment néoclassique, palais de la musique classique reconnu pour son acoustique parfaite. Avec son immense coupole, la fresque géante qui couvre le mur circulaire de la grande salle illustrant l’histoire de la Roumanie, son imposante entrée principale donnant sur un immense patio circulaire entouré de colonnades, la salle peut accueillir 700 mélomanes à la fois. Anecdote intéressante, il semble que les citoyens se soient véritablement appropriés le lieu puisque une souscription nationale à laquelle chaque citoyen était invité à donner une leu (monnaie locale) en a permis la construction.

L’histoire du pays qui a connu un régime totalitaire communiste installé par Nicolae Ceausescu est partout omniprésente.

D’abord on ne peut manquer de remarquer deux exemples de « gigantisme » construit sous les ordres de Ceausescu : le monumental Palais du peuple, maintenant connu comme le Palais du Parlement, et le Boulevard de l’Union, immense avenue qui traverse la ville, plus large que les Champs-Élysées et la plus longue avenue de l’Europe.

Ensuite, la grande Place de la révolution sur laquelle donne l’ancien siège du parti communiste. C’est là que Ceausescu a livré son dernier discours avant de prendre la fuite en hélicoptère en 1989. Cette place fut au cœur des combats qui ont mené à la fin de son régime. C’est maintenant une grande place publique ornée d’œuvres d’art moderne ainsi qu’une place commémorative avec un monument où sont inscrit les noms de tous les citoyens qui se sont fait tirer par les soldats lors de ces combats.

Mais les souvenirs de ces mauvaises périodes de l’histoire ne font pas long feu à Bucarest, où il ne faut pas oublier que Bucar signifie « joie ». Celle-ci revient rapidement autour de l’apéro national, la tuica (eau de vie de prune à 40 % d’alcool)!

En Bulgarie

Après un amarrage à Roussé, « ville de la musique » où plus de 70 % des résidants fréquentent l'opéra ou les concerts de musique classique, ce qui lui vaut cette réputation, nous nous dirigeons vers l’ancienne capitale de la Bulgarie, Veliko Tarnovo.

Cité royale fortifiée du 12e siècle, construite dans les hauteurs du Pré-Balkan avec à ses pieds la rivière Yantra, elle fut occupée par les Turcs pendant 5 siècles. Veliko Tarnovo est l'un des plus beaux villages de Bulgarie avec son cachet médiéval, ses églises et monastères.

Le village historique d’Arbanassi, tout à côté, nous accueille ensuite dans l’un des sept temples construits, élargis et décorés depuis le milieu du 16e siècle jusqu’à la fin du 18e: sa célèbre église de la Nativité du Christ qui date du 16e siècle.

Édifice bas, presque construit au ras du sol, en pierre, sans clocher, plus que discret à l’extérieur. Son intérieur est par contre éblouissant et remarquable, avec des murs intégralement recouverts de fresques. Peintes sur une période de cent ans, suivant les phases de construction d’agrandissement et de reconstruction de l’église, elles forment l’ensemble iconographique le plus riche du pays avec des centaines de scènes et quelques milliers de personnages. On y trouve tour à tour représentées plusieurs scènes de la vie de Marie, de Jésus et des personnages du Vieux et du Nouveau Testament réalisées dans des couleurs et dorures encore très vives.

La visite de ces deux villages nous aura permis de circuler entre champs de tournesols, de maïs et d’orge où les cigognes n’hésitent pas à élire résidence au haut des poteaux ou sur les toits et où une plante pousse obligatoirement dans tous les jardins : la vigne.

Sofia

Après avoir visité l’ancienne capitale de la Bulgarie, nous voici dans l’actuelle qui abrite 17 % de la population du pays, avec son million et demi d’habitants. Par contre, on nous dit que 70 % des Sofiotes ont conservé de petites maisons de campagne qui datent de l’époque communiste.

Traversée par de grandes artères, avec ses nombreux jardins publics et parcs ornés de sculptures et monuments et aux buvettes accueillantes, ses musées et lieux de culture, Sofia assume fièrement son rôle de capitale vivante et vibrante.

La ville a aussi un patrimoine religieux remarquable. D’un seul coup d’œil, on peut d’ailleurs apercevoir quatre exemples de ce patrimoine à partir d’une des grandes artères du centre-ville : cathédrale, basilique, mosquée et synagogue.

Le plus imposant édifice religieux est la Cathédrale Alexandre Nevski. Plus vaste cathédrale du monde orthodoxe, de style néo- byzantin avec ses coupoles recouvertes de feuilles d’or et sa crypte qui abrite un magnifique musée de l'icône, c’est l’un des plus majestueux bâtiments de la ville. À voir sans faute!

La basilique Sainte-Sophie en brique rouge, dont la capitale tire son nom, est une réplique de la fameuse Sainte-Sophie d’Istanbul, et a tour à tour été transformée en mosquée, puis en église orthodoxe.

La mosquée Bania Bachi construite au 16e siècle est l’une des plus anciennes d’Europe. Avec la synagogue de Sofia et  la petite église russe Saint-Nicolas, qui date du 13e siècle, avec ses coupoles dorées, sont également des édifices remarquables.

Un arrêt au Musée national d’archéologie, installé dans une mosquée du 15e siècle, permet d’admirer quelques-uns des 55 000 objets, tombeaux et trésors qui constituent sa collection, dont des bijoux d'un raffinement exquis qui datent de l’époque des Thraces.

À travers les Portes de Fer

Exceptionnellement, notre journée entière sera consacrée à la navigation à travers ce que l’on appelle « les Portes de Fer ». Il s’agit en fait d’une gorge du Danube, sorte de canyon creusé il y a 5 millions d’années et qui constitue une partie de la frontière entre la Serbie et le nord de la Roumanie. À cet endroit, le fleuve sépare les chaînes de montagnes des Carpates en Roumanie, et les Balkans en Serbie.

Le défilé des Portes de fer s’étend sur 135 km et la largeur du fleuve y varie de 2 km à 100 mètres par endroit. On y traverse deux écluses impressionnantes, dont l’une de 34 mètres de profondeur et de 310 mètres de longueur. De nombreuses légendes se rattachent à cet extraordinaire tronçon du fleuve, connu comme le plus difficile et dangereux, avant la construction de ces écluses et barrages.

Sur la rive serbe, on y rencontre la Table de Trajan, inscriptions sur la pierre destinée à rappeler la campagne de l’empereur Trajan contre les Thraces en 103 de notre ère et la statue du roi Dace Decebal, son adversaire, elle aussi façonnée dans la pierre de la montagne sur la rive roumaine.

L’église de Mraconia, première église orthodoxe que nous verrons en Roumanie, la caverne de Veterani et les Roches de Greben, connus sous le nom de « rochers du diable », en raison du danger qu’elles représentaient dans l’étroit passage avant qu’une parcelle des rochers ne soit dynamités pour ouvrir le canal, sont aussi quelques points d’intérêt de cette journée de navigation où les clics des caméras seront parfois incessants.

Côté Serbie, quelques petits villages aux toits rouges se nichent à travers une végétation abondante et le creux des montagnes, alors que la côte roumaine nous offre des paysages plus industriels.

C’est une journée magnifique sous le soleil avec une température avoisinant les 26 degrés.

Belgrade, la ville blanche

Dès notre entrée en ville, nous ne pouvons que remarquer les traces encore visibles laissées sur de nombreux bâtiments par les 78 jours de la Guerre du Kosovo de 1999. Plusieurs édifices ont été depuis rasés ou reconstruits, mais quelques autres ont été conservés en l’état comme un témoignage de cette guerre. En fait, à cause de son emplacement stratégique, Belgrade a été touchée par pas moins d’une centaine de conflits et rasée plus de 44 fois.

Par contre, nous remarquons aussi les nombreux parcs et jardins publics et privés qui verdissent Belgrade, capitale de la Serbie, un héritage du règne de Tito, qui, nous dit-on, était un grand jardinier. Ces jardins s’étalent au milieu d’une architecture très variée, moderne, Art nouveau où quelques gratte-ciel se détachent pour abriter la classe moyenne, alors que les gens plus aisés vivent toujours dans des villas à deux étages, blanches, beiges ou couleur pêche, au milieu de luxuriants jardins.

Nous traversons le square très animé de la République où se dresse fièrement, face au Théâtre national, construit sous le modèle de la célèbre Scala de Milan, le monument au Prince Mihailo. Celui-ci se fait d’ailleurs voler la vedette ces jours-ci par d’immenses reproductions de superhéros, tout ce qu’il y a de plus modernes, pour marquer un Festival du film fantastique qui se déroule en ville.

Une promenade rue Knez Mihailova, immense rue piétonne où se côtoient boutiques à la mode, bâtiments modernes en verre et chrome et de plus anciennes maisons roses et blanches bâties dans les années 1800 pour de riches familles, nous permet d’atteindre tout au bout de la rue, l’immense forteresse de Belgrade qui date du 3e siècle avant Jésus-Christ. Plusieurs fois détruite et reconstruite sur ses murs médiévaux, elle se dresse dans le magnifique et plus grand parc de Belgrade, le Kalemegdan. Le site offre une vue imprenable sur la ville ainsi que sur les deux rivières, la Sava et le Danube, qui se rencontrent à ses pieds.

L’église Saint-Sava, l’une des plus grandes églises orthodoxes au monde dont la construction a débuté en 1935 et n’est pas encore tout à fait terminée, car elle doit compter essentiellement sur des dons, vaut le détour. De style serbo-byzantin, sa coupole avec sa croix principale et ses quatre clochers sont bien visibles dans le paysage de Belgrade. Elle peut contenir jusqu’à 10 000 personnes debout – les églises orthodoxes ne contiennent pas de banc – dans un décor très sobre aux murs blancs (il est prévu que ces murs de marbre blancs soient ornés de mosaïques). Seule l’iconoclaste au centre du cœur tranche avec ses ors sur ces murs nus.

Tout à côté se trouve une petite église, comme une réplique miniature de Saint-Sava, dont les murs sont couverts de fresques intéressantes.

En Croatie

En fait, nous sommes en Slavonie, région un peu à l’est de la Croatie, à Vukovar.

Déjà, du bateau, nous pouvons apercevoir l’immense château d’eau de Vukovar – il contient 2 200 mètres cubes d’eau. Véritable témoin de l’histoire, toujours marqué par les bombardements avec son drapeau qui a été frappé plus de 600 fois pendant la bataille de Vukovar en 1991 et qui flotte toujours fièrement au sommet.

La petite ville, presque rasée lors du conflit et reconstruite depuis, abrite toujours Croates et Serbes qui vivent pour la plupart dans des quartiers séparés. Preuve qu’on a beau effacer les traces sur les bâtisses, elles sont plus durables chez les humains…

Nous ne pouvons venir à Vukovar sans visiter le cimetière qui commémore l’un des épisodes les plus sanglants du conflit yougoslave. Avec son monument central en forme de croix qui célèbre les victimes, toutes nationalités confondues, ses tombes individuelles et ses milliers de croix blanches pour les victimes non identifiées, c’est un lieu dédié aux 4 000 victimes de cette guerre qui a durée 87 jours en août 1991.

Après ce moment très émouvant, nous nous dirigeons vers Ilok, charmante cité médiévale et ville la plus orientale du pays.

En route, vignobles, champs de maïs, de blé et de betteraves côtoient de petites maisons aux couleurs pastel dans un paysage des plus bucolique.

On y produit les meilleurs vins de Slavonie, que nous ne manquerons certes pas de goûter avec quelques plats nationaux où le paprika est roi : ragoût de viande ou de poisson.

Inoubliable Budapest

Il faut le dire Budapest fut l'un des grands moments de notre voyage. Elle mérite tout à fait son surnom de « Perle du Danube ».

Tout d’abord pour la vue qu’elle nous offre du pont du bateau à notre arrivée en plein cœur de la ville, puisque le Danube la coupe littéralement en deux, avec Buda, la vieille ville construite au Moyen Âge sur la colline boisée et Pest, dans la plaine, deux fois plus grande, plus industrieuse, culturelle et animée.

Ensuite, pour ce que nous découvrirons plus avant dans Buda et Pest que nous visitions, il y a quelques années et dont nous avions gardé le souvenir d’une ville grise et triste, notamment avec ses édifices souillés par la pollution. La ville a depuis entrepris un vaste programme de ravalement et de nettoyage et elle est aujourd’hui étincelante et magnifique.

C’est aussi une ville aux 9 ponts, Danube oblige, tous différents et offrant autant de points de vue que l’on peut bien apprécier du bateau. 

Ensuite pour son animation, avec ses 2 millions d’habitants, Budapest regroupe le 1/5 de la population du pays. Avec sa circulation intense sur de grandes artères construites au 19e siècle, ses grands immeubles au style lourd si particulier, qui expriment à la fois la richesse et l’imagination fertile des bourgeois des siècles précédents, son réseau de transport en commun bien développé : autobus, tramway, trolleybus, métro, vélo en libre partage et son offre de transport gratuit pour les 65 ans et plus, c’est est une ville vibrante.

Avec sa vie nocturne, ses 550 cafés du 19e siècle, dont le plus célèbre est le café New York, et sa trentaine de bars, dont le plus connu est le Simpla, installés dans des ruines de bâtiments, comme autant de rappels qu’un bâtiment sur 4 a été touché par la guerre.

Quelques arrêts qui en valent la peine :

Du côté de Pest : Place des héros où le tombeau du soldat inconnu occupe la place centrale au milieu de statues imposantes et de musées; le colossal édifice du Parlement, avec son dôme de 96 m et ses coupoles, qui marque sensiblement le paysage urbain; son magnifique marché couvert avec ses toits d'étincelantes céramiques jaunes et vertes; la belle et étrange synagogue de Budapest avec ses deux minarets, qui mélange des éléments byzantins, arabes et classiques, en une présence un peu incongrue…

A Buda : la Colline du Château, avec l’énorme Château royal, ou églises, tout particulièrement la gracieuse Église Mathias, palais et palaces avec leur architecture, tour à tour, gothique, baroque ou contemporaine créent une unité surprenante.

Et surtout à ne pas oublier un autre point fort de Budapest : une ville d’eau parmi les plus grandes du monde avec sa centaine de sources thermales. Il faut visiter l’un de ses établissements thermaux. Pour notre part, nous avons choisi les immenses et délirants bâtiments rococo version 1990 des Bains Széchenyi, où dans une ambiance très fellinienne, nous avons profité tour à tour des bains intérieurs et extérieurs de différentes températures. Toute une expérience!

Comme si tout cela n’était pas suffisant, alors que nous appareillons en soirée pour quitter cette ville qui nous a ébloui, voilà qu’elle se surpasse encore dans une féerie de lumière et de sons, avec ses bâtiments illuminés de chaque côté de la rive, et les voix d’Andrea Boccelli et de Sarah Brightman qui nous accompagnent. Magique et inoubliable!

Vers la Slovaquie 

Après une matinée de navigation, nous atteignons Bratislava, la capitale et plus grande ville de la Slovaquie. Cité bâtie sur les contreforts des Petites Carpates, elle aussi est divisée en deux parties par le Danube. Sur la rive gauche, la vieille ville est blottie au pied de la colline du château, tandis que sur la rive droite s’étale un quartier plus moderne.

C’est tout d’abord vers le Château de Cerveny Kamen que nous nous dirigeons, attirés par cette vaste forteresse toute blanche qui se dresse sur son piton rocheux. Construite au 13e siècle, elle fut complètement reconstruite dans le style renaissance dans la première moitié du 16e par un homme d’affaires dont la fortune est due à l’exploitation du cuivre. Sa société fut l’un des plus grands producteurs et exportateurs de cuivre au monde. Les énormes entrepôts de la forteresse attestent de la dimension du commerce. L’un des plus beaux châteaux des Petites Carpates avec ses riches collections de meubles, vaisselle et œuvres d’art, on y vivait assurément dans un luxe inouï et dans des espaces si vastes que l’on peine à imaginer qu'une seule famille y vive.

De retour au centre ville, une promenade permet d’admirer l’abondance de musées, théâtres et autres institutions culturelles de Bratislava, amie des arts.

Vienne 

Une nuit de navigation nous amène en Autriche, à Vienne plus précisément.

Visite à pied dans le 1er arrondissement: le Ringstrasse, la rue la plus célèbre de la ville, qui fête d’ailleurs son 150e anniversaire cette année. L’un des plus beaux boulevards au monde, qui forme un anneau autour du centre historique, n’abrite pas seulement des merveilles de l'architecture, mais aussi de grands parcs et monuments. L'Opéra national, le Palais impérial, le Muséum d’Histoire naturelle, le Parlement, le Hofburg ou résidence d’hiver, l’Université, l’Hôtel de ville, dont la place accueille un festival du film musical jusqu’en septembre, et ses monuments commémoratifs, dont celui de Marie Thérèse et de Johann Strauss nous émerveillent tour à tour.

Le Museums Quartier (MQ), qui est l’un des dix plus grands centres culturels au monde établi dans les anciennes écuries impériales et qui offre pour tout l’été une programmation d’événements culturels tous plus variés les uns les autres, nous séduit.

La Cathédrale Saint-Étienne avec son « Steffel », sa tour sud haute de 137 mètres – où l’on peut d’ailleurs monter – et son imposante toiture aux tuiles polychromes rutilantes est l’un des emblèmes de la ville. De style gothique, elle tranche avec le quartier baroque au centre duquel elle se dresse. Mozart s’y est marié.

Dans les rues piétonnes autour de la cathédrale qui recèlent des trésors, nous découvrons entre autres, puisqu’il faut bien célébrer le café viennois, la célèbre pâtisserie Demel, fournisseur de la Cour impériale et le non moins célèbre Café Sacher, une institution connue dans le monde entier pour sa Sachertorte.

Le Château de Schönbrunn, construit en 1700, résidence d'été qui était destinée à éclipser Versailles par sa beauté et sa grandeur avec ses 1 441 pièces et ses jardins magnifiques que fit tracer Marie Thérèse, nous retient pour quelques heures. Ce palais, une illustration du triomphe du rococo sur le baroque, avec sa couleur ocre, fut le témoin de nombreux événements : Marie Thérèse y vécut jusqu’à son mariage avec Louis XVI; Mozart, âgé de 6 ans, y joue devant la Cour; Napoléon en fit son quartier général, son fils y mourut et le dernier empereur de Habsbourg y abdiqua en 1918. 

À Vienne, ville de la musique, impossible de ne pas consacrer une soirée à un concert de musique classique. Ce sera fait dans un bel édifice, le long de la rivière Vien, sous une étincelante pleine lune. C’est aussi dans ce quartier que nous avons admiré quelques beaux exemples d’architecture Art nouveau, notamment quelques édifices signés par Otto Wagner, l’architecte le plus célèbre de ce mouvement de modernisme.

De retour au quai, nous ne faisons qu’effleurer le Prater, cet immense quartier récréatif de Vienne, sans manquer d’admirer sa célèbre grande roue illuminée, érigée en 1897.

C’est avec un peu de regret que nous quittons cette ville si magnifique où nous aurions volontiers passé quelques jours de plus…

La Vallée de la Wachau

Nous poursuivons notre voyage sur le Danube traversant la Vallée de la Wachau. S’étendant sur 40 km, sa riche histoire et ses 5 000 monuments classés l’ont fait inscrire au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2000.

On y cultive des vins dans des vignobles en terrasses avec des murs en pierre sèche. Des vins blancs pour les trois-quarts de la production qui sont offerts en dégustation par de nombreux viticulteurs. Si vous voyez une étoile de paille à la porte d’un établissement, cela indique que vous y êtes bienvenus pour une dégustation de vin accompagné de quelques plats froids.

Un arrêt à Melk pour visiter son monastère bénédictin baroque et un autre à Durnstein, l’un des plus beaux villages de la vallée ceinturé de remparts avec son église bleue, unique, datant de 1740. C’est dans cette petite ville fortifiée que le roi Léopold V tint prisonnier Richard Cœur de Lion.

Au milieu de vignobles et de vergers d’abricots, une dégustation s’impose. Connue ici sous le nom de « marillen », nom dû aux épouses espagnoles des Habsbourg, l’abricot sert à confectionner une eau de vie délicieuse (40 % d’alcool) et recherchée. Avec les 100 000 abricotiers de la région, on ne risque pas d’en manquer.

En Bohême-du-sud 

Ici l’agriculture est reine. C’est donc à travers une route toute verte parsemée de champs entrecoupés de petits étangs dans lesquels on fait l’élevage de carpes (plat typique de Noël) que nous atteignons la ville de Cesky Krumlov, une ville remarquable de Bohême, en République tchèque. Une splendeur!

Un imposant château du 12e siècle domine la petite ville. On n'a pas lésiné sur de nombreux recours à des artifices pour simuler la richesse: peinture murales en trompe-l'oeil pour imiter les pierres et le faux marbre. Seule sa tour ronde atteste de son architecture médiévale d’origine, la majeure partie des bâtiments ayant été reconstruite dans les styles baroque et rococo.

Au pied du château, la petite ville médiévale, traversée d’étroites rues sinueuses aux maisons de styles gothique, renaissance et baroque, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992. Elle est aussi traversée par la Vitava, rivière où kayakistes et canoéistes s’en donnent à cœur joie.

Restaurants, brasseries (après tout nous sommes au pays de la Budweiser – la vraie, pas l’Américaine), boutiques, crêperies et glaciers se côtoient dans ses rues qui convergent vers une jolie place centrale. De nombreuses petites pensions de 4 à 5 chambres accueillent les millions de visiteurs qui visitent Cesky Krumlov chaque année. Ici, pas de grands hôtels.

La mère du célèbre peintre Egon Schiele y était née et il s’y installe pendant une dizaine d’années pour y peindre. La ville lui consacre d’ailleurs un musée.

En Bavière

Nous abordons la dernière partie de notre voyage qui se déroulera en Allemagne, laissant derrière nous le Danube avec une certaine nostalgie.

C’est dans la riche région de la Bavière que nous débarquons, l’une des plus belles régions d'Allemagne avec son cadre naturel parsemé de montagnes et de lacs.

La capitale régionale, Munich nous y attend.

Munich, c’est la ville des BMW et des AUDI qui y sont fabriquées et sont, il va sans dire, très nombreuses à sillonner ses grandes avenues, côtoyant d’ailleurs de véritables pelotons de cyclistes qui roulent à toute allure sur de véritables boulevards cyclistes.

La place centrale de Munich, place de l’hôtel de ville, avec son quartier piéton et ses boutiques de luxe, est très fréquentée à juste raison : elle est magnifique. En son centre, le nouvel hôtel de ville ainsi qu’une impressionnante cathédrale, la Frauenkirche, au carillon qui actionne de petits personnages et dont l’action est suivie par de multiples curieux.

Munich, c’est aussi la ville des brasseries. Bière, saucisses et choucroute y sont servies en abondance dans d’imposants établissements pouvant accueillir des centaines de consommateurs, pour qui on garde même parfois sous clé une chope marquée à leur nom.

Puisqu’on parle de saucisses, savez-vous pourquoi les saucisses en Bavière sont de la grosseur d’un doigt? On dit qu’elles devaient pouvoir passer par le trou de la serrure des établissements obligés de respecter des heures de fermeture et qui, bien entendu, récalcitrants, les faisaient passer clandestinement à leurs fidèles clients.

Füssen et ses châteaux

En route vers Stuttgart, nous faisons un arrêt dans un site absolument fabuleux qui abrite deux châteaux.

Le premier, le Hohenschwangau, moins connu, celui du père de Louis II de Bavière, et l’autre, le château le plus célèbre d’Allemagne, le château de Neuschwanstein, construit à la demande de Louis II, lui-même, au 19e siècle. La première pierre fut posée en 1869 et Louis s’y installa en 1884. Il n’en profita que quatre mois, avant d’être destitué et retrouvé mort noyé avec son psychiatre trois jours plus tard. Mort qui demeure toujours inexpliquée à ce jour.

Le château de style roman tardif, est situé sur un piton rocheux offrant une vue imprenable sur les montagnes du Tyrol. Il a d’ailleurs inspiré Walt Disney pour le « château de la Belle au bois dormant », devenu depuis le logo des Studios Disney.

Plus de 1 million de visiteurs se bousculent sur cet immense site chaque année pour y admirer le paysage romantique et y visiter quelques-unes des 200 pièces du château ouvertes au public.

Rothenberg

Autre arrêt dans une petite ville du 12e siècle, enfermée à l'intérieur d'épais remparts. Rothenberg a conservé son cachet de ville médiévale avec sa grande place centrale où trône un immense hôtel de ville avec son horloge animée, ses rues étroites, ses maisons à colombages et sa magnifique église.

Malgré le nombre de touristes qui y affluent chaque année, la ville semble toujours d’un autre âge. Ici aucun grand hôtel, seules de petites pensions ou maisons d'hôtes (où d’ailleurs la climatisation est une denrée rare). Nous y étions en pleine canicule avec un 40 degrés éprouvant, et malgré cela nous avons quand même beaucoup apprécié ce petit bijou de ville, c’est tout dire!

Retour vers le présent

Après ce voyage dans l’histoire, notre dernier jour se passe à Francfort, avec ses grues, partout présentes, qui démolissent et remplaçent sans arrêt des édifices, pas si vieillots, par des gratte-ciel des plus modernes rivalisant en beauté et en hauteur. Quel contraste que celle ville prospère, la 5e d'Allemagne, où on retrouve pas moins de 225 banques, avec les lieux historiques que nous venons d’explorer ces derniers jours!

En bref 

Cette croisière sur le Danube à bord du M/S Arosa Riva fut un véritable délice. Le bateau aux cabines confortables et au personnel attentionné, peut accueillir 200 passagers dans un cadre chaleureux, avec une fine cuisine, dirigée de main de maître par un chef Italien. Nous nous sommes régalés, à bord tout comme lors de nos escales dans les différents pays et régions!

Et nous avons adoré la formule qui consiste à naviguer la plupart du temps de nuit pour atteindre nos destinations, les capitales régionales et autres sites d’intérêt. Comme il est agréable d’arriver en plein cœur d’une ville telle que Budapest et de pouvoir quitter le bateau pour l’explorer à pied! Et sans avoir à refaire les bagages à chaque jour!

Sans compter les nuits bercées par les flots, les paysages fabuleux et changeants au fil de la navigation.

Un pur bonheur et certainement une expérience à refaire!

Christiane Théberge

Ce séjour a été effectué avec un groupe de Voyages Traditours qui offre ce circuit. 

Note: Notre croisière n’a pas été affectée par le trop bas niveau des eaux du Danube mais ces jours-ci, les croisières fluviales en sont touchées à divers degrés. Les annulations, changements d'itinéraires et transports par autocar pour compléter les croisières se multiplient. Puisqu'une forte pluie pourrait rapidement améliorer la situation, Il est conseillé de consulter les sites Web des opérateurs de croisière pour suivre l'évolution.


 


Église Stravropoleos, Bucarest

Palais du peuple, Bucarest


Place de la révolution, Bucarest

Vekiko Tarnovo, Bulgarie

Sofia

Église russe Saint-Nicolas, Sofia

Navigation à travers Les Portes de Fer

Tête de Decebal

Eglise de Mraconia

Édifice montrant les traces du conflit du Kosova, Belgrade

Forteresse de Belgrade et le Kalemegdan

Église Saint-Sava, Belgrade

Château d'eau de Vukovar

Cimetière commémoratif

Place des Héros, Budapest

Parlement, Budapest

Bains Széchenyi, Budapest

Budapest la nuit

Château de Cerveny Kamen

Arrivée à Vienne

Cathédrale Saint-Étienne

Université de Vienne

Vallée de la Wachau

Vignobles dans la Wachau

Abbaye de Melk

Église bleue de Durnstein

Cesky Krumlov

Tour du château de Cesky Krumlov

En Bavière

Munich

Carillon animé de la Frauenkirche

Château de Neuschwanstein

Rothenberg

Frankfort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour