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Split 

Concentré d’histoire et de joie de vivre

Dans cette capitale de la Dalmatie centrale, en Croatie, presque tout converge et se concentre au Palais de Dioclétien, cet empereur romain qui s’y est retiré il y a 1 710 ans, pour profiter de la vue directe sur l’indigo de la mer Adriatique.

Dioclétien avait auparavant été simple soldat de cette province, romaine à l’époque. Comme empereur, il est connu pour la consolidation des frontières de l’empire, la dissociation de l’administration militaire et civile, la codification du système financier, fiscal et monétaire et, la beaucoup moins glorieuse, persécution des Chrétiens.

Le monument vivant

Déjà à l’époque de Dioclétien, le palais n’était pas qu’un palais. C’était à la fois un château fortifié, un camp militaire, un ensemble de villégiature luxueuse, la villa impériale. 

En quelque sorte, une petite ville rectangulaire, formée de quatre grandes portes d’entrée que l’on appelle Nord-Sud-Est-Ouest ou Or-Bronze-Argent-Fer, de deux grandes rues principales, d’une multitude de petites rues, ruelles et escaliers de pierre et de marbre, d’édifices à deux ou 3 étages, et de temples.

Le tout rejoignait un majestueux péristyle – grande cour à ciel ouvert entouré d’une colonnade et de marches monumentales – où chaque midi, l’empereur venait saluer au balcon le peuple qui devait lui démontrer sa vénération comme «fils vivant de Jupiter». Puis, on y a érigé son mausolée. 

Hyper-vivant aujourd’hui

Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis plus de 30 ans, le Palais se veut le centre historique et touristique de la ville. 

Il comporte trois musées antiques, mais tout le reste du Palais, admirablement bien conservé (petits édifices, rues, ruelles, etc.) est littéralement envahi de boutiques, restaurants, bars et terrasses, aussi bien traditionnels que très à la mode. 

Un véritable labyrinthe, où il vaut mieux trouver que chercher. Du moins, les trois premiers jours!

Son péristyle est tout aussi achalandé de nos jours qu’à l’époque de l’empereur : on y trouve café, bar à vin, musiciens, soldats romains prenant des photos avec les touristes, etc.

Dans l’antre du Palais, on compte encore 1 000 résidants permanents qui, dans plusieurs cas durant la haute saison, louent leurs logements typiques à des touristes. À Split, on trouve en effet beaucoup plus de chambres d’hôtes et de petits studios à louer que d’hôtels, même petits.

D’aucuns considèrent que le Palais est la proie du tourisme de masse et qu’il risque de disparaître… Un ex-maire s’est déjà posé la question à savoir s’il faudrait convertir cette attraction touristique en musée… Il s’est vite fait rabrouer par la population qui veut que le Palais continue d’être ce qu’il a toujours été : fréquenté et utilisé par le peuple au quotidien.

Legs croates

Après avoir côtoyé la grande histoire du Palais, voici quelques unes des petites histoires divertissantes que l’on aime entendre lorsqu’on est en vacances.

La cravate, tire son origine de la Croatie. Si, si : il y a plusieurs centaines d’années, une jeune femme entoura d’un ruban le cou de son amoureux qui partait à la guerre, pour lui signifier et lui rappeler qu’elle l’attendra pour l’épouser à son retour. Ce signe a rapidement été imité par d’autres amoureux croates. Puis, les Français ont vu cela chez les Croates et se sont mis à porter des rubans, à la ville, qualifiant cette mode «à la croate», et la prononciation s’est transformée en «cravate»,

Et, bien sûr, les chiens dalmatiens, viennent de Dalmatie, donc de Croatie.

Curiosités ici et là

On trouve dans le Palais, des traces égyptiennes vieilles de 3 500 ans, comme ces gigantesques colonnes et ce sphinx, trésors récoltés lors de victoires guerrières. 

Le Palais a aussi eu sa période française, qui n’a duré que 7 ans : on peut entre autres voir les traces de boîtes aux lettres creusées dans la pierre de certaines façades, et des fontaines décoratives où l’eau est toujours potable.

C’est dans le Palais qu’a été filmé Game of Thrones.

Split : très chaleureuse

Bref, on va à Split pour manger et boire – très bien et à petit prix - sur des centaines de petites terrasses admirablement décorées – tout en marchant littéralement dans les pas de Dioclétien, sur le marbre blanc et lisse.

En plein soleil, en pleine chaleur (en été, généralement dans les 30 degrés, mais cet été dans les 40 degrés!), et sur La Riva, rue faisant front à la vaste marina et l’Adriatique, toujours aussi scintillante, surtout dans le rose du coucher de soleil.

Fait admirable : les Croates sont très énergiques, efficaces et affables envers les touristes, malgré le très chaud climat.

Pour les touristes, le conseil n’est pas futile : vêtements ultra légers, voire diaphanes, éventails et bouteilles d’eau à la main en permanence.

www.visitsplit.com

Sylvie Berthiaume

Visite faite à l'invitation de l'Office de tourisme de Split

Palais de Dioclétien

Péristyle

Fontaine française

Petite rue de Split

Des terrasses modernes aussi

 

 

 

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