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LAURENT LUCAS
Nomadisme, action, contraste et aventure sont les mots qui viennent le plus souvent à la bouche de l’acteur Laurent Lucas quand il évoque les voyages qu’il a faits et qu’il entend faire. C’est aussi ce qui semble guider en partie sa vie puisque la majorité des 40 films auxquels  il a déjà prêté son talent, son image et sa voix ont été tournés en Europe,  alors que sa vie amoureuse et familiale se déroule au Québec.

Très tôt on lui a confié des premiers rôles de ténébreux aux côtés, entre autres, des Charlotte Gainsbourg, Sylvie Testud, Charlotte Rampling et Carole Laure, ou des Sergi Lopez, Fabrice Luchini, André Dussolier et Jean Dujardin. Très tôt aussi, il a eu la piqûre des voyages qu’il résume avec exubérance, en employant des images fortes. Bon visionnement…

Euphoria – Quelle destination a constitué pour vous un voyage personnel vraiment euphorique?
Laurent Lucas –  Le Péloponnèse, en Grèce, à pied, lorsque j’avais à peine 21 ans et que j’étudiais et  travaillais en théâtre. Avec un ami architecte, j’ai marché d’un pas des plus inspirés sur les traces d’Homère, de Sophocle, d’Eschyle et d’Euripide, d’un site antique à l’autre.  Ce qui m’a beaucoup frappé et fait réfléchir, c’est la différence de vision entre les guides qui nous ont accompagné : l’un, à Pausanias, nous parlait de la perte d’intérêt de ces lieux; l’autre, dans une carrière de marbre de la même région, affirmait et démontrait exactement le contraire.

Euphoria –Quel voyage dans le cadre de votre travail s’est avéré le plus marquant?

Laurent Lucas – À Aruda, en Syrie, le long de l’Euphrate, dans lequel on ne manquait jamais une occasion de se baigner, même au lever du soleil, tout juste avant de débuter nos journées de tournage. Cela nous plaçait littéralement en communion avec les habitants de la région. Tous à la même heure, les bergers montaient sur la colline rejoindre leurs troupeaux; les femmes se rendaient cueillir le coton dans les champs; les pêcheurs lançaient leurs filets dans l’Euphrate et nous, acteurs et artisans de cinéma, nous apprêtions à camper des personnages, à raconter des histoires.

Euphoria – Quel film vous a donné envie de visiter une ville ou un pays parce que vous avez vu ce film?
Laurent Lucas – Tous les films de Yasujiro Ozu sur le Japon, et en particulier sur Tokyo. Il a montré avec génie le contraste et la confrontation entre la jeunesse et la vieillesse, entre la modernité qui  prend sa place et la tradition qui se fragilise.

Alaska - Laurent Lucas
Alaska

Euphoria – Si vous produisiez un film mettant en vedette un endroit euphorique, ce serait lequel?
Laurent Lucas –  Les étendues de glace du Grand Nord. À cause du caractère majestueux du paysage, de la dureté du climat, de ses peuples si différents de nous. Aussi parce que le fait de travailler dans un lieu inconfortable constitue, en plus, un véritable défi.

Euphoria – Que recherchez-vous la plupart du temps lorsque vous faites un voyage d’évasion?
Laurent Lucas –  Le nomadisme. Non seulement, je veux changer de pays, mais aussi de ville, de région, de lieu, de paysage, et ce, chaque jour.  Lorsqu’on est chez soi, on est un peu comme un lion en cage : on voit toujours les mêmes gens, les mêmes décors, les mêmes édifices, les mêmes rues, les mêmes situations de la vie quotidienne. Quand je pars en voyage, je ne veux pas reproduire la même chose ailleurs. J’adore également le rythme que le nomadisme donne à l’expérience.

Euphoria – Quel voyage rêvez-vous de faire?
Laurent Lucas – Remonter l’Amazone, du Brésil jusqu'à Iquitos, en passant par le Pérou, sur 6 500 kilomètres, puis à haute altitude. L’Amazone dans toute son immensité et sa complexité : de son déversement dans l’océan atlantique à sa source dans les Andes. En bateau à moteur d’abord, puis par petits bateaux et même en chaloupe, en faisant du portage. Un voyage très physique, très difficile qui nécessitera une équipe aguerrie. La grande aventure, quoi! Le voyage est déjà imaginé et même planifié en détails sous plusieurs aspects. Ne reste qu’à avoir le temps de le réaliser! 

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume

 

 

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