Bannière
Envoyer Imprimer PDF
Patrick Bureau

La vieille Havane   
L'inscription de La Havane au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO date de 1982. Elle porte spécifiquement sur le Centre historique de la ville et les différentes composantes de son système défensif qui se retrouvent à différents endroits du tissu urbain.

Historiquement, l’importance de La Havane découle de la localisation exceptionnelle de sa baie qui en fit une étape obligée de la route maritime entre le Nouveau Monde et l’Espagne. Point de ralliement des flottes chargées de trésors en provenance du Mexique et du Pérou, La Havane a dû mettre l’accent sur sa protection militaire.

 

Photo: Cour intérieure utilisée comme galerie d’art

Système défensif pour contrer les attaques de pirates

Principale escale pour les navires en route vers l’Espagne chargés des richesses du Nouveau Monde, La Havane attirait les pirates qui sillonnaient la mer des Caraïbes dès 1550. L’important réseau d’installations défensives qui sert à protéger La Havane, son port et son chantier naval, a été érigé entre le XVIe et le XIXe siècle.

Le Castillo de la Real Fuerza, construit entre 1558 et 1577 afin de mieux protéger la ville après que le corsaire français Jacques de Sores ait mis La Havane à feu et à sang en 1555, est considéré comme la plus vieille forteresse coloniale encore en place en Amérique.

Le Castillo de los Tres Reyes del Morro et le Castillo de San Salvador de la Punta ont, par la suite, été érigés pour consolider le système défensif de l’entrée de la baie. En 1762, Le Morro joua un rôle fondamental dans la défense de la ville, quand celle-ci fut assiégée par plus de 50 navires anglais.

La vieille ville de La Havane

Fondée par les Espagnols en 1519, la vieille ville de La Havane, dont les limites correspondent au tracé des anciennes fortifications, présente un mélange harmonieux de monuments baroques et néo-classiques. Ces bâtiments sont mis en valeur par des édifices construits dans un style plus traditionnel, d’où le sentiment général de continuité historique et architecturale qui se dégage de la vieille ville. Son charme repose également sur ses nombreuses maisons ornées de balcons, d’arcades, de grilles en fer forgé et de vitraux.

Le cadre urbain d’origine de La Havane, avec ses cinq grandes places dont chacune possède un caractère architectural propre, a été sauvegardé grâce à la clairvoyance de ses dirigeants successifs. Plutôt que d’éradiquer tout symbole de colonialisme, le gouvernement de Fidel Castro a choisi de récupérer et d’adapter le cadre bâti aux besoins d’un idéal révolutionnaire. Ainsi, certaines demeures luxueuses ont été récupérées pour y loger écoles ou encore orphelinats.

Le tourisme au service de la restauration

L’Oficina del Historiador (Office de l’Historien) de la ville est l’organisation chargée de la renaissance de la capitale cubaine. Les forces du temps ont ravagé les matériaux d’origine (plâtres, bois, métaux, verre) et, en général, seules les façades des anciennes constructions sont restées relativement intactes. Tous les efforts sont présentement déployés pour leur redonner toute leur splendeur, en accord avec les fonds disponibles qui s’avèrent largement insuffisants.

Fondée en 1994, la Société Touristique Habaguanex, qui fait partie du Bureau de l’Historien de la Ville de La Havane, possède de vieilles maisons coloniales rénovées et d’autres bâtiments de grande valeur architecturale, culturelle et historique. Ainsi, cette chaîne hôtelière peut offrir un produit historico-culturel des plus intéressant avec du logement dans des édifices uniques. Les revenus de l’entreprise sont réinvestis pour restaurer le centre historique de la ville et pour améliorer les conditions de vie de la population locale.

Un exemple de restauration réussie est celui de la Plaza Vieja qui avait été transformée en stationnement souterrain dans les années 1940. Cette place a retrouvé toute sa splendeur, entre autres, grâce à l’installation d’une réplique de la fontaine originelle qui avait été enlevée. Cette magnifique place est entourée de bâtiments à arcades de différents styles qui couvrent quatre siècles. La Casa del Conde Jaruco avec ses magnifiques vitraux est un très bel exemple de demeure datant du XVIIIe siècle.

Christiane Lefebvre


Suggestion de lecture

Les Brumes du passé, Leonardo Padura, traduit de l’espagnol par Elena Zayas, Éditions Métailié.

Un polar qui se déroule à La Havane. Mario Conde, policier à la retraite qui gagne sa vie en achetant et en revendant des livres anciens, va découvrir la voix mystérieuse d’une ancienne chanteuse de boléro. Envouté, il tentera de découvrir les circonstances de sa disparition dans les années cinquante. Mais ceci n’est qu’un prétexte pour plonger le lecteur dans une époque mythique de Cuba, tout en alternant des chapitres qui dénoncent les conditions de vie précaire et misérable qui sévissent actuellement dans l’île.

 

Le Castillo de la Real Fuerza

Le Castillo de la Punta

Plaza de la Catedral 

Palacio de los Marqueses de Aguas Claras (XVIIIe) qui abrite un bar-restaurant,
Plaza de la Catedra

Casa del Conde Jaruco, Plaza Vieja

Lonja del Comercio bâtie au début du XXe siècle, Plaza de San Francisco  

 

 

 

 

 

Retour