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Patrick Bureau

San Gimignano   
Petite ville de 7 800 habitants, San Gimignano est située à 56 km au sud de Florence en Italie. Sa silhouette est unique, avec ses nombreuses maisons-tours et sa position dominante, très haut perchée au sommet d’une colline.

San Gimignano est considérée comme une des cités fortifiées les plus pittoresques de Toscane. Cette réputation repose sur son ambiance féodale qui transporte le visiteur dans le temps.

Ancien village étrusque, la cité tient son nom de Saint Gimignano, évêque de Modène qui aurait sauvé la ville des Barbares. Au Moyen Âge, en raison de son implantation dans le Val d’Elsa, la ville était un important point de relais pour les pèlerins qui se rendaient à Rome, ou en revenaient par la Via Francigena.

 

 

Un peu d’histoire

En 1199, San Gimignano obtient son indépendance et connaît une période de prospérité qui durera jusqu’en 1353, date de sa soumission à Florence.

La double enceinte est construite en 1262; elle sera renforcée par la suite de cinq tours cylindrique.

Le Centre historique s’est développée autour de deux places principales : la Piazza della Cisterna, de plan triangulaire et ornée en son centre d’un beau puits de 1273, et la Piazza Duomo, datant de la fin du XIIIe siècle et qui comporte la majorité des monuments publics et privés d’intérêt historiques de la ville.

Chefs d'oeuvre de l'art italien 

C’est en raison des chefs-d’œuvre de l’art italien des XIVe et XVe siècles qu’il recèle, ces derniers préservés dans leur lieu d’origine, que le Centre historique de San Gimignano a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1990. 

La cathédrale romane de San Gimignano, qui date du XIIe siècle, mieux connue sous le nom de Collegiata Santa Maria Assunta ou Duomo de San Gimignano, est située sur la Piazza Duomo, comme son nom l’indique. Sa façade précédée d’une belle volée de marches est relativement sobre. Mais ne vous y fiez pas, l’intérieur recèle de véritables trésors d’art religieux!

De nombreuses fresques revêtent la quasi-totalité des murs de la cathédrale. Les plus importantes seraient celles du Jugement dernier avec le Ciel et l’Enfer de Taddeo di Bartolo (1393), le Martyre de saint Sébastien de Benozzo Gozzoli (1465) et, surtout, les admirables fresques de Domenico Ghirlandaio, dont le cycle de sainte Fine (1475) et l’Annonciation du baptistère (1482).

Témoignage exceptionnel du Moyen Âge italien

Le Centre historique a conservé son homogénéité architecturale et son schéma urbain d’origine, ce qui constitue une autre valeur universelle du site soulignée par le Comité du patrimoine mondial.

La visite de la ville fortifiée permet d’appréhender l’organisation spatiale d’une ville du Moyen Âge italien. En effet, dans un périmètre restreint, on retrouve toutes les structures caractéristiques de la vie urbaine de l’époque : des palais nobiliaires richement décorés, des églises romanes, des tours et des maisons-tours, des places, des puits et des fontaines.

San Gimignano n’a pas développé un style architectural propre. Les édifices qui sont situés à l’intérieur d’une double muraille sont représentatifs de l’architecture médiévale qui fut influencée par les styles de Florence, de Sienne et de Pise du XIIe au XIVe siècle.

Le Palazzo Publico ou Palais du peuple date du XIIIe siècle. Les fresques commandées au peintre Memmo di Filippuccio pour décorer la Camara del Podestà ont été reproduites maintes fois pour illustrer la vie quotidienne au début du XIVe siècle. Certaines vont même jusqu’à évoquer les joies du mariage en représentant des époux nus au bain et au lit.

La tour du Palazzo Publico est légèrement penchée pour augmenter l’effet de verticalité; il s’agit de la plus grande tour de la ville avec ses 54 mètres de hauteur. Il vaut la peine de grimper les 154 marches qui mènent au sommet pour profiter d’une vue spectaculaire sur la ville et la campagne environnante.

Les tours-maisons symbole de richesse et de puissance

Le nom complet de la commune est San Gimignao « delle belle Torri ». On dit qu’au XIIe siècle, la ville pouvait s’enorgueillir de 72 tours, une pour chaque famille suffisamment riche pour se permettre de construire ce symbole de puissance et de richesse. L’émulation ayant fait le reste, les plus hautes pouvaient atteindre les 50 mètres de hauteur.

Au fil du temps, plusieurs tours ont disparu; les quatorze qui subsistent encore témoignent de cette importante période historique.

 
Christiane Lefebvre

Source : http://whc.unesco.org/fr/list/550, site consulté en avril 2017.

 

 

Piazza della Cisterna

Piazza Duomo 

Tour cylindrique 

Obséques de Santa Fina, Ghirlandaio

Maison-tour fortifiée 

 

 

 

 

 

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