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Patrick Bureau

Sur les traces de la civilisation Chimú

Le royaume Chimú connut son apogée au XVe siècle, peu avant de succomber à la puissance Inca. Sa capitale, Chan Chan, établie dans la vallée fluviale jadis fertile de Moche ou Santa Catalina, dans le nord du Pérou, était la plus grande ville à l’architecture en terre de l’Amérique précolombienne.

Situé à 5 km de Trujillo, l’immense site qui couvre une vingtaine de kilomètres carrés, fut conquis par les Incas en 1460 et abandonné avant l’arrivée des Espagnols. Cette cité de terre, construite en pisé (argile séchée au soleil et mélangée avec de la paille, dont on fait des briques dites "briques crues"), est composée de citadelles ou palais rectangulaires aux hautes murailles.

 

  

Une organisation sociale étonnante

Les ruines de cette vaste cité reflètent dans leur tracé une organisation politique et sociale rigoureuse avec un cloisonnement en neuf citadelles ou palais comme autant d’unités indépendantes.

Autour de ces neuf ensembles étaient aménagés trente-deux immenses enclos et quatre secteurs de production consacrés aux activités de tissage, de travail du bois et des métaux.

À l’intérieur de ces unités se dressent des temples, des habitations, des entrepôts, mais aussi des réservoirs et des plateformes funéraires.

Un lieu de culte important

Chan Chan est aussi un immense lieu de culte, ce qui explique les nombreuses salles de cérémonie, chambres mortuaires, temples et autels dédiés aux sacrifices ainsi que les immenses réservoirs destinés à conserver les offrandes nécessaires aux cérémonies. Ici, le culte à la Lune, appelé Si, occupe une place importante. Contrairement aux Incas, les Chimú considéraient la Lune comme une divinité plus puissante que le Soleil, car visible pendant le jour et la nuit.

On dit que la ville desservait environ 100 000 habitants, ce qui en faisait la plus importante de l’Amérique précolombienne.

Ses murailles sont gravées de représentations réalistes ou stylisées, de poissons, de pélicans, de filets de pêche. Il est clair que les Chimú ont une préférence pour les motifs maritimes, qui s’explique probablement à la fois par la proximité de l’océan Pacifique et par le fait que les rivières Moche et Chicama alimentaient alors un système d’irrigation complexe avec un canal de 80 kilomètres de long qui desservait la région de Chan Chan à l’apogée de la civilisation Chimú.

Au Patrimoine mondial de l’UNESCO

Comme le mentionne l’UNESCO, « Chan Chan apporte un témoignage unique et est la ville la plus représentative du royaume Chimú disparu, où s’expriment et sont synthétisés onze mille ans d’évolution culturelle dans le nord du Pérou. L’ensemble architectural intègre de façon inédite l’architecture symbolique et sacrée avec les connaissances technologiques illustrés avec ses systèmes industriel, agricole et de gestion de l’eau et l’adaptation au milieu originel. »

À ne pas manquer dans le nord du Pérou!

Christiane Théberge

Source et autres sites à consulter pour plus d’information :http://whc.unesco.org/fr/documents/120764/

 

 

 

 

 

 

 

 

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