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La Chine - Là où tout est vaste, immense, grisant, impressionnant, l’ancien comme le nouveau; là où 38 sites naturels et culturels sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO; là où des mégalopoles ultra modernes et des centaines de gratte-ciel d’affaires et d’habitations ont été érigés à la vitesse de l’éclair, en seulement une vingtaine d’années; là où des milliers d’Occidentaux voyagent et travaillent dorénavant; là où, conséquemment, le choc des générations et des cultures est étourdissant.

Après avoir pris, en 18 jours, 10 avions, 17 navettes, 3 bateaux, 1 train, 2 chameaux, 1 radeau de bambou, 1 rickshaw et des dizaines de taxis, ce n’est pas de Beijing ou de Shanghai et de leurs monuments que nous avons le plus envie de parler ici – ce qui n’enlève rien à leur splendeur, déjà célébrée par tous les guides de voyage. Aussi urbains que nous soyons, c’est plutôt notre appréciation de lieux naturels saisissants, de petits coins ravissants et de moments suaves que nous voulons partager.

Mais, les découvertes se pointant à chaque instant et à chaque pas en Chine, par où commencer…? Allons-y d’instinct, donc dans l’ordre où les souvenirs les plus marquants nous viennent à l’esprit.

Sur la Route de la Soie : Dunhuang

Ferveur de Mogao

On n’associe généralement pas la Chine à un désert et à des chameaux. C’est qu’on ne se rappelle pas de la fameuse Route de la Soie, étudiée dans notre adolescence déjà lointaine. Dunhuang, située dans la province de Gansu, au nord-ouest, nous a d’abord attiré par ses fameuses Grottes de Mogao. Ce sont près de 500 temples privés, creusés dans le roc entre le IVe et le XIVe siècle, qui mettent en scène des sculptures, des peintures et des fresques représentant les mille bouddhas, des bodhisattvas, des gardiens célestes, des apsaras volant avec grâce autour d’eux, ainsi que des images de donateurs pouvant mesurer seulement quelques centimètres ou des dizaines de mètres. C’est aussi dans une de ces grottes, la no. 17, que l’on a découvert 50 000 manuscrits et œuvres bouddhistes, un autre trésor parmi les innombrables que recèle la Chine.

Douces Mingsha

Mogao se trouve adossé aux Collines de Mingsha, dans le désert de Gobi. Ces collines sont en fait des dunes que l’on attaque d’abord nerveusement, puis langoureusement, à dos de chameau, pendant une bonne heure, pour atteindre la cime la plus haute, à 600 mètres. Après en avoir gravi les derniers 50 mètres à pied, en ayant vraiment l’impression que l’on tombera à la renverse tellement la pente est abrupte, la récompense est telle qu’on s’agenouille pour l’accueillir : un coucher de soleil magistral.

Au pied de ces dunes, un autre épisode de béatitude : le lac du Croissant de lune, dans une oasis toute mignonne, arborant en son centre un joli pavillon. Et on savoure le moment, à l’ombre, en sirotant un thé sucré aux fruits séchés.

À l’aventure…

Dans le désert, on peut également entreprendre, pour un ou plusieurs jours, des expéditions guidées et bien équipées avec la jeep, le matériel de trekking, le vélo et comprenant le coucher sous la tente ainsi qu’un méchoui.

Ces expéditions partent souvent d’un hôtel tout à fait digne de mention : le Silk Road Dunhuang Hôtel. Pour son architecture et son décor d’une luxueuse sobriété parfaitement harmonisée au désert, et pour sa magnifique terrasse sur le toit, où l’on est constamment attiré, non seulement par les repas et les apéros, mais surtout par sa vue sur les dunes ondoyantes, sa douce musique chinoise et le chant de vrais coucous.

Notre séjour fut bref à Dunhuang : deux jours seulement, toutefois déterminants. Lors d’un autre voyage, c’est la Route de la Soie tout entière que nous voudrions parcourir, incluant Turpan, Urümqi et Jiayuguan, dans la portion chinoise.

La Rivière Li et la Reed Flute Cave : envoûtantes

À l’autre extrémité du pays, au sud donc, tout près des petites villes voisines de Guilin et Yangshuo, deux beautés naturelles aux formes ahurissantes vous attendent au détour…
Pendant une croisière de quatre heures sur la Rivière Li, dont la sinuosité permet d’admirer sous tous leurs angles les pics montagneux qui se comptent par centaines, on rencontre des dizaines de pêcheurs sur radeaux de bambous et leurs complices, les cormorans. Ce n’est pas une simple image de carte postale, c’est encore ainsi que plusieurs paysans pêchent sur une base quotidienne, même aujourd’hui, le long des rives où les forêts touffues de bambous débordent.

Le soir venu, chaque soir depuis plus de 5 ans, le spectacle «Impressions» orchestré par Zhang Yimo, reconnu notamment pour avoir dirigé la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Beijing, dévoile toute la magie de la Rivière Li et la détermination du peuple chinois. Sur une superficie aquatique de 2 kilomètres, avec 12 montagnes en fond de scène, 600 artistes, paysans, pêcheurs, et même des animaux, participent à ce spectacle de son-lumière-danse-chant grandiose.

Pour avoir le vertige devant le faste et le caractère incongru de la nature : la Reed Flute Cave. Il n’existe tout simplement pas assez de mots pour décrire les centaines de motifs sculptés par la nature elle-même dans ces stalactites et ces stalagmites. Si l’on veut observer vraiment en détail ces chefs-d’œuvre, pour être encore plus ébahi, il faut compter au moins une demi-journée.
Tout le monde peut visiter cette grotte sans craindre de se blesser ou de ressentir les effets de la claustrophobie. D’abord parce qu’elle est incroyablement vaste, et parce qu’elle est «apprivoisée» dans le sens où l’on y circule aisément grâce à des marches et des sentiers aménagés avec des pierres plates. De plus, un système d’éclairage étudié est particulièrement efficace, tantôt avec des couleurs vives qui font beaucoup d’effet, tantôt avec des lueurs plus naturelles que certains préféreront.

L’impératrice Cixi au Palais d’été : un vie épique et un tableau légendaire!

Un peu à l’extérieur de Beijing, le Palais d’été de l’impératrice Cixi se veut plein de charmes, en soi, comme son environnement. L’histoire de la vie privée, publique et politique de l’impératrice Cixi, dont le Palais d’été était le lieu de prédilection est à lire : un vrai roman! Cixi était une concubine devenue l’impératrice qui a eu l’un des plus longs et puissants règnes de Chine. Ce qu’il y a aussi de très intéressant à voir au Palais d’été est son grand portrait peint en 1905 par l’artiste néerlandais Hubert Vos, et entièrement restauré par une équipe de spécialistes hollandais en 2007. Ce portrait remarquable, commandé par l’impératrice elle-même la montrait, à sa demande expresse, plusieurs décennies plus jeune qu’elle ne l’était en réalité.

Le Quartier 798, à Beijing

Les aficionados d’art, surtout d’art contemporain, sont comblés en passant au moins une journée entière dans «le Quartier 798», où près de 100 galeries présentant des artistes chinois et étrangers de renom sont établies. Ils seront tout aussi heureux de passer la soirée dans l’un ou l’autre des nombreux restaurants et bars branchés.

Whuzen : surréaliste

À l’opposé de la modernité, dans le très ancien petit village de Whuzen, vivent encore 10 000 personnes, surtout très âgées, qui n’ont pas voulu le quitter, malgré les milliers de touristes qui le visitent tous les jours. Heureusement pour eux : les touristes doivent quitter en fin d’après-midi… Mise à part la vie au quotidien, on y visite un atelier de batik bleu et blanc, et une fabrique d’alcool de riz à 52 %... Les jolies maisons bordent un courant d’eau cachant beaucoup de serpents, mais les Chinois ont rivalisé de ruse en construisant des pilotis carrés sur lesquels les serpents ne peuvent monter! Cela dit, pour éviter le plus possible les hordes de touristes, il vaut mieux y aller un jour de semaine, très tôt le matin.

La Chine ancienne entièrement reconstituée: ne passez pas outre

À Shanghai, dans la Tour de la Perle, ce qui est à notre avis plus intéressant encore que le panorama de la ville, c’est son musée qui peut presque passer incognito, au rez-de-chaussée. Or, il faut vraiment y passer quelques heures pour admirer la Chine traditionnelle, reconstituée grandeur nature : maisons, fermes, boutiques, salon d’opium, fabriques, etc. Le réalisme des personnages de cire est incroyable et l’incorporation de quelques éléments de haute technologie se fait tout en finesse. C’est ce qu’on appelle «réalisé avec brio».

La maison de thé de Malraux

On peut aussi revivre une période de l’histoire de Shanghai en se mettant dans l’ambiance du quartier français, tout en participant à une cérémonie du thé dans le salon que fréquentait Malraux. C’est certainement aussi un lieu où l’on doit prendre son temps pour apprendre toute la «science» du thé, ainsi que des théières et fonctions des différents types de contenants, gobelets et tasses. Un très beau moment, un très beau lieu.

L’Expo de Shanghai, bien sûr!... avec beaucoup de patience

Prévoir au moins trois jours si vous voulez voir ne serait-ce qu’une dizaine de pavillons, sur les 200 … qui y sont érigés. À voir absolument, résumés en un mot : United Kingdom = Génie; Espagne = Émotion; Chine = Majesté; Canada = Créativité.

Fontaines créatives à Xi’an et Hangzhou

Les Chinois sont reconnus pour l’art des feux d’artifice. Ils sont aussi passés maîtres dans l’animation de places publiques et de plans d’eaux par des spectacles alliant jets de fontaines et musique. À Xi’an et à Hangzhou, entre autres, c’est tous les soirs que des centaines, voire des milliers, de résidants et de touristes s’abreuvent de beauté et de grâce.

Les classiques, assurément incontournables

La Citée interdite et la Place Tian'anmen, La Grande Muraille, près de Beijing, et les Soldats de terre cuite, à Xi’an : que vous y alliez avec un guide-chauffeur-navette-privés ou en groupe autocar, attendez-vous à y voir aussi des milliers de touristes. Pour la Muraille, il vaut mieux être averti qu’une bonne forme physique est requise, car il y a énormément de marches à monter. Pour les Soldats de terre cuite, assurez-vous d’obtenir une dédicace et une photo avec l’un des fermiers qui ont découvert cette merveille du monde en 1974 : il y en a toujours un à la boutique!

Toujours en tête

Un voyage de la sorte, au cœur d’une autre culture – on devrait plutôt dire de deux cultures, l’une traditionnelle et l’autre en plein bouillonnement - avec un programme intense qui tient du kaléidoscope, fait littéralement exploser l’adrénaline. Le choc est réel au retour, décuplé par la brutalité du combat contre le décalage horaire. Un mois plus tard, les images continuent de déferler… Et alors, que l’on s’était dit qu’il était temps de revenir puisqu’on en avait assez vu, on se surprend à en vouloir encore!

Sylvie Berthiaume

Une partie de ce voyage a été défrayée par Air Canada, Tours Hai et Radio-Canada.

 

Grottes de Mogao

Collines de Mingsha et lac du Croissant de lune

Rivière Li

Reed Flute Cave

Suzhou, "La Petite Venise"

Vieux Shanghai

Chinoiseries au marché de Xi'an

Photos: Xiao Quan, Wang Ting et Nancy Petry

 

 

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