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Londres

Une immersion culturelle à Londres - Les Londoniens, qui ne sortent jamais sans parapluie, vous diront spontanément que septembre et octobre sont les plus beaux mois de l’année, avec beaucoup de soleil et peu de pluie. Tuyau  bienvenu  et à retenir, même si on se rend à Londres pour une virée dans les musées, galeries, théâtres, salles de concerts, pubs et restaurants. Car Londres se pratique admirablement à pied et en «tube», nom affectueux donné au métro.

On a beau se préparer un programme minutieusement, presque religieusement, avec les merveilleux guides culturels hebdomadaires ou saisonniers Time Out, avant de s’y rendre pour  être sûr de voir en une semaine ou deux le meilleur de toutes les disciplines artistiques - un peu de classique, beaucoup de contemporain, un brin d’underground - il y a de quoi se saoûler et ne plus savoir où donner de la tête.

Mais qu’est-ce qui incite donc Londres à cette boulimie de création, de programmation et de consommation artistique? Grand bien nous fasse, évidemment. Mais on se retrouve comme un enfant dans un gigantesque magasin de bonbons, avec le droit de n’en choisir que quelques-uns.

« À Londres aussi, on fait comme les Londoniens »

Une foix notre choix arrêté sur une pièce de théâtre, il ne faut pas se laisser arrêter non plus par un Sold out. Si « À Rome, on fait comme les Romains », « À Londres aussi, il faut faire comme les Londoniens » : on se rend audit théâtre, une heure avant la représentation, on fait la queue, et on parvient presque assurément à récupérer les places d’un couple retenu ailleurs pour raison valable, parfois à prix réduit.

C’est ce qu’on a réussi au Old Vic, dont le nouveau directeur artistique est l’acteur américain Kevin Spacey, et qui foule parfois les planches. Mais c’est comme ça pour tous les théâtres, classiques, contemporains et fringes, les plus reconnus comme le Chocolate Factory, le Almeida, le National, le Royal Court, le Hampstead, le Bush, le Trafalgar Studios, le Coliseum, le Cockpit et le Globe, réplique du théâtre original de Shakespeare.

Puissante présence avec éloquence

Les arts visuels s’affichent et s’illustrent avec force, partout à Londres. Par exemple, Marc Quinn utilise son propre sang pour remplir la forme transparente de son visage, tous les cinq ans, et exposer Self, dans une vitrine réfrigérée au National Portrait Gallery.

La Saatchi Gallery et les artistes chinois Sun Yuan et Peng Yu en ont fait sourciller plus d’un l’année dernière avec l’installation de chefs politiques et religieux, d’un réalisme effrayant à l’article de la mort, déambulant sans contrôle en fauteuils roulants électriques, comme les autos tamponneuses des parcs d’attractions. Les adultes les regardaient pour la plupart, avec horreur à distance de la mezzanine, mais les étudiantes s'amusaient à courir entre les chefs d’État ainsi présentés hors d’usage. Mais trève d’images choquantes.

Il y a de quoi assouvir ses besoins de nourriture visuelle contemporaine aussi bien au White Cube, à la White Chapel Gallery, et à la Serpentine Gallery, qu’à l’amusante Rickshaw Gallery, située au coin d’une ruelle et où l'on a été attiré par le son incongru, mais non moins langoureux, d’un saxophone.

Est-il nécessaire de dire que le Tate Britain et le Tate Modern sont des "must"?

Art de rue et rues d’art

Le bouillonnement visuel se découvre pas à pas en participant aux Street Art Tours dans East London. Quant aux bulles de champagne servies dans les vernissages, on les aspire en faisant la tournée des galeries côte à côte, sur les rues Cork, Clifford, Bond et Green Park.

Films en rafales, concerts d’éloges

Les programmations du British Film Institute et des cinémas indépendants The Barbican et Riverside Studios  sont tout simplement étourdissantes.

Il en est de même, souvent gratuitement, pour les concerts classiques donnés au Cadogan HallSt. John’s, Smith Square et à l’église St. Martin in the Fields.

Êtes-vous pub, bar, ou salon de thé?

On ne se trompe pas en choisissant de manger son fish & chips au classique Washington Pub ou en s’adonnant au tasting & matching de bières et de bouchées du White Horse, sur Parsons Greene. On a aussi un plaisir fou dans les Pub Quizzes comme "Let’s get quizzical" au Social, et "Sounds familiar" au Concrete Space.

La nouveauté dans le paysage urbain de Londres, ce sont les pop-up bars, comme le Frank’s Campari Bar, qui s’établissent dans de grands lieux publics abandonnés du type stationnement à étages, qui opèrent le temps d’un été, puis disparaissent, pour que d’autres s’ouvrent ailleurs pour attirer d’autres clientèles.

Si on veut prendre l’afternoon tea, aussi bien prendre l’authentique, là où la tradition s’est créée il y a 140 ans : au Palm Court de l’hôtel Langham.

L’originalité jusque sur les papilles, carnivores et végétariennes

Si l’air de la Tamise vous donne du courage, vous irez au Archipelago, goûter du crocodile, du zèbre, du paon, du kangourou et, pourquoi pas, des scorpions au chocolat.

Les végétariens sont renversés par la soupe aux figues du Manna, et par les plats indiens du Sagar.

Pour flâner, chiner, admirer

Il faut marcher dans Little Venice pour ses péniches et ses saules pleureurs, dans Camden Market pour sa faune et ses boutiques bigarrées, dans Covent Garden pour son marché aux puces grand chic et ses boutiques un peu guindées, en mangeant un Pastie, sorte de chausson à la viande, au fromage ou aux légumes.

Si vous passez près du Gherkin, ce surprenant gratte-ciel, siège social de la compagnie Swiss Re, surnommé ainsi parce qu’il a la forme d’un cornichon, vous serez certes ébahi mais jamais autant qu’après avoir visionné le film sur ce joyau architectural, intitulé "Building the Gherkin" : un excellent suspense où l’on constate, tantôt en souriant, tantôt en ayant la chair-de-poule, tous les enjeux de la nature humaine, de l’art et de la technologie… entremêlés. De la haute-voltige.

On a tous un groupie en soi

Et pour finir en beauté et en nostalgie, faisons donc un grand détour, à 8 h du matin, pour aller se faire photographier, traversant comme les Beatles, la toujours aussi mythique et fréquentée Abbey Road…, comme des dizaines d’autres fans de tous âges et de tous les pays le font encore, 40 ans plus tard!

Voilà, c’était un petit tour, disons d’hélicoptère, au-dessus d’une partie ô combien infime de la vie culturelle et gastronomique foisonnante de Londres.

Sylvie Berthiaume

avec la collaboration de Nancy Petry, peintre, et David Francis, comédien de théâtre

 


Le Shakespeare' s Globe 

The White Horse

"Tea Time" au Langham 

"Little Venice"

Restaurant Manna 

Abbey Road

 

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