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PETE DUNNE
Passionné, visionnaire et déterminé - sang irlandais oblige - sont certainement trois qualificatifs qui définissent bien Pete Dunne, celui qui dirige le Cape May Bird Observatory et qui est directeur des communications du Centre Audubon, au New Jersey.

En 1976, Pete débute sa carrière comme « compteur de rapaces » (hawk counter), debout sur une table à pique-nique. Aujourd’hui, le Hawk Watch de Cape May est une plateforme surélevée d’où plusieurs dizaines de personnes peuvent confortablement observer les rapaces et autre oiseaux migrateurs.

Excellent communicateur, il est l’auteur d’une dizaine de livres et signe, depuis 30 ans, de nombreux articles dans pratiquement tous les magazines ornithologiques, tout comme dans le New York Times, d’où sont d’ailleurs tirées les nouvelles qui ont été publiées dans son plus récent livre « The Wind Masters ». Œuvre fascinante qui donne la parole aux oiseaux de proie.

Puisqu’il passe sa vie, les yeux au ciel à observer les oiseaux migrateurs, comment ne pourrait-il pas aimer les voyages! Et il nous en parle avec bonheur… et une certaine dose d’humour.

Euphoria  – Quelle destination a constitué pour vous une destination vraiment euphorique?

Pete Dunne  – L’île Bylot, une île de l’archipel arctique canadien. Située dans le Nunavut, c’est une île immense au nord de la Terre de Baffin. C’est d’ailleurs le seul endroit sur la Terre d’où l’on peut regarder vers le sud sur la Terre de Baffin. Il n’y a aucun habitant permanent sur l’île à part les grandes oies des neiges et une grande population de guillemots de Brünnich, puisqu’il s’agit d’un sanctuaire de migration d’oiseaux.

Euphoria – Dans quel autre pays que les États-Unis aimeriez-vous vivre et travailler?

Pete Dunne – Oz. J’aimerais voir ce cheval de couleur différente. Rires.

Euphoria – On se souvenait du lion peureux, mais le cheval? Il faudra relire ou revoir.

Euphoria – Que recherchez-vous la plupart du temps lors d’un voyage?

Pete Dunne – Le prochain oiseau, naturellement (aussitôt que j’ai terminé d’apprécier celui qui est dans mon champ de vision). Je me demande souvent pourquoi des gens peuvent passer des jours et des jours au même endroit dans l’espoir de voir les mêmes espèces d’oiseaux, encore et encore. Cela fait 30 ans que je le fais et j’anticipe toujours le plaisir de le refaire demain, mais je ne peux expliquer pourquoi. Sauf que c’est amusant !

Voir d’autres horizons, observer et apprécier les oiseaux nous permet de comprendre que nous faisons tous partie d’un même environnement. Ce qui affecte les oiseaux aura ultimement des effets sur nous, les humains.

Surveiller, voir, observer et ressentir, sont quatre mots qui pourraient bien résumer ce que je recherche en général.

Euphoria – Quel voyage rêvez-vous de faire?

Pete Dunne –  L’Asie du Sud-Est et faire de la plongée dans les mers du Sud. Et naturellement, il y a aussi là où le Pic à bec ivoire se cache. Pourquoi? Parce que c’est de cela que sont faits les rêves!

Euphoria – Les Pics à bec ivoire ont été déclarés espèce éteinte en 1996 par l’UICN. Mais depuis le début des années 2000, des ornithologues ont rapporté en avoir vu quelques spécimens dans les forêts des États-Unis, où ces oiseaux se retrouvaient en grand nombre jadis. Comment se surprendre que Pete rêve d’en voir un !

 

Entrevue et rédaction: Christiane Théberge


Ile Bylot


"Hawk Watch" de Cape May 

 

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