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Ivresse orange à Ivrea

L’Italie s’en donne à cœur joie

Il y a le très chic et sublime Carnaval de Venise. Il y a aussi le très populaire et salissant Carnaval d’Ivrea, dans le Piémont, dont le coup d’éclat est la fameuse Bataille des oranges. En 2011, l’événement se déroule du 6 au 9 mars, et la Bataille a lieu, chaque jour en après-midi. 

Neuf équipes qui représentent les quartiers de la ville s’affrontent pour symboliser la révolte réelle du peuple pour se libérer du joug d’un seigneur tyrannique, le Marquis de Monferrato. Les origines de l’événement remontent au XIIe siècle; il est devenu récurrent à partir du XVIIe siècle, et il a pris son ampleur actuelle après la Deuxième Guerre mondiale. Leurs armes : à l’époque, des pierres… aujourd’hui : 400 tonnes d’oranges!

Environ 10 000 personnes habillées de costumes colorés qui représentent les habitants, se rassemblent à la Piazza di Citta, à l’affût des soldats du Marquis, bien protégés par des casques et masques, qui arrivent à bord de camions tirés par des chevaux.

Aussi bien les touristes que les résidants d’Ivrea peuvent participer activement à cette bataille et devenir des Eporediesi (habitants); il leur suffit de s’inscrire sur place.  Soyez avertis : les oranges sont lancées tant par les habitants que par les soldats, donc de bas en haut, et de haut en bas, ce qui n’a pas le même effet sur l’orange… et sur la personne qui la reçoit.

Et, prenez vos précautions : si vous ne voulez pas que l’on vous attaque, il vous faut absolument porter un chapeau rouge, signe de liberté. Tous ceux qui n’en portent pas sont considérés comme des ennemis.

Serez-vous tout de même éclaboussé? Il vaut donc mieux prévoir des vêtements en conséquence.

Avant : des bonbons et du mimosa

En fait, la Bataille des oranges débute après le passage de la «Star» de l’événement, Violetta, une vraie nouvelle mariée (Mugnaia) d’Ivrea. Elle rappelle la victoire des femmes sur ce Marquis qui avait institué un droit de cuissage sur toute jeune mariée. Tout de blanc vêtue, elle parade dans la ville dans un carrosse, pour lancer des bonbons et du mimosa aux milliers de spectateurs. Mais elle est rapidement suivie par deux enfants, appelés Abba, qui, à dos de poneys, brandissent des sabres au bout desquels sont piquées des oranges, représentant la tête du Marquis qui fut décapité.

Après : les feux libérateurs

La Bataille des oranges atteint son point culminant le soir du Mardi Gras : au milieu de la place principale de chaque bourg, un grand feu est alors allumé, pour symboliser la destruction du château du Marquis.

Grandiose «Finale»

Il s’ensuit une marche funèbre, très rapidement transformée en une grande fête de musique, de chants et de danse, dans les rues, restaurants et hôtels.

Où loger : comme le peuple ou comme le Marquis?

La ville et les bourgs environnants comptent une multitude de «couette et café», de petits hôtels de charme, de villas sympathiques et même quelques châteaux rénovés pour accueillir des couples ou des familles dans de petits studios tout équipés.

En voici quelques-uns, dignes de mention. Pour les petits budgets : La Villa Ivrea, Una Franca Camere di Charme, Hotel Michelangelo. Pour les mieux nantis : Relais Castello San Giuseppe, Castello La Rocchetta, Villa D’Azeglio.

Le Piémont, à partir de Rome

Turin, la principale ville du Piémont, est située à 500 kilomètres de Rome. Le train, puis une voiture de location pour parcourir les 45 kilomètres vers Ivrea et ses environs, sont donc recommandés.

Quant au vin italien…

Il est bon de savoir qu’à Rome, du 5 au 7 février, donc un peu avant la Bataille des Oranges d’Ivrea, se déroulera le «Roma Vino Excellence & Merano WineFestival».

www.activehotels.com

www.italiantourism.com

Janvier 2011

Recherche et rédaction: Sylvie Berthiaume

 

 

 

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