Bannière
Envoyer Imprimer PDF

San Miguel de Allende, Mexique

San Miguel de Allende  - Un enchantement. Contagieux de surcroît. C’est bien la seule chose dont on puisse être victime dès qu’on met le pied à San Miguel de Allende, au Mexique…! C’est ce que l’on ressent d’ailleurs encore plusieurs semaines après en être revenu. 

C’est pourquoi tant de gens de la côte ouest canadienne et américaine s’y sont établis depuis une vingtaine d’années. Tous des créateurs d’art, d’expériences, de joie et de sérénité : peintres, sculpteurs, écrivains, épicuriens, altruistes hospitaliers, amoureux de la terre, inspirés de couleurs, de sourires, de lumière éclatante, d’oiseaux et d’air pur.

Une nouvelle vie à San Miguel

À San Miguel et dans sa campagne environnante, la douceur de vivre n’enlève rien à l’énergie créatrice. Tous sont automatiquement aspirés et investis dans une nouvelle vie, besogneuse certes, mais combien enrichissante. À San Miguel, le quotidien n’a rien à voir et n’a que faire du duo «chaise longue et Margarita». Quoique les Margarita y soient délicieux et très efficaces…  Dianne Kushner, admirable reine des lieux de la Casa Luna Quebrada et du Rancho Casa Luna, les fait servir au jardin ombragé comme récompense à la fin d’une magnifique journée de labeur, de concentration ou de découverte sous le soleil. Et la téquila glacée est accompagnée de paniers fleuris remplis de fabuleuses chips maison aux betteraves ou aux pommes de terre douces «bio». Imaginez l’ambiance, la couleur et le goût!

Comme le résume si bien Susan Page, organisatrice du San Miguel Writers Conference, qui a lieu chaque année en février pour réunir des écrivains canadiens, américains et mexicains : «Certains vont en Floride pour mourir. À San Miguel, on y vient pour vivre.» 

Richesse de l'âme, du coeur et de l'apparence

Les Mexicains de San Miguel expriment depuis toujours leur engouement pour les arts en général, l’argenterie, la poterie et le verre soufflé en particulier, la restauration, l’hôtellerie et la préservation de l’architecture coloniale ou vice-royale de leur ville chérie. Pour le plus grand bonheur des voyageurs et des touristes. Qu’on se le dise, il s’agit bel et bien d’un voyage tout de culture vêtu, où le présent prend autant de place que l’histoire.

Ainsi, cette ville qui fut le berceau des pères de l’indépendance mexicaine, d’une esthétique saisissante avec les ocres et jaunes de ses murs, avec les pierres rondes et plates, grises et noires, de ses rues et trottoirs étroits, mérite amplement le titre de ville du patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais ici, la beauté et la richesse sont, comme il se doit, tant dans l’âme et le cœur que dans l’apparence.

Cette ville vaut donc que l’on y séjourne plus d’une semaine, pour voir ce qu’elle a à montrer, et pour rencontrer les gens qui la façonnent chaque jour, à la fois en respectant ses traditions et en proposant de nouvelles visions.

Et c’est sans compter le fait que San Miguel de Allende bénéficie de la protection de Notre-Dame de Guadelupe. Et peut-être même de l’omniprésente peintre Frida Kahlo, légitimement vénérée au point où certains la surnomment, en tout respect et en souriant  «Sainte Frida».

Des murs «écrin» pour un bijou : la Casa Luna

La ville de San Miguel a beau se montrer coquette sur toutes ses façades, elle l’est tout autant sous toutes ses coutures. Ici, elle est encore plus attachante derrière ses murs. En se promenant dans les rues, on voit surtout des portes closes, basses ou hautes, toujours sculptées joliment, parfois sobrement, parfois avec exubérance.  En les ouvrant, on est littéralement surpris par la grandeur des espaces, l’ampleur des aménagements, le luxe confortable.

La Casa Luna Quebrada où nous avons séjourné en est un exemple frappant et mémorable. Les petits coins jardins explosent de verdure et de fleurs. Chacune des casitas qui tiennent lieu de chambres d’hôtes, sont superposées de façon asymétrique et, qu’elles soient petites, moyennes ou immenses, elles sont décorées toutes très différemment, avec un goût exquis et avec un amour infini de l’art mexicain. Chacune a soit sa petite terrasse, soit un petit coin qui procure une vue, un vrai tableau. Chacune a de la literie à profusion au point où l’on voudrait aider la femme de chambre. Chacune a une salle de bain imaginative que l’on se surprend à photographier en souriant. On veut toutes les visiter, parce qu’en soi, elles sont de petits voyages.

Ingéniosité et générosité sont au rendez-vous à la Casa Luna. Jusqu’aux fleurs fraîches coupées tellement parfaites qu’au premier coup d’œil, on les croit fausses…  Jusqu’au superbe petit déjeuner quotidien, continental et de tradition mexicaine, varié, copieux et savoureux préparé par Yolanda,  notamment les confitures maison et les «drunken eggs», soit des œufs pochés dans une sauce tomate aromatisée de fines herbes qui font assurément partie de la cuisine récemment célébrée par l’UNESCO. Jusqu’au chien de la maison Bonbon, qui sait attendre discrètement qu’on le caresse pour être certain de notre amour, avant de nous faire des joies les jours suivants.

Le lieu est à ce point idyllique que l’on doit résister à la tentation de ne pas en sortir et risquer ainsi de ne pas voir tout ce que San Miguel et les environs ont à nous faire vivre.

Un engagement profond envers le partage 

Le Rancho Casa Luna est l’autre forme qu’a prise la passion de Dianne Kushner pour les gens, la beauté et la nature mexicaine. C’est aussi là qu’elle poursuit sa mission de partage : elle n’en parle pas comme cela, mais c’est ainsi qu’on le perçoit. Son architecture et son décor (elle imagine et achète tout elle-même) sont rien de moins que sublimes. Bien sûr, pour s’occuper de cet oasis de 20 acres, comportant une hacienda et des serres, un fumoir, un amphithéâtre, des fontaines, un jacuzzi, une gigantesque chambre en plein air et deux grandes cuisines, elle peut compter sur des aides fidèles et fantastiquement habiles avec la pierre, le béton, la terre et les animaux.

Car le ranch, ce n’est pas que son habitation, c’est aussi une vaste ferme de produits «bio», où l’on peut entre autres suivre des cours de cuisine avec le chef Hugh Carpenter, auteur d’une quinzaine de livres de cuisine. C’est aussi un lieu pour organiser des événements de toutes sortes comme des mariages hors-du-commun ou du team building dans un décor intérieur et extérieur luxueux, complètement différent des lieux de villégiature auxquels on est habitués dans les pays chauds.

Maintenant, que voit-on et que fait-on à San Miguel et autour?  

Côté artistique

On visite des ateliers d’artistes, des galeries d’art et des bistros aménagés dans des écoles d’art ouvertes au public comme l’Instituto Allende, le Centro cultural El Nigromante  Bellas Artes et le fabuleux complexe d’art contemporain Fabrica La Aurora où, parmi des dizaines d’artistes, sont installés le remarquable sculpteur Victor Hugo Nunez, et le peintre canadien Brian Care, notre invité du mois.

Des musées comme celui de Guanajuato, dédié à Don Quichotte où des peintres et sculpteurs mexicains et espagnols, de toutes époques et de tous styles, ont représenté les glorieux personnages de Cervantès, en signe d’amitié recouvrée, depuis que la ville de Guanajuato a adopté Cervantès et Don Quichotte comme représentants.

Puis, la maison natale de Diego Rivera, ce géant de l’art mexicain, au propre comme au figuré, mari de la légendaire Frida Kahlo, dont on voit avec émotion le berceau.

Enfin, toujours à Guanajuato, pourquoi pas une soirée au Théâtre Juarez de Guanajuato, dont le décor intact est si romantique?

Côté folklorique

On se rend à Atotonilco, voir la gigantesque galerie du même nom, fondée par Mayer Shacter et regroupant le meilleur de l’art traditionnel mexicain, des antiquités, des photos anciennes et des textiles vintage. Les masques sont impressionnants. La délicatesse du verre soufflé est à couper le souffle justement. Dans un contraste pourtant habilement harmonieux, sa maison attenante ultramoderne est si spectaculaire qu’elle a fait l’objet de nombreux reportages dans les plus grands magazines d’art et d’architecture.  On visite sa maison autant que la galerie et on ne sait distinguer ce qui est à vendre ou non. Shacter : aficionado de l’art… jusqu’au bout des ongles. Rendre hommage à l’art, il sait assurément comment. 

Côté kaléidoscopique

Si vous avez l’œil et l’esprit prêts à tout, c’est-à-dire le sens de l’humour, du cynisme politique, du jeu symbolique, de l’hystérie joviale, et que vous aimez le brillant signifiant, vous serez littéralement emballé par la frénésie et la boulimie artistique de Jimmy Ray, alias Anado, McLauchlin. Sa maison, la Casa de Las Ranas, son atelier, sa chapelle, en fait, chaque recoin de son espace de vie, est une œuvre d’art en soi. Ses autels irrévérencieux mettant à nu l’essence et les travers humains, ses titres-poèmes-déclarations soûlant de perplexité, on en redemande. Du très gros boulot, qui brasse la cage, comme on dit chez nous. Oserais-je m’avancer en donnant un nom à sa discipline artistique associant principalement mosaïques et collages : installation kaléidoscopique? A seulement 5 km de San Miguel.

Important: il faut réserver avant de vous rendre chez Mayer Shacter ou chez Anado McLauchlin. 

Côté mystique

Des églises comme l’incontournable Parroquia de San Miguel Arcangel, le Sanctuaire d’Atotonilco, l’Oratorio de San Felipe Neri et l’Église de la Concepcion, ne sont que quelques-uns des lieux de pèlerinages auxquels Mexicains et voyageurs se rendent chaque année. Les cérémonies, processions et reconstitutions de scènes religieuses sont innombrables, de jour comme de nuit, tout au long de l’année.

Côté académique

De nombreux voyageurs y viennent pour des périodes plus ou moins longues, suivre des cours de joaillerie, de poterie, d’écriture, d’immersion en espagnol, de développement personnel, etc. 

Côté authentique 

Le Chorro à la Plaza de Toros, ancien lavoir public, encore utilisé par plusieurs familles aujourd’hui vaut le déplacement. C’est la vraie vie exposée au soleil, sur une jolie place, et le système de distribution de l’eau est la démonstration du caractère génial de la simplicité.

Depuis quelques années, comme la bouffe a de plus en plus la cote, plusieurs aiment participer à de véritables pèlerinages culinaires comme ceux offerts par Bonnie Berg MacLaird, de Planet2Plate. Une semaine entière à apprendre, encourager, préparer et goûter les produits de l’agriculture «bio» mexicaine, à visiter des haciendas historiques et des fermes, à rencontrer les chefs de restaurants et à visiter les coulisses, à dormir à la Casa Luna… Les prochains séjours Planet2Plate sont prévus du 17 au 24 juillet et du 13 au 20 novembre 2011.

D’autres viennent à San Miguel célébrer leur mariage : au moment où nous y étions, c’était un couple et les deux familles entières venues d’Australie… Ils s’en sont donnés à cœur joie sur la Plaza Principale avec les ânes porteurs de tequila et les mariachis tout en blanc, participant à une petite procession traditionnelle dans les rues de San Miguel, la veille du grand jour.

Enfin, on peut acheter à San Miguel des meubles au design mexicain, d’intérieur ou d’extérieur, souvent faits de cuir sur lequel des scènes traditionnelles ou modernes sont peintes. 

Côté fantomatique 

La ville fantôme, Mineral de Pozos, fondée en réponse au boom économique produit par la découverte et l’exploitation de mines d’argent, d’or, de cuivre et de quartz aux 18e et 19e siècles, qui a stoppé au début du 20e siècle, revit en après-midi avec l’ouverture de ses galeries d’art traditionnel et moderne. La visite de la ville comme des ruines autour piquent la curiosité. On aurait aimé en voir toute l’effervescence en des temps plus prospères, mais la nouvelle vie qui prend forme est bien stimulante aussi. Parmi les choses à rapporter, il y a certes de beaux instruments de musique reproduisant les plus anciens découverts au Mexique. 

Côté mythique: Les nus de Spencer Tunick

Le photographe Spencer Tunick est célèbre pour ses clichés hallucinants regroupant des centaines, voire des milliers, de personnes nues pour créer des paysages de chair dramatiques. Il a déjà visité San Miguel de Allende et compte y revenir cet été pour créer un triptyque: un tableau dans les rues de la ville, l’autre dans la nature et un troisième dans les eaux thermales. Quiconque veut y participer peut s’inscrire à  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. .

Côté gastronomique et pratique 

Partout où nous sommes allés à San Miguel et dans les villes avoisinantes, c’était d’une propreté étincelante. Aucun malaise n’a été ressenti durant toute une semaine.  

Goûté pour la première fois : de délicieuses feuilles de cactus napal avec vinaigrette, de la crème glacée à l’avocat et aux tomates/concombres, ainsi que du sorbet aux crevettes/pétoncles.

La nourriture était excellente partout. Spécialement à  la Casa Valadez, de Guanajuato, à la Posada de las Minas, à Mineral de Pozos, et chez Pescau, à San Miguel.

Ce fut aussi amusant de s’asseoir un moment au Café Olé Olé, à San Miguel, où les taureaux, corridas et toréadors de toutes les époques sont à l’honneur sur chaque centimètre de mur et de table. 

Comment visiter San Miguel?

Le centre historique, se visite très facilement en solo, muni d’une petite carte géographique. On peut aussi participer à un tour guidé à pied ou en tramway. Pour les excursions d’une demi-journée ou d’une journée, en dehors de San Miguel, comme à Guanajuato, célèbre pour ses rues souterraines et ses maisons médiévales, Mineral de Pozos, Atotonilco, Santa Rosa où se trouvent les ateliers et boutiques de poterie faites à la main, ou aux bains thermaux de La Gruta près de Dolores Hidalgo, il y a des autocars touristiques. Toutefois, les circuits individuels en voiture avec guide-chauffeur, beaucoup plus confortables et agréables, ont le mérite d’être à un coût abordable. Et puis San Miguel de Allende n’est situé qu’à 4 heures de route de la ville de Mexico... 

Quand y aller?

Il fait toujours beau à San Miguel. La période la plus chaude est derrière nous : avril et mai, où il fait environ 32 degrés Celsius en après-midi. Les mois d’été sont, contrairement à ce que l’on pourrait croire, plus frais et plus confortables. 

À défaut de s'y établir, y retourner... le plus tôt possible!

Sylvie Berthiaume

 

Nos remerciements les plus chaleureux à La Casa Luna et à Leandro Tours qui ont assumé une partie de ce voyage.

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.  

www.folkartsanmiguel.com

www.visitmexico.com

Rue typique de San Miguel

Petite galerie marchande

Casa Luna Quebrada

Chambre au Casa Luna

Casa Luna Quebrada

Rancho Casa Luna

Living du Rancho Casa Luna

Fabrica La Aurora

Galerie Shacter

Masques à la Galerie Shacter

Verre soufflé à la Galerie Shacter

Casa  Las Ranas d'Anado McLauchlin

Oeuvre d'Anado McLauchlin

Plaza Allende et La Parroquia

Sanctuaire d'Atotonilco

Mariachis à un mariage

Mineral de Pozos

Mineral de Pozos

Café Olé Olé

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour