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Italie du sud

Italie du Sud – Destinations sous le signe des curiosités architecturales, du design et des délices, de la nature à la table : Matera et Alberobello. Deux villes de charme, d’hôtels boutiques et de vraies trattorias italiennes où l’on est entourés de quiétude, affublés d’un sourire permanent de contentement.

Dès la vue d’uniquement deux photos, notre décision était prise : il fallait aller voir de près ces constructions si intrigantes (Matera) et si mignonnes (Alberobello), qui sont littéralement des signatures, nous dirions même plus : des icônes. Nichées dans le talon de la botte italienne, ces villes des provinces de Basilicata et de Puglia, beaucoup moins connues que la Sicile, se révèlent très accueillantes pour le voyageur mais heureusement non envahies par le tourisme de masse, et tellement confortables grâce à un climat très doux, mais non torride. 

Le fabuleux destin de Matera : La honte devenue… fierté nationale

Matera est une ville, non pas bâtie sur un gigantesque rocher, mais bel et bien creusée dans le roc. Des habitations, des hôtels, des restaurants, des commerces, entièrement créés à même la pierre d’anciennes habitations troglodytiques, des grottes… Ce sont les Sassi millénaires qui, depuis 20 ans, ont presque toutes été rénovées de l’intérieur : les portes d’entrée ont beau être petites, attendez de voir les intérieurs. Quelle ampleur, quelle ingéniosité et quel design! D’autres habitations, un peu plus récentes, ont quant à elles été érigées avec de grosses briques faites de la terre résiduelle de l’aménagement des grottes.

Retour de destin incroyable! Après avoir déjà été une riche cité, capitale de la province de Basilicata, elle a connu un lent déclin jusqu’au début des années 1950, où des familles paysannes y vivaient encore le même style de vie depuis des siècles. Chèvres et ânes partageaient parfois le logis, dont une partie contenait aussi bien un système de puits pour obtenir de l’eau potable, qu’un espace pour produire l’huile d’olive. Le gouvernement décréta alors que c’était une honte pour l’Italie, et les gens furent relogés ailleurs pour se doter du confort moderne de base. Les grottes devinrent ainsi propriété du gouvernement, qui les a tout simplement pratiquement oubliées.

Puis, en 1993, l’UNESCO décida de classer les Sassi au Patrimoine mondial de l’humanité. Depuis ce temps, le gouvernement italien a incité les familles d’origine ou leurs descendants à y revenir y habiter à la condition de les rénover. Lorsque ceux-ci n’ont pas été preneurs, les Sassi ont été vendues à des particuliers, des hôteliers ou des restaurateurs intéressés à développer le tourisme dans ce coin de pays, pour le moins unique.

Le Sant’ Angelo porte bien son nom : on se sent aux anges

Nous avons été accueillis au Sant’ Angelo, un hôtel boutique exemplaire d’une vingtaine de chambres : design, mobilier et salle d’eau ultra moderne, sertis dans une grotte aux murs et planchers d’origine, simplement lissés. Tout est blanc et beige, silencieux et confortable à souhait. En aucun moment on ne se sent oppressé dans la chambre-grotte. D’abord parce qu’elle est grande, et on ressent une certaine fraîcheur. L’ambiance globale est si particulière qu’on a l’impression d’habiter une autre planète… accès Wi-Fi compris.
Et que dire de la luxueuse salle à manger du Sant’ Angelo, où l’on peut prendre les 3 copieux repas du jour si on le souhaite. Puis si, tard le soir, l’envie nous prend d’une assiette de fromages ou d’une salade Caprese et d’un verre d’Aglianico, vin de la région, le garçon du Sant’ Angelo va nous les chercher au complice bistro-bar du coin, le Kiev.

Les hôtels boutiques de Matera comportent tous entre 5 et 20 chambres, parfois regroupées sous le même toit, parfois «diffusées» selon leurs propres dires, sur différents blocs de pierre voisins.
Nous avons aussi pu visiter d’autres petits hôtels : de grand luxe, comme le Palazzo Gattini et le Palazzo Viceconte, où l’on peut célébrer de grands événements comme des mariages; plus sobres mais fort sympathiques comme L’Hotel in Pietra, ou l’appart-hôtel Residence San Giorgio.

Un autre hôtel digne de mention, d’ailleurs cité par le Lonely Planet comme « l’un des dix plus beaux hôtels du monde» : La Grotte. Pourquoi? Parce que la rénovation de la grotte, est tout ce qu’il y a de plus authentique, de plus près de la grotte d’origine. Par exemple, elle a conservé l’auge où, anciennement, l’âne se nourrissait ou s’abreuvait, pour en faire un grand lavabo au-dessus duquel s’ouvrent tout de même des robinets ultra modernes.

Tout aussi attirants pour leurs prix raisonnables, les hôtels boutiques 4 et 5 étoiles de Matera ne coûtent qu’entre 85 et 220 euros la nuitée, la majorité se situant autour de 100-120 euros.

Où manger est la principale activité quotidienne…

Nous nous sommes délectés de plats typiques de la région comme la soupe Cialledda (repas en soi pourtant suivi d’une délicieux poisson grillé) à la Locanda Di San Martino. À la Antica Trattoria Lucana, nous avons été séduits par les Orecchiette di rapa (des pâtes en forme de lobes d’oreille enrobées de sauce à la roquette) et les linguini de Mel Gibson, surnommés ainsi par le chef Gigi, puisque c’était son restaurant favori lorsqu’il a tourné à Matera «La Passion du Christ».

Il importe de savoir que dans cette région, le petit déjeuner se prend très rapidement au café du coin, debout au comptoir : on avale d’un trait l’expresso bien tassé et on enfourne en dix secondes un gros croissant fourré à la crème pâtissière ou à la confiture. Le midi, c’est la totale : repas super copieux, à trois ou quatre plats, qui dure deux bonnes heures. Le soir, léger goûter vers 21 h 30. Tout à fait l’inverse des habitudes nord-américaines. On ne saurait s’en plaindre, en vacances du moins!

Tourisme actif

Pour brûler toutes ces calories et pour bien sentir l’essence de la région, la marche active est l’activité à privilégier.

Vous voudrez sans doute visiter les églises rupestres ainsi que de nombreux musées et sites archéologiques, ou parcourir le canyon sur 15 km, et les deux vallées entourant Matera. Une halte au pavillon d’interprétation du Parco della Murgia Materana vous plongera dans l’histoire et les traditions des paysans.

Ou peut-être oserez-vous survoler les dolomites en tyrolienne? Bref, pour les amoureux de la nature, une panoplie d’excursions est aussi offerte pour arpenter la région en long, en large et en hauteur. Il est utile de savoir que le trekking y est relativement aisé.

S’il vous reste encore de l’énergie le soir venu, rien de tel pour relaxer qu’un concert au château Castel del Monte.

Enveloppement d’images et de musique

Le Parco della Murgia possède également un théâtre naturel extérieur où des projections cinématographiques ont lieu. Ses gradins sont faits de murets de pierre secs, une spécialité de la région devenue très rare, qui est d’ailleurs enseignée sur place, à de petits groupes d’hommes intéressés à perpétuer cette tradition millénaire.

Enfin, le Parc de sculptures contemporaines La Palomba, s’étendant sur 6 hectares, est non seulement un lieu d’exposition pour des artistes de renommée internationale, mais aussi une salle de concert en plein air dont l’acoustique est singulièrement bonne à cause du type de pierre qui nous entoure.

Un golf dans un bar à vin?

Autre élément insolite à Matera : le 19 a Buca Winery? . Mais qu’est-ce donc? Un bar à vin, un resto-lounge-café, et… un parcours de golf de 19 trous, le tout à 13 mètres de profondeur, sous la place centrale de Matera, la Piazza Vittorio Veneto. Quand on dit que Matera est une ville creusée et non bâtie… Est-il utile de préciser qu’il vaut mieux boire après avoir joué au golf?

Une journée où rien n’est sacrilège!

Depuis 700 ans, le 2 juillet, le centre de Matera devient le théâtre d’un gigantesque et bien curieux défoulement collectif : un immense char allégorique de 12 mètres de longueur et de 15 mètres de hauteur, entièrement recouvert de figures religieuses en papier mâché, qui a promené la Madone Brune, d’une ville à l’autre, revient à Matera où l’attendent 60 000 personnes pour en arracher des morceaux qu’elles garderont en souvenir chez elles, souvent bien en vue, comme des trophées.

Le 5 mai est aussi une journée importante à Matera : le Maggio est une manifestation qui consiste à célébrer le plus beau et le plus gros arbre de la région. Au centre de la ville, cet arbre est transporté par des hommes très forts et des bœufs, et une compétition de grimpeurs s’ensuit.

Les événements culturels de toutes sortes sont nombreux à Matera : il vaut donc le coup de surveiller ses calendriers annuels, entre autres pour les festivals de jazz, des vins et de la littérature féminine.

Clin d’œil aux célébrités de Matera : les sublimes sofas de cuir Natuzzi.

Les 1500 Trulli d’Alberobello

Avant Jésus-Christ…, les Trulli étaient en quelque sorte des caveaux pour les dépouilles. Au fil du temps, ils sont devenus de petites habitations rondes fort sympathiques, recouvertes de chaux blanche à la base et surmontées de toits de pierre grise, qui se sont multipliées pour composer entièrement le centre Monti d’Alberobello, ce qui lui a valu d’être inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pendant fort longtemps, une seule unité de Trullo était habitée par une famille entière. Au cours des dernières années toutefois, on s’est mis à joindre entre elles par l’intérieur quelques unités pour en faire de plus grandes résidences. Plusieurs, profitant du tourisme, sont des commerces, mais un seul Trullo a été transformé en hôtel.

La principale activité au centre d’Alberobello est la promenade dans les rues pentues pour admirer les Trulli en rangées, parfois fleuris, parfois décorés au sommet de figures géométriques. On entre ensuite dans les boutiques acheter pâtes et dentelles faites à la main, ou encore les alcools artisanaux, par exemple à La Bottega del Tissuto Artigianale et à la Pizzicheria Enoteca.

Nous avons séjourné au Grand Hotel Olimpo, grand complexe contemporain, élégant, doté de tous les services modernes.

Terre généreuse, bouffe miraculeuse

La belle terre rouge des environs d’Alberobello, composée de calcaire et d’argile riche en fer et en sel, est excellente pour l’agriculture. Elle produit des tomates cerise, des olives, de la roquette, des aubergines, des courgettes, des pommes de terre, des figues et les énormes cerises Ferrovia.

Cette terre donne un goût très particulier à tous ces produits. Par exemple, la traditionnelle bruschetta, ici présentée le plus simplement et fraîchement du monde – croûton de pain arrosé d’huile d’olive naturellement parfumée, d’une demi-tomate cerise salée en soi, et de deux feuilles de roquette – a vraiment le goût le plus exquis du monde, bien meilleur que toute recette élaborée. Les produits, en eux-mêmes, font toute la différence.

Au restaurant Terminal d’Alberobello, nous nous sommes délectés d’olives alla calce (traitées sous la chaux), d’artichauts frits dans une pâte à la bière, et de jolies pâtes fricelli dans une réduction de veau onctueuse. Côté nectar, nous avons honoré le vin blanc pétillant Edonè et le vin noir, fort en alcool, Primitivo di Manduria, tous vraiment très différents et intéressants.

Autour d’Alberobello

85 millions d’oliviers très âgés qui produisent jusqu’à 70 % des besoins en huile d’olive extra vierge de l’Italie. Plusieurs oliveraies accueillent le public pour faire déguster de ces huiles d’olive avec de l’ail, du thym, du citron, de l’orange, etc.

Les 4 grottes de Castellana, auxquelles on accède par un tunnel de 60 mètres de long, sont si grandes qu’il y coule même un fleuve.

Le Safari Zoo, où l’on peut côtoyer 1 500 espèces d’animaux.

Putignano : un autre village bâti sur le roc, où un incontournable est la crémerie San Manzano, servant depuis des lustres, de riches glaces au vrai café arrosées de vrais alcools. C’est là, entre autres, que l’on trouve d’excellents restaurants de poissons et fruits de mer. Et… la statue en hommage à Domenico Modugno, qui a popularisé dans le monde entier sans doute la plus célèbre chanson italienne : «Volare».

Monopoli : où l’on trouve des plages et, surtout, des masseria, ces maisons de campagne cossues des propriétaires terriens d’antan, transformées en hôtels boutiques.

Otranto : où la mer Adriatique et la mer Ionienne se rencontrent, et où se déroulent 850 km de côtes de sable, si belles que les Grecs et les Turcs y venaient déjà avant Jésus-Christ pour «voir où le soleil se couche».

Locorotondo et Cisternino, figurant à la liste des «plus beaux villages d’Italie» : à Locorotondo, on déguste les vins du célèbre vignoble Bianco Rotondo, non loin de la grande tour, qui constitue un véritable «balcon sur la vallée».

Cisternino : où le 2e samedi d’août, on célèbre la poterie, que l’on conserve après avoir mangé les orecchiettes.

Brindisi : c’est là où se termine la Voie Appienne qui liait Rome à Jérusalem – 2 colonnes sur le port montrent la voie idéale vers la mer et Jérusalem. On s’y délasse à la plage ou on visite des vignobles, car c’est la capitale des vins de Puglia.

Ostuni : la ville blanche, où la lumière est magique en fin d’après-midi, et dont la rue principale fait le tour, surmonte une magnifique baie de sable et de rochers. On y tient un festival de jazz annuel, les hôtels et spas très chics abondent, et les vedettes s’arrêtent au Caffè Ricardo.

Monticelli : au Quarto di Luna, le soir, on se rend à la plage où tentes, tapis et coussins sur le sable nous attendent pour déguster des cocktails enivrants comme le décor naturel.

Clin d’œil aux célébrités de Putignano: les robes de mariée, que l’on commande sur mesure, du monde entier.

Comment arrive-t-on à Matera ou Alberobello?

Idéalement en mai et juin, ou septembre et octobre, par train ou par avion, à Bari. De là, quel que soit notre première destination, on a le choix entre la voiture, le taxi, l’autocar ou le train local. Le trajet est d’une durée variant entre 30 et 60 minutes.

Sylvie Berthiaume


Tous nos remerciements à l’Office du tourisme italien de Toronto, de Basilicata et de Puglia, ainsi qu’aux hôtels Sant’Angelo, de Matera, et Grand Hotel Olimpo, d’Alberobello, ainsi qu’à nos très professionnels guides privés, Francesco Foschino et Anna Sansipersico, qui ont rendu notre séjour possible et mémorable.

www.italia.it
www.enit.it
www.sassiweb.com
www.alberobelloonline.it
www.italy-wine-tours.net
www.hotelsantangelosassi.it
www.grandhotelolimpo.it
www.walkbasilicata.it

Guide à Matera :
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Guide à Alberobello :
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Sassi de Matera

Dormir dans une grotte modernisée

Hôtel boutique Sant' Angelo

Salle à manger du Sant' Angelo

Orecchiette di rapa

Lieu de tournage de «La Passion du Christ» à Matera

Castel del Monte

Théâtre naturel de Parco della Murgia

Bar à vin 19 a Buca Winery

Fauteuil en cuir Natuzzi

Trulli d'Alberobello

Trulli d'Alberobello

Grand Hotel Olimpo

Cerises géantes Ferrovia

Grottes de Castellana

Putignano

Plage de Brindisi

Escalier de Brindisi

Ostuni, la ville blanche

Robe de mariée de Putignano

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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