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Mario Jean

MARIO JEAN
Critique comique au grand cœur : c’est la signature que l’on pourrait attribuer à Mario Jean. Cet homme pratique dans la vie les valeurs humanistes qu’il prône en spectacle quand il pose son regard lucide et acerbe, jamais vulgaire ni méchant, sur certains sujets de société comme l’hyper-sexualisation, la politique, la vérité, les adolescents et la bouffe.

Aussi attachant que drôle, il sait attirer les foules (plus de 100 000 spectateurs à Montréal récemment) et, s’il excelle en «one-man show» sur scène, il fait toujours équipe dans la vie et lors de ses voyages. C’est la plupart du temps en famille qu’il part se ressourcer physiquement et mentalement.

En novembre dernier, c’est avec une véritable équipée de personnes aveugles qu’il a gravi le Kilimandjaro, pour amasser 300 000 $ au profit de la Fondation Mira, dédiée depuis des lustres à l’entraînement de chiens d’assistance pour les personnes physiquement handicapées.

Parcourons maintenant ensemble son carnet de voyages avec femme et enfants.

Euphoria  – Lequel de vos voyages mériterait le qualificatif d’euphorie?

Mario Jean   – D’abord, quand mon garçon n’était âgé que de trois ans, nous avons fait le tour des États-Unis en motorisé, durant deux mois. Ce fut extraordinaire à tous points de vue : pour la découverte du pays en soi, pour le développement de la relation familiale, et pour la longue durée qui donne une véritable profondeur à l’expérience globale.

Ensuite, je peux certes évoquer le Kilimira, nom donné à l’expédition caritative à laquelle j’ai participé il y a quelques mois. Faire la montée du Kilimandjaro avec 21 autres grimpeurs, c’est déjà un fait marquant dans une vie… Quand, en plus, vous en faites de grands bouts en guidant des personnes aveugles, puis une autre étape en étant vous-même masqué pour ressentir la même chose qu’une personne aveugle, au bord de précipices, c’est un moment de vie inoubliable. Cela ajoute à la difficulté physique, mais c’est davantage le vertige et la crainte, puis l’extase de la réussite qui sont décuplés en arrivant au sommet : larmes de soulagement, de fierté et d’amour comprises.

Le Kilimandjaro est l’une des montagnes les plus meurtrières, non pas à cause de la difficulté à la gravir, mais à cause du mal de l’altitude : on a le souffle tellement court, et puis on en vient à perdre son jugement…

Quand j’y étais, nous avons de plus vécu l’une des plus grosses tempêtes de neige, aux dires des porteurs expérimentés qui nous accompagnaient : à seulement 100 mètres du sommet, passé les nuages, on a même dû se demander si on devait arrêter.

Nous avons mis 7 jours pour la montée et 2 jours pour la descente. La dernière journée fut l’une des plus belles de ma vie.

Dommage qu’on n’ait pas pu amener des chiens Mira : les vétérinaires craignaient l’impact du mal d’altitude pour ces Labrador, Bouviers bernois et Labernois, qui n’ont jamais fait d’escapade du genre. On avait au moins nos toutous de peluche Mira, attachés à nos sacs à dos, pour nous remonter le moral et nous donner la force de continuer pour eux et leurs futurs maîtres.

Euphoria  – D’autres destinations ou types de voyages dignes de mention?

Mario Jean   – Après avoir expérimenté les «tout-inclus», qui permettent de vraies vacances aux parents et un joyeux encadrement des enfants, nous nous sommes tournés vers le tourisme culturel en Europe, ce que mes fils ont beaucoup aimé.

On a aussi fait une très belle croisière : j’avoue que nos préjugés négatifs sont tombés rapidement.

Nous avons ensuite évolué vers le voyage axé sur la nature et la forme : pour cela, le Costa Rica est tout à fait à recommander. C’est un très beau mélange de repos et de marche active, en contact avec mer, montagne, jungle et volcan, par temps sec et très humide. Terre de contrastes, donc.

Ce voyage a littéralement changé notre vision des voyages : nous sommes maintenant du type «aventure». D’un voyage à l’autre, on améliore notre performance. Alors, on augmente le niveau de difficulté… 

Euphoria – Avez-vous voyagé à l’extérieur du Canada dans le cadre de votre travail?

Mario Jean  – Quand j’étais beaucoup plus jeune, j’ai participé à un projet de Télé-Québec, en Suisse. J’y suis allé avec ma conjointe : c’était notre premier voyage en Europe, notre premier vol long-courrier sur KLM, en passant par Amsterdam. Tout ce qui fait la Suisse nous a marqués fort positivement.

Ensuite, j’ai pris part à un festival d’humour en Belgique et en France. La Belgique étant le pays de la bande dessinée, l’une de mes passions, j’en ai profité allègrement en visitant librairies et musées. J’étais au paradis avec Tintin, Spirou, Bob Morane, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, Le Chat, Les Schtroumpfs, et compagnie. (ndlr: Cela a dû être difficile de revenir à la réalité…)

Euphoria – Allez-vous voir des spectacles d’humour en voyage?

Mario Jean  – Pas beaucoup, d’abord parce que si je suis en vacances, je veux en sortir. Mais aussi parce que ce n’est pas cela qui me procure tellement d’inspiration pour mes spectacles. Les français sont excellents, il n’y a aucun doute là-dessus, mais souvent ils sont plus lents au niveau du débit que chez nous. Nous sommes des humoristes du type américain : il faut que ce soit rapide, efficace.

Je vais plutôt voir d’autres types de spectacles, pour le plaisir et pour la créativité que cela peut déclencher dans mon cerveau : des comédies musicales à New York, ou le monde de Disney. Mais dans ce dernier cas, cela est presque complexant : ils ont tellement de moyens techniques et financiers!

Euphoria – Pour du vrai repos, la famille Jean va où?

Mario Jean  – Le «tout-inclus» d’une semaine dans les îles est malgré tout ce que certains en disent, la formule idéale : la liberté, le «rien à faire» si on veut, la baignade, les bienfaits de l’eau et de l’air salin, les excursions tout aussi reposantes. On ne se pose aucune question, pas de ménage à faire, pas de bouffe à faire. Seule consigne à mes ados, au nom du respect et du bon sens : «au buffet, vous prenez tout ce que vous voulez, mais vous mangez toute votre assiette.»

 Euphoria – Le rêve du prochain voyage vous amène où?

Mario Jean – Comme on est dans notre phase «aventure», on rêve à la Corse, et au Machu Picchu. Mais avant, l’été prochain, ce sera sans doute l’Italie. Pour assouvir un fantasme, ce serait Hawaï. Et puis l’Asie. Et puis…

Au fond, le vrai fantasme, ce serait voyager pendant 6 mois, pour réellement décrocher.

Merci M. Jean. Vous découvrir sous un tout autre jour fut un pur plaisir. Et merci de nous faire décrocher la mâchoire pendant vos spectacles.

Pour connaître les prochaines dates du spectacle «Gare au gros nounours» ou du prochain nouveau spectacle de Mario Jean :

www.mariojean.com

Pour faire un don, devenir famille d’accueil pour faciliter l’entraînement d’un chien-guide Mira ou pour participer aux projets spéciaux de la Fondation Mira :
www.mira.ca

 

Entrevue et rédaction: Sylvie Berthiaume 

États-Unis

Sur le Kilimandjaro

Le Kilimira

Au Costa Rica

En Suisse


En Belgique - Tintin et Milou

New York

En Corse

Cheptel Mira à la ferme 


 

 

 

 

 

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