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Lac Moraine Alberta

L'Ouest canadien - Comment avons-nous été incités à considérer un voyage d’un mois dans l’Ouest canadien, plutôt qu’une destination lointaine et exotique? Le « bouche à oreille » y fut pour beaucoup, et il avait raison! Nous avions entendu un grand nombre de témoignages de proches vantant les beautés des paysages des Rocheuses et celles de nombreux sites le long du trajet, de l’Est vers l’Ouest. Il était donc temps pour nous de découvrir cette importante partie du « plusss beau pays du monde », comme l’affirmait haut et fort un ancien premier ministre canadien.

Nous n’avons pas été déçus : les paysages y sont grandioses, vraiment à couper le souffle parfois. Il y a plusieurs façons d’aborder la traversée des Rocheuses, même s’il n’y a qu’à peine 3 routes possibles. En effet, il n’y a que trois cols qui permettent de franchir ces montagnes. Au Sud, c’est le « Crowsnest Pass » en passant par Lethbridge en Alberta; au Nord, on emprunte le « Yellowhead Pass » à partir de Jasper; mais c’est la voie centrale à partir du Lac Louise via les cols de « Kicking Horse Pass » et du « Rogers Pass » qui s’avère la plus fréquentée. C’est d’ailleurs celle que nous avons retenue car notre « plan de match » prévoyait un séjour de près d’une semaine en Alberta, deux semaines en Colombie-Britannique, et enfin une semaine de croisière en Alaska.

Nous n’avons pas retenu la traversée en train, ni la location d’un véhicule récréatif (VR) même si ce mode de locomotion y est extrêmement populaire. Arrivés à Calgary en avion, nous y avons loué une voiture. 

Dinosaures, ères glaciales et tropicales… 

Avant d’aborder les sites classiques que sont Banff, le Lac Louise, les lacs Moraine et Peyto, nous tenions à aller visiter le Musée des dinosaures à Drumheller.

Dans un paysage totalement différent des immenses plaines avoisinantes, à cent kilomètres à peine au nord-est de Calgary, surgissent soudain les Badlands de Drumheller sur la rivière Red Deer. Au coeur de ces paysages rocheux et désolés résultant de l’érosion consécutive à la dernière glaciation, se dresse le Royal Tyrrell Museum of Palaeontology.

Ce gigantesque musée renferme plus de 80 000 spécimens, y compris 50 squelettes complets de dinosaures. C’est également un important centre de recherches mondial où on peut observer le travail de scientifiques s’affairant à nettoyer des os et à préparer divers éléments destinés à être exposés. C’est la renommée mondiale et l’excellence de son approche scientifique et éducative qui a valu à ce musée d’être gratifié de l’appellation « Royal ».

Une des particularités très intéressantes et très instructives de ce musée, c’est de voir devant les exhibits d’animaux datant de centaines de millions d’années, des mini globes terrestres situant la province d’Alberta sur la planète durant ces diverses périodes géologiques. On peut voir le contour de cette province depuis le moment où il n’y avait sur terre qu’un seul continent, ensuite pendant les millions d’années de la dérive des continents, ensuite pendant la succession de périodes tropicales et périodes glaciaires, quand l’Alberta était totalement ou partiellement sous la mer, pendant la formation des Rocheuses, puis enfin quant le retrait de la mer successive à la dernière glaciation il y a 8000 ans a dégagé et révélé les fossiles de dinosaures dans les Badlands. Cette attraction mérite le détour sans aucun doute.

Ses Majestés, les Rocheuses

Après cette incursion dans un « autre » monde, nous avons repris la route classique et abordé les Rocheuses qui surgissent à peu près sans transition dans le paysage. Deux très belles routes, la Transcanadienne (Route 1) et la Route 1A de part et d’autre de la Rivière Bow, permettent de pénétrer dans le Parc National de Banff dans une longue vallée glaciaire encaissée, révélant des paysages tous plus beaux les uns que les autres.

On ne peut s’empêcher de prendre photo après photo de montagnes et de lacs aux eaux turquoise qui se ressemblent tout en offrant sans cesse de nouveaux points de vue à la fois saisissants et spectaculaires.

Juste avant d’arriver à Banff, nous faisons halte dans le village de Canmore, très pittoresque et sympathique, car moins envahi par les touristes. Cette halte permet de faire quelques provisions en vue d’un pique-nique aux Cascades Ponds juste à l’entrée de Banff. L’Alberta et la Colombie-Britannique regorgent d’endroits charmants, propres et très bien aménagés pour des haltes agréables dans des paysages de toute beauté. C’est une façon très économique et saine d’éviter la malbouffe traditionnelle des grands centres et d’apprécier les paysages locaux.

Lacs incontournables, dont l'un, opaque!

Après Banff, où nous avons pu déguster du serpent à sonnettes, du crocodile, de l’autruche, du bison, du cerf et autres originalités, nous nous sommes dirigés vers le Lac Louise car la fumée d’un feu de forêt local obscurcissait le paysage.

À quelques kilomètres du Lac Louise, on peut également aller admirer le Lac Moraine qui est tout aussi remarquable, mais beaucoup moins fréquenté. Sur ce lac d’une eau d’une extraordinaire limpidité, on peut faire du canot et du kayak dans un environnement si calme qu’il inspire même le recueillement.

Un peu plus loin au Nord, sur la route Bow Valley Parkway en direction de Jasper, on peut admirer une toute autre sorte de lac : un lac de tête. Pour accéder au Lac Peyto sur le Bow Summit à près de 2 000 mètres d’altitude (près de 7 000 pieds), il faut se payer une « grimpette » d’environ une demi-heure avant d’atteindre le belvédère qui surplombe le lac. Là encore, la vue est splendide mais le lac est d’un vert turquoise laiteux totalement à l’opposé des deux lacs limpides précédents. À l’extrémité sud du lac, on comprend le phénomène en remarquant les ruisseaux qui alimentent le Lac Peyto d’une eau crayeuse blanchâtre donnant ainsi à la totalité du lac son opacité remarquable.

Glaciers fondants

Pour terminer notre séjour en Alberta, nous avons poursuivi la route en direction de Jasper, par le Icefields Parkway afin d’aller voir, avant que le réchauffement de la planète ne les fasse disparaître, deux imposants glaciers qui « s’écoulent » du plus haut sommet de l’Alberta, le mont Columbia. Ce sont les glaciers Columbia et Athabasca qui reculent, c'est-à-dire dont le front s’éloigne d’année en année, comme c’est le cas de la très grande majorité des glaciers à travers le monde.

Heureusement pour nous, au cours de ce même voyage, lors de notre croisière en Alaska, dont nous reparlerons plus loin, il nous a été permis de voir un des très rares glaciers au monde qui a repris sa progression après avoir reculé de plusieurs kilomètres et qui continue de croître et d’avancer (le glacier Hubbard en Alaska), en raison d’une augmentation des précipitations de neige.

L’épopée ferroviaire

C’est par la voie centrale de l’entrée dans les Rocheuses, celle du Kicking Horse Pass à 1647 mètres d’altitude que nous sommes arrivés en Colombie-Britannique, à Field. Les points d’intérêt sont multiples dans ce secteur : les endroits reconstituant l’épopée ferroviaire du début du XXe siècle, les travaux gigantesques requis pour permettre au chemin de fer de franchir les montagnes, les dangers associés aux avalanches et les réalisations conçues pour les éviter…

La Route des vins

Avant d’entreprendre la vallée de l’Okanagan, nous arrêtons pour notre pique-nique quotidien dans le Parc Provincial du Lac Kalamalka à 40 kilomètres au nord de Kelowna. National Geographic classe ce lac parmi les 10 plus beaux au monde. Kalamalka signifie en langue autochtone « le lac aux plusieurs couleurs ». On comprend vite pourquoi en observant le charme des teintes d’azur qui brillent à sa surface. Ce petit bijou de lac, parallèle au Lac Okanagan, illustre très bien le paysage aride que serait la vallée de l’Okanagan sans l’irrigation.

Véritable région encastrée dans le cœur des chaînes de montagnes qui forment la Colombie-Britannique, la vallée de l’Okanagan jouit d’un microclimat et s’étend sur plus de deux cent kilomètres de chaque côté du Lac Okanagan. On y retrouve de nombreux vergers de pommes, mais aussi de pêches, abricots, cerises, prunes et autres fruits.

Mais ce sont surtout les dizaines de vignobles échelonnés entre Kelowna et Osoyoos près de la frontière américaine qui attirent les touristes. Plusieurs forfaits sont offerts à ceux qui veulent se faire guider de vignoble en vignoble et de dégustation en dégustation.

Nous débutons notre découverte par le vignoble le plus septentrional de la Vallée et peut-être même de l’Amérique, le Graymonk Winer. Situé au nord du 50e parallèle, ce vignoble excelle dans les vins blancs de type Riesling, Pinot Gris, Gewurztraminers et Chardonnay. Il exploite aussi d’autres cépages situés beaucoup plus au sud dans la vallée, pour produire des vins rouges. Bien que modeste en comparaison des autres vignobles de la vallée, notamment au niveau de la fréquentation des visiteurs, ce vignoble s’est taillé une excellente réputation auprès des restaurants et autres établissements hôteliers qui offrent ses produits un peu partout en Colombie-Britannique et même en Alberta.

Au Sud de Kelowna, Mission Hill constitue probablement le vignoble le plus connu et le plus fréquenté par les touristes en raison de ses aménagements spectaculaires. C’est le vignoble dont tout le monde parle et qui fait partie de nombreux forfaits de visites. Les aménagements y sont de «top niveau » et la vue superbe. Les petits vignobles sont par ailleurs plus conviviaux.

Notre tournée de la Route des Vins de l’Okanagan s’est terminée presque à l’extrémité sud de la Vallée, à Osoyoos, tout près de la frontière américaine. Cette région connait un climat très sec où l’agriculture ne survit que grâce à l’irrigation constante. Il n’est donc pas surprenant d’y trouver des serpents à sonnettes comme en témoignent les écriteaux à l’intention des visiteurs. On retrouve même à Osoyoos, le seul désert officiel répertorié au Canada et qui constitue l’illustration la plus septentrionale de la série de déserts qui ponctuent l’Ouest américain, de la frontière canadienne (Osoyoos), jusqu’au Mexique. La seule végétation qui y croît naturellement est majoritairement constituée de différentes espèces de sauges et autres arbrisseaux épineux.

L’île de Vancouver

C’est par le traversier vers Nanaïmo que nous abordons l’île de Vancouver. La migration quotidienne des banlieusards de Vancouver vers les résidences îliennes constitue un spectacle en soi dans le port de Nanaïmo. L’arrivée et le départ de chaque traversier donne lieu à toute une activité de bateaux-taxis, d’hydravions, de voiliers et yachts privés amarrés au port et qui ramènent tous ces gens chez eux. La plupart des résidences des différentes îles possèdent un long quai flottant articulé pour affronter la variation des marées.

Dans le port de Nanaïmo, un restaurant sur pilotis sur l’île Protection, le Dinghy Dock Pub, fait face au port et permet d’observer cet incessant ballet quotidien tout en sirotant une bière accompagnée d’un excellent fish & chip.

La forêt enchanteresse

En partant de Nanaïmo pour traverser l’île de Vancouver d’est en ouest vers Tofino et l’océan Pacifique, une halte incontournable s’impose à Cathedral Grove, une forêt qui profite de l’humidité côtière et renferme encore des arbres géants, cèdres rouges (séquoias) et sapins Douglas dans leur environnement naturel, avec la mousse espagnole et les repousses sur les troncs qui pourrissent au sol.

Même si on peut voir ailleurs, notamment à Stanley Park, de tels géants vieux de plus de 800 ans, rien ne vaut la vue de ces arbres dans leur forêt d’origine.

Ucluelet et Tofino : les plages

De Ucluelet à Tofino, on retrouve plus de 40 kilomètres de plages sur l’Océan Pacifique. La plupart d’entre elles sont protégées à l’intérieur de la Réserve du Parc national Pacific Rim, secteur de Long Beach. Outre ces belles plages et les couchers de soleil qu’on peut y observer, Tofino offre de nombreuses excursions pour observer les baleines, notamment la baleine grise, ainsi que les loutres et les lions de mer.

Pendant que Tofino se réclame comme étant le terminus sur le Pacifique de la Transcanadienne (Pacific Terminus Trans Canada Highway, Tofino BC.) on verra plus tard dans Victoria même le Mile 0 de cette même Transcanadienne, mais cette fois face au détroit Juan de Fuca, qui sépare l’île de Vancouver de l’État de Washington aux Etats-Unis.

Victoria tout en charmes

Avec son port intérieur autour duquel s’articulent les principales attractions touristiques de la vieille ville, le Parlement, le renommé Hôtel Fairmount Empress, les quais et terrasses où on retrouve artistes et saltimbanques, Victoria s’avère une charmante capitale.

Mais on ne saurait évoquer Victoria sans une visite des fameux et réputés Butchart Gardens. Situés à une vingtaine de minutes au nord de Victoria, ces jardins spectaculaires jouissent d’un climat tempéré à l’année longue. Lors de leur Centenaire en 2004, ces jardins ont été reconnus Lieu Historique national du Canada.

Vancouver, la courtoise

Nous avons visité des attractions très intéressantes, comme Stanley Park, l’Aquarium de Vancouver, Lynn Canyon, Granville Island, etc. D’autres agréables impressions nous ont marqués : Vancouver est une ville très propre, agréable, et très civilisée.

Nous gardons un excellent souvenir de la journée de visite en autobus « Hop & Go » dont les chauffeurs rivalisent d’humour et de bonne humeur. Nous avons vécu 2 jours de transports en commun, fait l'épicerie au marché de Granville Island et dans les commerces locaux et essayé le « Skytrain » pour vivre une expérience locale. Nous avons remarqué la courtoisie des gens à l’égard des personnes âgées et des piétons en particulier.

Après ces 5 jours à Vancouver, nous nous sommes embarqués pour une croisière de 7 jours en Alaska terminant ainsi un séjour absolument mémorable.


Marcel LeSieur

Royal Tyrrell Museum of Palaeontology, Drumheller

Lac Louise

Lac Peyto

Vignoble Graymonk 

Vignoble Mission Hill

Désert à Osoyoos

Route 13

Cathedral Grove

Baleine à Vancouver

Sculptures de sable, Vancouver

Totems à Victoria

Victoria

Butchart Gardens

Vins, Ile de Vancouver

Vancouver

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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