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Mon coup de cœur de l’Espagne, surtout Dénia

Nous cherchions la chaleur du sud, la plage, l’eau salée, l’eau turquoise, le dépaysement, la sécurité, la bonne bouffe et le cava abordable. Dénia, au sud de l’Espagne, a su combler nos désirs : petit paradis balnéaire situé à mi-chemin entre Valence et Alicante.

Ambiance sympathique

En haute saison, de juillet à septembre, la population passe de 30 000 habitants à environ 120 000. Cela semble énorme, mais le quotidien demeure, comment dire : fluide. Étant de la campagne, de tempérament un brin sauvage, je n’ai aucunement souffert de la présence des touristes. Au contraire, ça y mettait de l’ambiance.

La mer est superbe ainsi que les plages qui sont très variées. Il y en a pour tous les goûts : soit relaxer en amoureux sur un transat confortable sous un parasol à deux pas d’un petit bistro sympathique (je suggère fortement de goûter à la barbotine lime et rhum); soit une sortie en famille avec parasol, roman, chaises pliantes, seaux, pelles, jouets et compagnie; ou bien combler le besoin d’adrénaline à la plage Les Deverses, paradis de la planche à voile et du kitesurf; enfin, pour ceux aimant se promener nus, il y a aussi une plage pour naturistes (je n’y suis pas allé, je n’ai pas osé!). 

Les plages sont propres, l’eau est chaude, la mer est peu profonde avec peu de vagues, le soleil tape à souhait, le bonheur total quoi! La plupart des plages sont à 10 - 15 minutes de marche du centre, sinon il faut mettre le même temps, mais en voiture. La location de vélos ainsi que de scouteurs est possible.

Santisima Sangre 

Une période phare pour visiter Dénia est sans aucun doute le mois de juillet lors des festivités de la Santisima Sangre - Bous a la mar. Pendant 9 jours, c’est fête au village! La fête débute par un coup de canon annonçant la course des taureaux sur Marques De Campo, l’artère commerciale principale. 

Les cinq à six bêtes cornues dévalent la rue. Certains dirons « Non merci, me faire poursuivre par des taureaux, ce n’est pas ma tasse de thé! » Eh bien, justement, cela peut le devenir, car il est possible de les regarder derrière les barricades de façon sécuritaire ou à l’intérieur des barricades, de façon téméraire.

Tout au long de ce festival, une panoplie d’activités se déroulent : concours de paëlla, parade de chars allégoriques, procession religieuse, plusieurs spectacles de danse, de théâtre et de musique sur scène extérieure, et j’en passe. Selon moi, les incontournables du festival sont: 

1. Le défilé pyrotechnique. Avez-vous déjà été poursuivi par une bande de démons sur échasses, à vélo et à pied, armés de lance-étincelles? Nous, oui. Ils nous arrosaient de flammèches, tellement que mon chandail en a été brulé. Un spectacle de rue hors normes, qui ne laisse pas indifférent.

2. Définitivement, le clou du festival : le Bous a la mar, littéralement « taureaux à la mer. » C’est subjuguant, je vous explique. Un amphithéâtre est érigé au port de Dénia. Au rez-de-chaussée, il y a l’arène dont la façade donne sur la mer et le reste du périphérique est fait d’une structure de barreaux d’acier verticaux suffisamment espacés pour laisser passer un homme… mais pas un taureau!

Au premier étage se trouvent les estrades. Le but consiste à libérer un taureau à la fois dans l’arène, où une centaine, oui oui, une bonne centaine de volontaires y sont aussi, afin d’attirer la bête vers la mer pour qu’elle y plonge. Ça nage un taureau ? Un poco. 

Donc un taureau encerclé sur 360 degrés par des hommes en maillots de bain avec des drapeaux, des foulards rouges, des ceintures de sauvetage même, qui cherchent la pagaille, sans oublier la foule qui scande des encouragements. Du jamais vu : vous passerez par toute la gamme des émotions c’est garanti, surtout si vous faites partie des volontaires. C’est impressionnant comme les Espagnols ne se cassent pas la tête. Seulement deux règles pour être admis : avoir 16 ans et avoir l’air à jeun! Pas de signature de décharge de responsabilité, aucune explication, amusez-vous et on verra plus tard. Ai-je joué au toréador ? C’est comme pour le nudisme, je n’ai pas osé…

3 : Le spectacle de clôture de feux d’artifices au port de Dénia. Attachez vos tuques avec de la broche car on est loin, très très loin de la boîte de pétards achetée au dépanneur du coin. Un mot : ébahi! Vous savez lorsque l’on ressent les vibrations, des gros BOOM dans sa poitrine? Bien, c’est cela. 
Vous savez, quand on se dit d’un feu à l’autre que c’est la fin, mais que ça continue encore et encore ? Bien, c’est cela. Vous savez quand on se dit « wow, j’ai jamais vu ça. » Bien, c’est cela. En plus, imaginez-vous la Méditerranée illuminée de bleu, de rouge, de vert et même d’or. Bien, c’est cela. Ébahi, je vous dis!

Ville animée 

Nous avons vécu un mois à Dénia. Le jour il fait chaud (30 degrés Celsius et plus), la Méditerranée s’occupe de vous rafraîchir et de vous détendre. Le soir, c’est plus frais dans les rues piétonnes et ce sont les Espagnols qui s’occupent de vous désaltérer et de vous rassasier ! 

Quel bonheur de déambuler dans ce dédale de rues étroites aux immeubles multicolores, où les portes des maisons sont ouvertes pour laisser entrer la fraîcheur. On croise quelques chats faméliques. Sur certains mini-balcons, qui un jardin de fines herbes, qui un équipement de plongée sous-marine. Au passage, sur le trottoir, nous saluons les résidants assis dans leurs chaises pliantes et occupés à discuter. Quelques pas plus loin, nous débouchons sur une des nombreuses places de Dénia, où les terrasses foisonnent. 

Les gens se désaltèrent à coup de sangria, de mojito, de cava et de caña (petit verre de bière en fût). Les tapas frais, savoureux et variés sont servis à qui mieux mieux, bref le paradis. L’ambiance est au rendez-vous, musique, brouhaha, va-et-vient. Un soir, il y avait même un cracheur de feu. Il me stressait encore plus que les toréadors : j’étais sûr qu’il allait faire pouf !, flamber sur place, sous mes yeux.

De nombreuses boutiques jalonnent le quartier piétonnier, parfait pour le lèche-vitrine et pour digérer vos tapas de calmars frits, de salade russe, de patatas bravas, de poulpes frits, de jambon, d’olives, d’aioli, mmmhhhh! 

Suite à vos nombreuses visites de boutiques de souliers (préparez vous mentalement messieurs), allez prendre un repas sur la calle Loretta, la rue de nombreux restaurants espagnols. Une artère très animée par ses terrasses et ses passants.

Richesses historiques et naturelles

Au-delà de la mer et de la gastronomie, Dénia détient une richesse historique comme en témoignent son château du XIe siècle et les nombreux vestiges des époques romaine, musulmane et chrétienne. 

Côté découverte de la flore et de panoramas spectaculaires, une panoplie de sentiers de randonnée, de niveaux de difficulté variés, est accessible au Parc Naturel du Montgo. Il fait turbo-chaud, donc vigilance est le mot d’ordre. 

Également un train et des bateaux relient quotidiennement Dénia à de beaux villages côtiers et à des stations balnéaires telles que Altéa, Calpé, et Bénidorm pour ne nommer que celles-là. Sans oublier Ibiza (Iles Baléares), refuge des vedettes des années ‘70 et place de soirées endiablées : une croisière de 3 heures (aller seulement) vous y mènera, à partir du port de Dénia.

Où loger?

En ce qui concerne l’hébergement, nous avons profité d’un échange de maison et ce fut un succès. Dénia étant touristique, il est possible d’y trouver des logis de tous les genres et à tous les prix. Mon unique suggestion est de se localiser près du centre et de la mer, à proximité à la fois de l’action et de la détente. 

Accueillante pour les petits budgets

L’Espagne est définitivement un pays à découvrir, autant pour son peuple accueillant et festif que pour sa beauté, sa diversité, son originalité, sa cuisine, sa culture, son climat et bien sûr la Méditerranée. 

J’ai encore des frissons de plaisirs à repenser aux dimanches avant-midi, installé à une terrasse de la calle Marques De Campo, sous l’ombre des platanes, à boire un espresso digne de ce nom, parmi les locaux. 

C’est comme la vie des gens riches et célèbres, mais à petit budget. Dernière chose, c’est aussi romantique, l’Espagne. Allez faire une promenade nocturne à la plage, main dans la main, sentez le sable frais sous vos pieds, écoutez le clapotis de la mer, posez-vous sur un transat du bistro et dégustez (j’insiste, j’insiste) une barbotine lime et rhum …

Bon voyage!

Guy Laroche
 

Plage Les Deverses

La Santisima Sangre

Montgo

Playa del Moraign

 

 

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