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Tourisme culturel

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Nara l’ancienne - Japon

Temples et palais historiques

Le site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO sous le nom de « Monuments historiques de l‘ancienne Nara » est constitué de huit ensembles, soit cinq temples bouddhistes (le Tôdai-ji, le Kôfuku-ji, le Yakushi-ji, le Gangô-ji et le Tôshôdai-ji), un sanctuaire shintoïste (le Kasuga-Taisha), une forêt sacrée et un site archéologique. Ces monuments évoquent de façon exceptionnelle une période cruciale du développement culturel et politique du pays alors que Nara en était la capitale, de 710 à 784. Ils témoignent également de la permanence, de la force spirituelle et de l’influence de ces religions.

Située à quelque 42 km au sud de Kyoto, la ville de Nara, Heijô-kyô, est facilement joignable par train. Sa taille modeste permet de visiter la plupart des sites importants en une seule journée. L’environnement harmonieux dans lequel s’inscrivent les bâtiments historiques leur confère une atmosphère unique qui évoque les temps anciens. De plus, le grand parc de Nara où sont situés la grande majorité des bâtiments est peuplé de plus de mille daims considérés comme les messagers des dieux et qui bénéficient du statut de trésors nationaux. 

Échange d’influence

Le plan en damier de l’ancienne ville de Nara reflète les principes de la géomancie chinoise régissant l’emplacement de tout palais impérial. Il aurait été conçu sur le modèle de la ville de Chang’an (Xi’an), capitale de la dynastie Tang. Une large avenue coupant l’agglomération en deux menait aux palais impériaux, alors que les édifices religieux étaient disséminés à travers toute la ville. Cette influence a été reconnue par le Comité du patrimoine mondial, comme en fait foi l’énoncé suivant : « Les monuments historiques de l’ancienne Nara constituent des témoins exceptionnels de l’évolution de l’architecture et de l’art japonais, influencés par les liens culturels entretenus avec la Chine et la Corée, dont l’influence sur les développements ultérieurs s’est révélée déterminante (critère ii) ».

Les cinq temples bouddhistes

Le Tôdai-ji, « ensemble incontournable » de Nara, est un groupe d’édifices dont le plus impressionnant est le Tôdai-ji Kondo (salle du grand Buddha) littéralement construit autour d’une gigantesque statue de bronze de 15 mètres de hauteur. Pas moins de huit opérations ont été nécessaires pour couler le Daibutsu, tâche titanesque qui aurait mobilisé quelque 370 000 forgerons et 500 000 charpentiers. À l’origine, cette statue de bronze était recouverte de feuilles d’or.

Érigé sur l’ordre de l’empereur Shômu entre 745 et 752, le Tôdai-ji a nécessité quant à lui une main d’œuvre sans précédent et des ressources financières qui ont mené le pays au bord de la faillite. Détruit et reconstruit deux fois au cours de son histoire (au XIIe et au XVIe siècle), le bâtiment actuel, complété en 1709, ne représente que le deux tiers du bâtiment originel. Il est considéré comme l’un des plus grands édifices en bois au monde.

Le temple bouddhique Kôfuku-ji fut transféré de Kyoto à Nara en 710 pour servir de sanctuaire au clan Fujiwara, qui a joué un rôle important dans l’établissement de Nara comme capitale. Des 175 bâtiments composant le complexe d’origine, il n’en reste qu’une infime partie, dont deux pagodes, une à trois niveaux reconstruite pour la dernière fois en 1143, et l’autre à cinq niveaux reconstruite en 1426. D’une hauteur de 50 m, cette dernière est considérée comme la seconde pagode la plus haute au pays.

Le Yakushi-ji est le temple principal de la secte Hossô, la plus ancienne secte bouddhiste du Japon. Détruit par un incendie, le pavillon principal a été reconstruit conformément à l’original dans les années 70. La pagode de l’Est, d’une hauteur de 34 m, est la seule composante datant du VIIIe siècle. Bien que donnant l’impression d’avoir six étages, à cause de ses toitures, elle n’en comporte en réalité que trois. Ce temple est dédié au Bouddha de la médecine : Yakushi Nyorai.

Le Gangô-ji est le premier temple bouddhiste du Japon. Connu à l’origine sous le nom de « Asuka- dera », il a été transféré à Nara en 718 lors de l’établissement de la capitale. Il a été en grande partie détruit par l’incendie de 1451. Quelques éléments de cet ensemble ont été épargnés, dont le Hondô (le pavillon principal) et le Zenshitsu qui constituaient au départ un long édifice unique affecté à la résidence des prêtres.

Le Tôshôdai-ji est un temple bouddhiste de la secte Ritsu fondé en 759 par un moine chinois du nom de Ganjin, invité au Japon par l’empereur pour aider ses prêtres à se perfectionner dans le bouddhisme. Ce dernier joua un rôle déterminant dans l’introduction du bouddhisme au Japon. Le pavillon principal, qui a rouvert en 2009, après avoir été démantelé et reconstruit, est très important pour l’étude de l’architecture religieuse japonaise. Le pavillon de lecture (kodo) est le seul rescapé du palais impérial de Nara.

Le sanctuaire shintoïste

Le sanctuaire shinto Kasuga-Taisha se trouve au pied de deux monts sacrés, le Kasugayama et le Mikasayama, longtemps révérés comme demeures de prédilection des dieux sur terre. Il a été fondé au VIIIe siècle par le clan Fujiwara. Les toitures en bardeaux d’écorce de cyprès des bâtiments situés dans l’enceinte du sanctuaire leur permettent de s’harmoniser avec l’environnement. L’allée menant au sanctuaire est bordée de centaines de lanternes de pierres ce qui confère au site un charme mystérieux.

Suivant la tradition shintoïste, les pavillons doivent toujours présenter un aspect impeccable. Ils ont donc été réparés ou restaurés de façon continue depuis leur construction, alors que, jusqu’en 1863 et conformément au principe du Shikinen-zôtai, le sanctuaire principal a été reconstruit tous les vingt ans exactement selon le même plan, quel que soit son état.

Le cadre naturel faisant partie intégrale des temples shintoïstes, la forêt sacrée Kasugayama assure cette fonction. Depuis 841, la chasse et l’abattage des arbres y sont interdits et on peut y admirer des arbres de plus de 400 ans.

Le site archéologique du palais de Nara

Le palais impérial occupait une superficie de 120 ha. Il comprenait le Daigokuden (salle d’audience impériale), le Chôdô-in (salle d’État) et le Dairi (résidence impériale), ainsi que différentes annexes et jardins destinés à des fonctions administratives et autres. À la suite du déplacement de la capitale à Kyoto, le site du palais impérial a été recouvert de rizières. Des fouilles archéologiques ont révélé, dans les années 50, d’importants vestiges du palais en bon état, ce qui encouragea des fouilles plus exhaustives. Par la suite, le site du palais de Nara a fait l’objet de certaines reconstructions in situ basées sur la continuité de l’architecture traditionnelle et sur la quantité importante de données retrouvées lors des fouilles archéologiques.

Un patrimoine architectural remarquable

Les monuments historiques inscrits au patrimoine mondial démontrent la position dominante des sanctuaires bouddhistes et shintoïstes au cours d’une période importante pour l’histoire sociale et politique du Japon, le VIIIe siècle. Ils s’avèrent aussi extrêmement précieux pour l’étude de l’histoire de l’architecture religieuse japonaise.


Christiane Lefebvre


Source : http://whc.unesco.org/fr/list/870, consulté en juin 2016.


Suggestion de lecture

Japoneries d’Automne de Pierre Loti, livre publié en 1889.

Ce récit de voyage de Pierre Loti, officier de marine et éminent membre de l’académie française, décrit un Japon presque mythique à nos yeux du XXIe siècle. Bien que ne traitant pas directement de Nara, le chapitre « Kyoto, la ville sainte » évoque avec justesse, humour et beaucoup de poésie, l’atmosphère surannée des temples anciens qu’il a visités au cours de son second séjour au du pays du soleil levant. Publié en 1889, le livre Japoneries d'automne est un guide de voyage précieux pour explorer ce Japon mystérieux.

En version numérique.
 

 

L'environnement naturel du site inscrit 

Le Tôdai-ji (salle du Grand Bouddha) 

Le Grand Bouddha - ©Our Places 

Bouddha de la médecine - © Maria Ines Subercaseaux

Petit entrepôt en rondins du Tôshôdai-ji

Le sanctuaire shinto Kasuga-Taisha - © howtobeheian.wordpress.com

Sentiers de promenade et lanternes de pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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