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Nous entreprenons dans ce numéro une série d'articles qui présenteront des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, mettant de l'avant quelques qualités qui leur ont valu cette prestigieuse inscription. Pour vous mettre dans l'ambiance, nous les assortirons également de suggestions de lecture à l'occasion.

La Ville de Quito

Fondée par les Espagnols en 1534, sur les ruines d’une cité inca dont il ne reste plus rien, Quito possède un des centres historiques les mieux conservés de l’Amérique espagnole.

C’est en 1978 que le Comité du patrimoine mondial décide d’inscrire la Ville de Quito sur la Liste du patrimoine mondial pour sa valeur universelle exceptionnelle. Celle-ci repose en premier lieu sur l’importance de la Escuela Quiteña (l’École baroque de Quito) — un mélange d’art espagnol, italien, mauresque, flamand et indien —, reconnue comme étant le plus grand apport de l’Amérique espagnole à l’art universel.

Cette fusion entre les traditions artistiques indigènes et européennes s’exprime dans de véritables citadelles spirituelles, dont les monastères de San Francisco et de Santo Domingo, l’église et le collège jésuite de La Compañía, et le sanctuaire de Guapulo. Ces églises et couvents renferment de véritables chefs-d’œuvre de l’art baroque tels que des statues polychromes, des tableaux et des pièces de mobilier d’une extrême richesse.

Le Comité du patrimoine mondial a également reconnu les qualités intrinsèques de la ville de Quito. Les colonisateurs espagnols ont en effet su adapter leur sensibilité artistique à la réalité qui les entourait, et leur architecture à un environnement topographique d’une grande complexité. Car la ville de Quito, située à 2850 m d’altitude, s’étale sur les flancs d’un volcan (le Pichincha) et est limitée par les collines du Panecillo et du Ichimbia. Malgré ces contraintes, les architectes ont su conférer à la ville une grande unité stylistique et volumétrique.

Le tracé urbain d’origine a été conservé, car la ville a pris son expansion en dehors du noyau colonial. À l’intérieur du Centre historique, on retrouve des places principales (Plaza Grande, Plaza de San Francisco et Plaza de Santo Domingo) et secondaires, les rues en damier typiques des villes coloniales latino-américaines, des ensembles conventuels et des églises, ainsi que les maisons construites le plus souvent en adobe (blocs de terre) et revêtues d’enduit.

Pour maintenir les caractéristiques architecturales des bâtiments, les autorités responsables ont recours à des artisans détenteurs du savoir-faire ancien et à l’utilisation de matériaux locaux traditionnels.

Reste à espérer que la construction du métro qui vise à améliorer le transit dans la Ville ne porte atteinte à l’intégrité de ce lieu chargé d’histoire.

Christiane Lefebvre

Source : http://whc.unesco.org/fr/list/2, consulté en mars 2016.

 

Deux suggestions de lecture :

Le procès des étoiles, récit de la prestigieuse expédition de trois savants français en Amérique du Sud, 1735-1771, de Florence Trystram.

Un récit historique absolument captivant sur l’aventure vécue par ces académiciens et leurs aides envoyés en Équateur pour y mesurer un arc du méridien terrestre afin de déterminer la forme de la terre. Ne devant y rester que quelques mois, leur grande aventure durera des années : « Ils étaient dix, partis pour le Pérou… Il n’en reste plus que quelques feuilles jaunies, vieillissant dans le silence des archives. Les étoiles indifférentes scintillent dans le ciel des Andes ».

 

Doña Isabel, ou la Véridique et très mystérieuse histoire d’une Créole perdue dans la forêt des Amazones, de Christel Mouchard.

Pérou, octobre 1769. Une noble Créole quitte son hacienda avec trente et un porteurs et s’enfonce dans la forêt d’Amazonie pour rejoindre en Guyane son mari qu’elle n’a pas vu depuis vingt ans, Jean Godin des Odonais, membre de l’expédition française venue mesurer un degré de méridien. Mais son expédition se perd, disparaît... On tient les voyageurs pour morts quand soudain, une femme sort de la forêt, seule... Doña Isabel. Comment a-t-elle pu survivre? Très loin de là, dans un salon parisien, Charles de La Condamine, va entreprendre un dernier voyage pour découvrir la vérité. Une histoire captivante habilement menée.
 

Vue panoramique de la ville de Quito depuis l’Ichimbia

La colline El Panecillo surmontée de la Vierge de Quito

La façade magnifiquement décorée de l’église de La Compañia de Jésus constitue un exemple remarquable de style baroque adapté à la culture latino-américaine. Au cours des dernières années, l’église a subi un important travail de restauration

Détail du plafond mauresque de l’Église de San Francisco

Cloitre du Monastère de San Francisco avec vue sur les montagnes qui surplombent la ville

Ruelle du centre historique de Quito

 

 

 

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