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Entre rires, traditions et mer turquoise

La première édition du festival Juste pour rire en Tunisie a été mon prétexte pour retourner dans ce pays que j’ai adopté avec plaisir il y a quelques années et de découvrir un petit endroit charmant que j’aimerais vous présenter.

« Juste pour rire »

Premièrement, parlons du festival qui se tenait à Hammamet, en août dernier, au Centre culturel international, dans un théâtre en plein air qui peut accueillir plus de 700 spectateurs. Un lieu magique en soi!

Des vedettes tunisiennes, comme Lotfi Abdelli et Wajiha Jendoubi, et francophones, comme Pascal Legitimus, ainsi que l’humoriste québécois Anthony Cavanagh, ont tous remplis les gradins qui débordaient même certains soirs.

Tous les humoristes au programme avaient adapté leur spectacle à la Tunisie et abordaient avec beaucoup d’humour et sans tabous tous les sujets, en passant par la politique et la révolution. 

Le spectacle de Wajida Jandoubi, actrice tunisienne bien connue dans son pays, était particulièrement surprenant. « 3efcha Mon amour » est un one-woman show qui traite d’une société schizophrène et en mutation. Elle aborde avec humour la pauvreté, l'immigration clandestine, la violence… et dénonce l’intégrisme. Le spectacle porte un regard critique et drôle sur une société qui change, des jeunes qui se sentent mal et le moral pas toujours là… pourtant « 3efcha », qui veut dire femme très moche, essaye encore et encore. Guère surprenant de constater que les gradins étaient remplis, selon mon estimation, à 80 % de femmes de tous âges.

L’humoriste québécois Kavanagh a aussi, en quelque sorte, adapté son spectacle pour le public local. C’est avec beaucoup d’auto dérision et un humour décapant, qu’il explique le mode d’emploi pour être un humain sur terre. Bref, comment faire pour s’adapter.

Pourquoi Juste pour rire en Tunisie?

Car ce pays reste une exception dans la zone, un des rares pays de la région à avoir réussi à avancer sereinement et avec le sourire. 

Ce pays qui rebondit à chaque fois et qui continue malgré vents et marrées à fêter la vie !
On pleure, on est triste et la minute d’après on raconte une blague et on la partage… juste pour que les autres puissent eux aussi rire de la vie et de ce que nous traversons.

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Gilbert Rozon, le fondateur du festival Juste pour rire.

Souhaitons donc longue vie à ce festival qu’il ne faut pas manquer, si vous êtes dans le coin au mois d’août, car nous ne doutons pas qu’au vu du succès de cette première édition, elle sera suivie de plusieurs autres.

Découverte et coup de cœur : Mahdia

Après plusieurs séjours en Tunisie, je n’avais jamais encore découvert cette perle qu’est Mahdia. Petite ville maritime blanche au charme irrésistible construite sur une presqu’île rocheuse en saillie dans la mer méditerranée, à quelque 200 km au sud de Tunis. 

Mahdia, autrefois appelé Cap Africa, fut fondée en 912 par le calife El Mahdi qui y fit construire des fortifications. Fortifications qui abritent aujourd’hui la médina avec, à l’endroit le plus étroit de la presqu’île, une imposante porte, la Skifa El Kahla (le porche obscur). 

C’est d’ailleurs là que chaque vendredi, un marché voit tisseuses, brodeuses et couturières exposer soieries, dorures et costumes traditionnels aux couleurs vives ornés de somptueuses broderies au fil d’or. L’or est aussi présent dans les bijoux offerts par plusieurs marchands. 

Depuis sa fondation il y a plus de 1 000 ans, la ville de Mahdia a accueilli bon nombre de peuples de diverses cultures et origines qui ont marqué sa vie intellectuelle, artistique et culinaire et l’on enrichie de leurs traditions.

L’une de ces traditions touche justement le costume traditionnel, tout particulièrement le costume de mariage de la jeune femme. Ici, toute jeune fille qui se marie a droit à sept jours de fête couronnés par le jour du mariage, où elle portera un costume tissé de fils d’or, de soie et de fine toile, nommé «costume du trône ». 

À voir

La Grande Mosquée Fatimide, symbole architectural reconstruite dans les années 60 selon le plan original. 

Skifa Kahla, énorme porte fortifiée, qui isolait la ville sur sa presqu’île et fut longtemps la seule porte d’entrée terrestre.

La Médina, qui occupe encore l’emplacement original choisi par El Mehdi pour bâtir la ville. Ses ruelles et impasses n’ont subi que de légers changements.

Le Fort Ottoman aux vestiges majestueux et la Nécropole Punique.

Les vestiges du Port punique, maintenant occupé par les petites barques traditionnelles en bois des pêcheurs. La pêche est d’ailleurs une des activités les plus importantes à Mahdia. Ici, on ne se lève pas aux aurores pour partir à la pêche, mais on veille tard. En effet, en soirée, le spectacle des chalutiers partant à la pêche au lamparo (pêche à la lampe qui attire les poissons en surface dans un filet de type senne) est quelque peu féérique avec ses centaines de lumignons en mouvement sur l’eau. 

L’immense Cimetière marin, dont la blancheur s’étend d’une rive à l’autre de la presqu’île, où tous les jeudis après-midi les Madhois ont l’habitude de visiter leurs morts. Le cimetière est aussi devenu un lieu de promenade pour les jeunes couples recherchant un peu d’intimité dans un cadre « romantique ». On y trouve aussi quelques cueilleurs de myembreaustenum, plante utilisée dans la confection du savon qui pousse en abondance dans le cimetière de Mahdia.

À faire

La situation de Mahdia sur la Méditerranée avec ses longues plages de sable poudreux et ses eaux turquoise, presque transparentes, favorise la baignade et tous les sports nautiques, y compris la plongée, tant en apnée qu’avec bouteille. 

Plusieurs centres de plongée proposent d’ailleurs de vous faire découvrir des sites riches, quelquefois à de grandes profondeurs. Il faut savoir qu’en 1907, on y a découvert à 39 mètres de fond, une épave dont on a situé le naufrage dans le 2e quart du 1er siècle avant J.-C. On y a trouvé des œuvres d’art inestimables, tel un magnifique buste d’Hermès et un autre d’Aphrodite.

Flâner dans les rues et ruelles blanches de la médina et s’arrêter au café Sidi Salem, suspendu à flanc de rochers au-dessus des vagues, pour y savourer un thé accompagné de décadentes pâtisseries au miel, est une autre option.

S’aventurer un peu plus loin

Mahdia n’est qu’à quelques heures de plusieurs centres d’intérêts, dont El Jem avec son célèbre colisée romain du IIe siècle – le plus grand au monde après ceux de Rome et Capoue; Kairouan, sa célèbre Grande Mosquée et son artisanat du tapis; Monastir avec sa grande forteresse médiévale, le Ribat; les oasis de Tozeur et Nefta avec le Chott el Jerid – grand lac salé où l’on peut même être victime de mirages. Nous avons déjà parlé de ces sites dans un reportage précédent. 

Où rester?

L’offre d’hébergement y est assez variée et va du grand hôtel de luxe en bord de mer au plus économique et charmant B&B. 

Le Iberostar Royal El Mansour & Thalasso est par exemple un magnifique grand hôtel de luxe. L’hôtel club Eden Village El Borj, a quant à lui reçu le prix Trip Advisor 2016 des voyageurs alors que le Inn el Medina, un charmant, typique et très économique B&B situé au cœur de la vieille ville, est un choix plus abordable.

À goûter

La cuisine de Mahdia est très variée. Bien entendu, poissons et fruits de mer trônent au menu. Le couscous agrémenté de légumes, de viande ou de poisson est aussi très présent dans la cuisine mahdoise et les fruits y sont servis en abondance.

Pour notre part, nous avons dégusté un magnifique et délicieux repas composé de poissons, calmars, crevettes et brik à l’œuf très fin au Iberostar. 

Puisque nous parlons de brik, Mahdia est aussi connue pour ce gâteau traditionnel qui date de l’époque Ottoman, le brik de Mahdia, qui contient poudre d’amande et fleur d’oranger. À s’en lécher les doigts!

Pour toutes ces raisons…

On y retourne bien entendu pour un plus long séjour. 

D’autant plus que Tunisair offre maintenant un vol direct Montréal-Tunis, deux fois la semaine, les samedis et mercredis. 


Christiane Théberge

Nous y étions à l'invitation de l'Office du Tourisme de la Tunisie que nous remercions.
 

Wajida Jandoubi en spectacle

Spectacle d'Anthony Cavanagh 

Presqu'île de Mahdia

Cimetière marin

Petite plage sauvage à Mahdia

Marché du costume à la Skifa El Kahia

Colisée d'El Jem

Oasis de Tozeur

Marché aux poissons

 

 

 

 

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