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Ahoj* Prague!

Au cœur de la Bohême, Prague est certes une ville coup de cœur pour qui prend le temps d’arpenter ses rues logées dans une petite cuvette de la vallée de la Vltava (appelée aussi Moldau), rivière qui coupe la ville en deux et s’attarde sur 23 km en décrivant de larges méandres.

 

Sur sa rive droite, la Vieille Ville et la Nouvelle Ville se côtoient, et sur sa rive gauche on retrouve le quartier de Mala Strana et surtout le célèbre château de Prague. Liant les deux rives, le magnifique pont Charles, qu’il est toujours un peu surréaliste de traverser au son de La Moldau de Smetana, l’un des compositeurs les plus connus de Prague avec Dvorak et Janacek. Ça vaut le coup de syntoniser YouTube où vous en trouverez de multiples versions et de brancher vos écouteurs, une fois sur le pont!

D’ailleurs, les Pragois adorent la musique et l’opéra. Deux salle principales où il vaut mieux réserver ses billets, l’Opéra d’État de Prague et le Théâtre National mettent à l’affiche qui, Le Barbier de Séville, Orphée aux enfers, Turandot, Roméo et Juliette ou encore Nabucco. Mais de nombreux autres théâtres et salles affichent aussi concerts et spectacles musicaux variés : le Théâtre royal de Prague, le Théâtre Noir de Prague, le Palais Lichtenstein, la Maison municipale, etc. auxquels il est plus facile de se rendre sans réservation. Partout à travers Prague, vous verrez affiché des concerts ouverts à tous. Surtout, allez-y! En plein milieu d’après-midi, je suis spontanément entrée dans une vieille église où un magnifique concert d’orgue m’a tout à la fois surprise et ravie!

Un régal pour les yeux

La ville aux cent clochers a miraculeusement échappée aux destructions de la Seconde Guerre mondiale. Ses édifices, qui réunissent tous les styles et toutes les écoles d’architecture, offrent des enfilades colorées de styles roman, préroman, gothique, rococo, Art nouveau et cubiste, sans oublier le faste baroque de ses églises et de ses places. Et tout cela dans une douce harmonie.

Il faut bien sûr prendre le temps de parcourir cette ville à pied. Un bon point de départ, là où bat le cœur de Prague, c’est la Vieille Ville, quartier millénaire. On peut arpenter ses rues étroites et ses passages tortueux pendant de nombreuses heures car le plaisir des yeux y est constant.

Un arrêt au centre, sur la Place de la Vieille Ville (Staroméstské Namesti), dominée par le beffroi de l’hôtel de ville et par les deux flèches de l’église Notre-Dame de Tyn, est non négociable. Ici,  se donnent rendez-vous tant résidents que touristes pour y fréquenter cafés, restaurants et boutiques et y admirer la très célèbre horloge astronomique. Cette grande place sert aussi de cadre à des rassemblements et manifestations diverses. La Coupe Laver de Tennis, organisée à l’initiative de Roger Federer, s’y tenait au moment où nous y étions. Inutile de vous dire que les casquettes rouges arborant le logo RF étaient nombreuses sur la place, tout comme les chasseurs d’autographes. Étant moi-même une fan finie de Roger Federer, j’avoue avoir jeté plus d’un coup d’œil scrutateur, sans grand succès malheureusement.

Avant de passer vers la Nouvelle Ville grâce à une zone piétonne, il ne faut pas manquer de faire un arrêt devant le mémorial de San Jan Hus qui est devenu le symbole de l’indépendance de la Tchéquie et de visiter l’ancienne cité juive.

Le Josefov

De cette ancienne cité juive ne subsistent que l’hôtel de ville, six synagogues et le cimetière. Le ghetto, qui avait été épargné par les Allemands pendant le Seconde Guerre Mondiale avec l’intention d’en faire le musée mondial d’un peuple qu’ils voulaient anéantir, a été détruit en 1896 pour des raisons d’hygiène.

S’il ne faut visiter qu’une synagogue, c’est la synagogue Pinkas, sans doute la plus ancienne de la ville, qui fut choisie après la Seconde Guerre Mondiale comme lieu de commémoration des victimes du régime hitlérien. Ses murs sont couverts des noms de 77 297 Juifs tchèques qui périrent dans les camps de concentration. Une vision tant hallucinante qu’émouvante!

Derrière, on fait le tour du vieux cimetière. Lieu étrange où s’entremêlent plus de 12 000 stèles, serrées les unes contre les autres dans un chaos chargé de mystère. Là, s’empilent depuis le XVe siècle des tombes qui parfois se superposent sur dix ou douze couches et dont les stèles grises tentent de se frayer un espace pour témoigner de la présence de ces âmes mortes. Un devoir de mémoire.

La Nouvelle Ville

La Nouvelle Ville n’est qu’à quelques coins de rues. On se retrouve rapidement sur la Place Venceslas. En fait, il s’agit plutôt d’une immense avenue qui rappelle un peu les Champs-Élysées à Paris. C’est en quelque sorte le centre-ville de Prague avec banques, boutiques, restaurants, boîtes de nuit, cinéma installées dans de magnifiques édifices historiques — tout comme le Burger King qui affiche son enseigne sur la façade d’un vieil édifice baroque — ou encore dans des tours plus modernes de verre et de béton. La place est dominée par la statue équestre de Saint Venceslas et fermée par un immense bâtiment néo Renaissance qui abrite le Musée national.

La Petite Venise

Avant de traverser le célébrissime pont Charles pour passer sur l’autre rive de la Vltava, on s’offre une petite croisière sur la rivière et ses canaux. Passer sous le pont pour admirer ses statues sous un angle bien différent, voir la vie qui s’est développée au fil des canaux étroits, où la verdure et les fleurs ornent sans vergogne les petites maisons aux balcons ouvragés qui s’étalent paresseusement dans cette Petite Venise, ou encore y admirer les jeunes mariées en quête de photos mémorables et dont les blanches dentelles rivalisent avec les cygnes qui se pavanent sur la rivière, sont des moments qui restent en mémoire.

Mala Strana : la Prague Baroque

Il faut gravir les rues pentues du quartier Mala Strana, non sans admirer les merveilleux jardins qui y sont aménagés dans les passages et cours intérieures, pour arriver au Château de Prague qui se dresse face à une large place où peut s’étirer longuement la queue des visiteurs qui souhaitent tant voir la relève de la garde, qui se fait à toutes les heures, que simplement visiter le complexe du Château.

Car, oui, il est tout à fait juste de qualifier de complexe, cette vaste enceinte du Château d’où jaillissent aussi les flèches aigues de la Cathédrale Saint-Guy, le plus grand édifice religieux du pays avec ses remarquables vitraux de l’artiste Mucha, et les tours blanches de la Basilique Saint-Georges, un superbe bâtiment roman qui s’ouvre sur la Place Saint-Georges.

De cette place, on accède à l’une des curiosités les plus visitées du château : la Ruelle d’Or. Seize petites maisonnettes miniatures aux couleurs vives abritent maintenant boutiques de disques, de livres d’art et magasins de souvenirs. À l’époque, ces petites maisons érigées en 1579 abritaient des orfèvres. C’est d’ailleurs de là que lui vient son surnom. On raconte que les alchimistes y travaillaient à la mise au point d’une formule permettant de fabriquer le précieux métal… dont vous n’en verrez pas une once.

Non loin de la place principale du quartier, parmi des palais, placettes et églises, se trouve l’Eglise Notre-Dame-de-la-Victoire. L’enfant Jésus de Prague, ça vous dit quelque chose? C’est sur un autel de marbre de cette église, qui fut l’une des premières constructions baroques de Prague, que l’on découvre la célèbre et bien petite statuette de cire de 47 cm connue pour avoir protégé Prague de la peste et de la destruction de la guerre de Trente Ans. On l’habille de belles robes, selon un calendrier religieux strict, et une couronne d’or sertie de pierres précieuses complète sa garde-robe. Un musée à l’arrière de l’église expose plus de 70 de ses costumes, dont certains sont richement brodés.

Un régal total

Nous l’avons dit, Prague est un régal pour les yeux. Mais ce n’est certes pas encore un haut lieu de la gastronomie, ni l’endroit pour tenter un régime amaigrissant d'ailleurs.

Toutefois, on vous servira une cuisine savoureuse et assez variée à base de viandes ou de poisson et de sauces. Vous ne manquerez sûrement pas de goûter à la grande spécialité locale, les knedliky, boulettes de pâte à base de farine additionnées de pommes de terre râpées — sorte de quenelles — que l’on sert souvent avec du chou ou de la choucroute. Ces knedliky rappellent aux Pragois une époque où l’on devait pour survivre apprendre à apprêter les pommes de terre de multiples façons.

Il faut aussi goûter au célèbre jambon de Prague. Et pourquoi pas accompagner le tout d’une bière locale, une Gambrinus ou une Urquel. Toutes deux délicieuses!

Je n’avais pas revu cette ville qui m’avait laissé un souvenir merveilleux il y a une dizaine d’années et c’est avec tout autant de joie et d’émerveillement que je l’ai redécouverte … et que j’y retournerai toujours avec tout autant de plaisir, car Prague reste à mon avis une des belles villes du monde à voir et revoir!

Na shledanou** Prague!

Christiane Théberge

*Bonjour
** Au revoir


 

La Maison qui danse

Le pont Charles

La célèbre horloge astronomique

Memorial de San Jan Hus, place de la vieille ville

Synagogue Pinkas

Cimetière juif de Josefov

Petite Venise

Cathédrale Saint-Guy

Ruelle d'Or

 

 

 

 

 

 

 

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