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Patrick Bureau

Canal Rideau - Ontario    
Site historique national depuis 1925, le canal Rideau devient, en juin 2007, le 14e site du Canada à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

S’étendant sur 202 km, le canal Rideau se compose de tronçons canalisés des rivières Rideau et Cataraqui qui relient la ville d’Ottawa, capitale du Canada, à la ville de Kingston située sur le lac Ontario.

Le canal Rideau a été construit au début du XIXe siècle à des fins principalement militaires et stratégiques, à une époque où la Grande-Bretagne et les États-Unis se disputaient le contrôle de la région et où le Haut Canada devait pouvoir compter sur un moyen de transport fiable pour ravitailler la colonie.

 

 

 

 Photo: Le grand barrage-voûte de Johns Falls

Un chef d’œuvre de génie naval

La décision du comité du patrimoine mondial d’inscrire le canal Rideau sur la Liste du patrimoine mondial repose sur le fait qu’il s’agit de « l’exemple de canal en plans d’eau (slackwater canal) le mieux préservé d’Amérique du Nord, et qui illustre l’utilisation à grande échelle de cette technologie européenne en Amérique du Nord ».

Cette technologie hautement novatrice, qui consistait à inonder des rapides grâce à de hauts barrages de retenue plutôt que de creuser de nouveaux canaux, n’était pas nouvelle mais ne pouvait être employée que là ou l’occupation du sol le permettait.

En 1826, la construction du canal est confiée au lieutenant colonel John By, du Corps des ingénieurs royaux (Royal Engineer Corp). Avant lui, des ingénieurs militaires avaient envisagé le creusage d’une quarantaine de km de nouveaux canaux permettant de contourner les rapides et les marécages situés le long des rivières. L’approche préconisée par le colonel By d’opter pour un système en plans d’eau pour minimiser les coûts de main-d’œuvre et la durée des travaux, était aisément gérable étant donné le faible taux d’occupation des sols le long du parcours.

Le lieutenant colonel By insista également pour que le canal puisse accueillir les bateaux à vapeur qui faisaient alors leur apparition, ce qui impliquait des barrages plus hauts et plus larges que tous ceux construits jusqu’alors en Amérique du Nord.

Il faut dire qu’une technologie similaire a été utilisée pour la construction du canal Érié, aux États-Unis, mais celui-ci a subi plusieurs modifications depuis sa construction. Le canal Rideau reste donc l’exemple de canal en plans d’eau le mieux préservé d’Amérique du Nord, encore opérationnel sur son parcours initial, et qui conserve intactes la plupart de ses structures d’origine.

Le Comité du patrimoine mondial a reconnu que le canal Rideau est le corridor navigable le mieux conservé de tous ceux bâtis pendant la grande période de construction de canaux en Amérique du Nord. Il constitue donc un témoin unique de canal utilisé à des fins militaires, illustrant une période historique importante, celle de la lutte entre la Grande-Bretagne et les États-Unis pour le contrôle du continent nord-américain.

Un gigantesque travail d’ingénierie 

La construction du canal débuta en 1826 pour se terminer en 1832. Six postes défensifs (blockhouses) furent construits pour défendre les positions qui semblaient les plus vulnérables le long du canal.

Les blockhouses de Merrickville, Kingston Mills, Upper Narrows et Davis Lock ont retrouvé leur aspect initial grâce aux travaux minutieux de restauration entrepris par Parcs Canada¬¬¬¬. Celui de Merrickville a été transformé en musée alors que celui de Kingston Mills abrite une exposition sur son passé militaire.

Suite à des mouvements insurrectionnels dans la colonie, des maisons de maîtres éclusiers furent ajoutées à plusieurs postes d’éclusage. Les maisons originales étaient des petites structures de plain-pied aisément défendables. Quand les temps furent moins troublés, beaucoup d’entre elles furent agrandies avec l’ajout d’un étage; 33 bâtiments remontant à la construction du canal existent encore aujourd’hui.

De spectaculaires écluses

Aujourd’hui, le canal Rideau comprend un total de 47 écluses et 24 postes d’éclusage, dont beaucoup sont encore actionnés manuellement pour le plus grand plaisir des vacanciers qui peuvent assister à l’ouverture ou à la fermeture des écluses.

Parmi toutes les composantes du canal Rideau, les écluses d’Ottawa, situées au pied de la colline du Parlement, sont les plus spectaculaires. Ces écluses, qui s’élèvent sur 24 m, permettent de mieux comprendre la conception novatrice du canal Rideau et les techniques avant-gardistes mises au point pour résoudre les problèmes reliés à la topographie du lieu.

Le poste d’éclusage de Jones Falls est, quant à lui, l’un des plus beaux du canal Rideau. Son superbe barrage-voûte en pierres, construit pour maîtriser sur plusieurs kilomètres la série de rapides et de chutes menant au lac Sand, mérite le détour. Lors de sa construction, en 1830, il s’agissait d’un véritable exploit d’ingénierie; ce poste d’éclusage est demeuré en grande partie exactement comme à l’origine.

Une attraction populaire

Le fort Henry, situé à l’est du port de Kingston, a été construit en 1830 sur le site d’une ancienne forteresse de style Vauban pour protéger l’accès du canal aux Grands Lacs. Entre 1846 et 1848, quatre tours Martello furent ajoutées pour compléter le système défensif. Le fort Henry est resté semblable à ce qu’il était à l’époque et est ouvert aux visiteurs. Populaire attraction touristique de l’Est de l’Ontario, le fort Henry propose d’excellents programmes d’interprétation.

Une nouvelle vocation touristique

Une fois passée la crainte d’une guerre, le canal Rideau devint l’une des artères commerciales importantes de la région. Mais la canalisation du fleuve St-Laurent ainsi que l’avènement du chemin de fer et de la navigation à vapeur contribuèrent à lui faire perdre son importance comme voie de transport. En 1972, Parcs Canada se porte alors acquéreur du canal afin de l’exploiter comme voie de navigation de plaisance.

L’environnement du canal Rideau a bien changé au cours des ans. Aujourd’hui, il traverse des villes et des villages dont le patrimoine architectural permet de témoigner de la fabuleuse histoire de cette voie navigable.

Durant la belle saison, le canal se remplit de bateaux de plaisance venus profiter de la beauté du paysage. Le canal peut également être exploré en kayac, en canot, en vélo le long de ses berges et à pied.

La portion du canal Rideau qui traverse la ville d’Ottawa plonge le visiteur dans un décor totalement différent, celui de la capitale nationale de plus d’un million d’habitants. Chaque hiver, une section de 7.8 km du canal située au centre d’Ottawa, est aménagée en patinoire, la plus grande au monde. Celle-ci accueille une moyenne quotidienne de 19 000 visiteurs pendant la période hivernale.

Christiane Lefebvre

Source et autres sites à consulter pour plus d’information :

http://whc.unesco.org/fr/list/1221

https://www.rideauheritageroute.ca/fr/aboutrideau/resources/RideauCanalBrochure.pdf

http://www.rideau-info.com/canal/index.html

https://www.escalenautique.qc.ca/pdf/archives/canal%20rideau.pdf

 

Poste d'éclusage de Lowers Brewers

Pont de métal enjambant le canal 

Environnement rural le long du canal 

 Sentier pédestre le long du canal, Ottawa

Écluses d'Ottawa

Sur le canal, en été

La plus grande patinoire au monde 

 

 

 

 

 

 

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